Baignades urbaines : quand la pop fait plouf

Le 13 juillet 2017 - Par qui vous parle de , , , , dans parmi lesquels

Les grosses chaleurs que nous avons vécues le mois dernier ont remis, comme chaque été depuis quelques années, la question de la réappropriation des points d’eau urbains par les habitants sur le devant de la scène. En septembre dernier, nous posions enfin ici les enjeux de cette controverse ambitieuse grâce à la publication d’une belle interview de nos amis du Laboratoire Expérimental des Baignades Urbaines.

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Créé en 2013, ce collectif informel regroupant au départ quelques passionné-es de plongeons et autres traversées à la nage, en barque ou en bouée coin-coin, s’est depuis imposé dans le paysage politique des urbanités. Très populaires auprès du grand public, les différents projets d’aménagement et la reconquête active des points d’eau forment ainsi un champ d’action et un univers aux multiples potentiels.

Et vu que notre sphère d’allégresse mêle aussi bien les urbanités que leurs imaginaires associés, on est ici aujourd’hui pour rebondir sur la sortie récente d’un clip musical faisant la part belle aux urbanités bien trempées.

Cette courte fiction pleine d’euphorie a bien évidemment été repérée par le Swimming Lab lui-même !

Pour qui a suivi les aventures des baignades urbaines, rien d’étonnant à voir ce joyeux marathon de réappropriations opéré aux quatre coins de la capitale par une bande de jeunes en slips. Il vient en effet incarner la démocratisation d’une pratique jusqu’alors confidentielle, et qui pénètre aujourd’hui l’imaginaire collectif par le truchement de la pop-culture. En un sens, ce modeste clip d’électro branchouille ancre la reconquête des points d’eau dans ce que l’on appellera « la chaîne d’adoption des imaginaires urbains ».

-1 : D’abord sauvages et individuelles, ces pratiques humides se sont progressivement structurées de façon informelle, notamment à travers le lobbying/activisme mené par le Labo des Baignades Urbaines.
-2 : On a pu ensuite noter, vers 2015, l’apparition progressive de la controverse dans les médias généralistes, souvent issus de milieux culturels assez marqués (Libération, Les Inrocks, etc.) ;
-3 : pour ensuite plonger la tête la première dans le débat public et politique (toujours assez systématiquement parisien), d’abord dans la bouche d’élus locaux tels que Célia Blauel, adjointe à la Mairie de Paris à l’environnement (et donc responsable de l’eau et des canaux)
-4 : Puis, depuis près d’un an, l’intégration par certains élus et institutions publiques de premier plan (dont Anne Hidalgo) aura permis à ce sujet de prendre une ampleur inédite dans le débat public (preuve en est dans ce billet complet, publié sur le blog Enlarge Your Paris !).
-5 : Et la boucle des imaginaires est désormais bouclée, grâce à ce clip d’Adrien Lagier (L’ordre Collectif) qui célèbre le Canal de l’Ourcq autant que les fontaines ornementales ou les miroirs d’eau de la capitale :

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Tous à la flotte, les urbanos !!!

Voilà un bel exemple de la manière dont se diffuse une pratique urbaine, de ses origines usurpatoires jusqu’à sa valorisation officielle, en passant par une popularisation massive… Certes, le clip est ici relativement confidentiel, mais nul doute que celui-ci sera suivi par d’autres, réalisés par des artistes majeurs à l’intention d’un *très* grand public. Du coup, en attendant que les politiques ne se décident à aménager les baignades en eaux citadines, on se languit de voir apparaître les prochaines fictions véritablement mainstream qui sublimeront les plouf urbains à la française !

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