Archives pour la catégorie “Chronos”

[Quatrième décryptage de ce qui fait la ville agile, rédigé pour le Groupe Chronos. On se remonte les manches et on plonge les mains dans le cambouis du mobilier : câbles, infratructures, etc. Comment intégrer l'agilité dans l'ADN de la ville ?]

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Le plus grisant des « villes agiles », c’est de dépasser les morphologies urbaines préexistantes. Plus elles sont rigides, plus les métamorphoses apparaissent remarquables, qu’il s’agisse d’occuper l’espace laissé vacant par l’automobile avec les parklets, d’augmenter la ville en lui greffant des bidouillages inspirés de la culture hacker, ou de détourner des containers tombés en désuétude. Ces exemples présentent deux curiosités (ou encouragements à la créativité des « agilités »). Il s’agit d’abord de propositions éphémères et souvent plus ludiques que fonctionnelles. Au risque de se répéter : « La ville agile doit-elle nécessairement se construire ‘en CDD’ ? » Imposer l’agilité dans l’ADN même de la ville serait autrement plus classe, non ? Ce sera l’objectif de cette quatrième chronique.

L’autre curiosité tient à la malléabilité des objets urbains remodelés : espaces vacants, mobiliers orphelins, etc. Mais que faire lorsque l’on souhaite s’attaquer au mobilier urbain arrimé à la ville ? L’émergence de la ville et numérique (ou « 2.0 », ou « hybride », ou « intelligente », ou « astucieuse », ou « servicielle »… biffez les mentions inutiles !) souligne avec fracas les limites temporelles du mobilier urbain et leur servitude aux infrastructures lourdes (réseaux de transports, de câble, etc.). Si une poubelle – un panneau, un banc public… (biffez… bis) – s’adapte, se transforme, se recycle, la logique est complexe quand il s’agit d’un mobilier voué à s’incruster dans la ville, au même titre que le bâti ou les infrastructures de transport.

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[Troisième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos, consacrées aux pistes créatives qui font "la ville en CDD", la rendant ainsi plus flexible et adaptative face aux mutations de notre temps (un choix par ailleurs discutable). Thème du jour, comme son (fabuleux :D) titre l'indique : pourquoi ne recyclerait-on pas AUSSI les bennes et poubelles qui parsèment la ville ?]

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Qu’on le veuille ou non, les ordures participent du métabolisme des villes, marquées par la société de consommation et sa production exponentielle de déchets plus ou moins dégradables, odorants et nuisibles. Allez à Naples ou Palerme pour mesurer le niveau de dépendance des territoires à leur égard, lorsque les éboueurs se mettent en grève. D’autres images de villes-décharge parsèment l’imaginaire, à l’image de ces stupéfiants quartiers du Caire englués dans les ordures (voire aussi La ville-décharge dans le film Idiocracy, commentée par Nicolas Nova).

Ce rôle majeur devrait placer la poubelle – elle s’analyse somme toute comme un mobilier urbain -, au coeur des réflexions de la ville. Pourtant, peu d’acteurs urbains s’intéressent à cette question, sinon sous un angle logistique qui ne nous intéresse guère ici. Si la question des déchets eux-mêmes a été exploitée dans quelques productions architecturales et urbanistiques (cf. L’utopie du dépotoir), leurs « récipients » n’ont pas connu le même succès. Il y aurait pourtant beaucoup à en dire, et encore davantage à en faire dans le cadre de la mutation « agile » des espaces urbains.

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[Avant-propos de Philippe G. : Débouchez le champagne : [pop-up] urbain vient de fêter ses deux ans ! Pour marquer le coup sans forcément regarder dans le rétroviseur, j’ai invité mes divers « guides spirituels » à venir s’exprimer, avec leurs mots, sur trois oeuvres pop ayant contribué à transformer leur relation à la ville et la manière dont ils la traitent dans leurs réflexions. L’objectif : les remercier pour leur soutien durant ces deux années, évidemment ; mais aussi décloisonner les réflexions de ce blog en ouvrant le champ des sources qui l’inspirent à d’autres regards… Premier de ces « poptraits » avec Bruno Marzloff, fondateur et directeur du Groupe Chronos.

Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai débuté dans le métier en tant qu’apprenti chez Chronos, et Bruno a donc été mon premier employeur (et accessoirement, le seul à ce jour ^^) C’est là-bas que je me suis frotté aux problématiques qui sont aujourd’hui celles de [pop-up] urbain, et les réflexions que vous y lisez aujourd’hui n’auraient probablement pas vu le jour sans l’influence, le soutien et la patience de Bruno (et de la séduisante équipe qui l’accompagne ;-) Il était donc plutôt logique que cette série de poptraits s’ouvre avec sa plume.

Vous remarquerez assez vite que Bruno n’a toutefois pas souhaité suivre le format proposé, héhé. Plutôt que de chroniquer trois oeuvres pop, il a en effet préféré faire du ‘Marzloff’ dans le texte… pour mon plus grand plaisir. Car c’est précisément cette plume et cette manière de penser qu’il m’a transmis, et que j’essaye de transposer ici à la ‘Gargov’ ;-) Un superbe texte qui, j’en suis certain, vous inspirera autant que moi. Merci à lui pour ça, et bonne lecture !]

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Bien entendu, je ne me coulerai pas précisément dans l’injonction des trois œuvres. Pas rebelle, mais un pas de côté pour mieux ajuster. Inutile d’aller chercher très loin des inspirations. Et déjà, une première référence évidente se présente « Les glaneurs et la glaneuse » de la réalisatrice Agnès Varda avec une philosophie que je partage : « Retenir ce qui passe ? non, jouer (avec ce qui se passe) ». A la réflexion, le plus intéressant de nos métiers réside dans notre capacité à réinterpréter ce que nous glanons au quotidien. C’est offert à chacun, mais chacun ne s’en saisit pas forcément, ni de la même façon. Ma réflexion est moins marquée par des œuvres que par des images glanées qui s’allument, rebondissent, ricochent et souvent se perdent. Parfois, elles révèlent une pensée latente, elles excitent un raisonnement qui s’élaborait doucement dans un coin, elles en constituent des métaphores, des prolongements, des suggestions ou elles se proposent comme des invitations à pousser plus loin.

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Deuxième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos consacrées aux pistes créatives qui rendent la ville moins figée. Après les parklets, place au soft-power du « hacking urbain » qui s’insère dans les interstices de la gouvernance urbaine.

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Suite des chroniques consacrées aux villes plus « agiles », c’est-à-dire évolutives et adaptatives en fonction des besoins, ressources et usages qui y fluctuent. Chronos évoquait à propos des parklets « l’aggiornamento » d’un système urbain fort de sa capacité de « résilience« … Ce n’est pas toujours aussi simple. S’il est désormais envisageable de confisquer des portions de l’espace automobile pour les offrir aux piétons, d’autres transformations de la ville sont contrariées.

Inertie d’un système urbain trop complexe, jeux d’acteurs ou de pouvoirs, poids du bâti ou des mentalités brident l’agilité des territoires. Les « hackeurs » de la ville y voient une motivation pour redoubler de créativité. Aux parklets du mois dernier répond donc ce mois-ci le « hacking urbain », moins visible mais tout aussi pertinent. De quoi le hacking urbain est-il le nom ?

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A citadins agiles, territoires agiles ! Face aux multiples crises qui l’assaillent, les villes s’adaptent pour développer de nouvelles morphologies évolutives. Afin de comprendre ces mutations souvent discrètes, mes amis et formateurs du Groupe Chronos accueilleront régulièrement mes « chroniques des villes agiles » concoctées spécialement pour eux. Premier épisode aujourd’hui, consacré aux succès des « parklets » outre-atlantique… et qui sait, bientôt en France ?

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C’est LA tendance urbaine du moment : les « parklets » font depuis peu leur entrée dans le vocabulaire médiatique et urbanistique. Un nom de baptême qui atteste de leur démocratisation, à San Fransisco ou ailleurs, après quelques années de tâtonnements autour d’initiatives précurseurs – dont le PARK(ing) Day est certainement le représentant le plus connu. Que sont exactement ces fameux parklets ? Et surtout, pourquoi sont-ils devenus à la fois symbole et héraut d’une ville plus agile ?

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Je sors tout juste d’un stimulant Forum Chronos sur la marche… et la ville qui va avec. Je ne reviendrais pas en détail sur les contributions des intervenants ET de la salle, riche d’enseignements, que Chronos se chargera sûrement de diffuser dans les prochaines semaines. Je me contenterai de quelques retours et remarques rapides :

Premier constat : la marche est dans la place. Collectivités, transporteurs publics et même constructeurs automobile, tous s’accordent sur ses vertus : lenteur et pacification de la ville, réenchantement et réappropriation des lieux, etc.

Pour autant, attention à ne pas trop vite « enfermer la marche » dans une catégorie monolithique ; la tentation n’est jamais loin. Or, et tous se sont rappelés à le dire, la marche est fondamentalement plurielle.

{ Et si on parlait chiffons pour promouvoir la marche ? Cliquer ici pour lire la suite du compte-rendu. }

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Chronos vient de publier mon entretien avec Frédéric Kaplan, spécialiste des nouvelles interfaces1. Voici un extrait du texte, qui ne restera accessible au grand public que quelques semaines. Je ne peux pas vous en montrer davantage, mais je peux vous garantir que vous y trouverez votre bonheur, pour peu que la ville du futur vous intéresse ! A lire ici.

« La métamorphose des objets qui s’annonce [dans le dernier ouvrage de Frédéric Kaplan, La métamorphose des objets, ou dans celui de Bruce Sterling, Objets Bavards] déborde évidemment les objets eux-mêmes pour interroger nos rapports aux interfaces du quotidien : quid des écrans dans la ville ? d’Internet ? des données personnelles ? et bien sûr du 5e écran, médias des médias urbains qui conjugue la donnée et la ville ?

Au centre de chacune de ces problématiques : l’inévitable mobile-objet et son symbiote, le mobile-homme (ou bien est-ce l’inverse ?). Dans ce mobile hybride se dessinent aussi de nouveaux rapports au temps, ouvrant un champ d’innovation et de réflexion largement inexploré. L’entretien qui suit invite à cette navigation entre passé, présent et futur, autour de ces changements parfois imperceptibles qui annoncent notre quotidien à venir. »

Tous mes remerciements à Frédéric Kaplan pour cet entretien aussi plaisant qu’enrichissant2. Les réflexions proposées, notamment sur les hétérochronies, seront évidemment approfondies sur pop-up urbain3. Bref : to be continued !

PS : les entretiens Chronos n’étant pas commentables, n’hésitez pas à faire part de vos remarques ci-dessous !

  1. … et de l’intelligence artificielle, et des représentations urbaines dans la science-fiction, et de beaucoup d’autres choses à découvrir sur son site ou dans ses twitts. []
  2. Merci aussi à l’équipe Chronos, bien entendu ! []
  3. C’est d’ailleurs déjà le cas. []

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Chronos vient de publier le dossier « Du jeu d’acteurs aux jeux de cartes », où j’introduis quelques horizons d’innovation pour la cartographie numérique. Ce dossier s’inspire des réflexions Chronos sur le sujet, complétées par quelques confs auxquelles j’ai pu assister récemment pour la boîte :

Voici l’introduction du dossier. Je remercie l’équipe Chronos de me laisser la diffuser ici, car ce dossier sera bientôt fermé au grand public. Et merci aussi à Bruno Marzloff pour ses commentaires et corrections ;-)

« The Economist parle d’un débordement de données (The data deluge) : données personnelles ou publiques, subjectives ou objectives convergent et annoncent des services inédits (La ville lisible et la fabrique des services urbains, présentation de Bruno Marzloff lors du Technoark 2010). Déjà les interrogations abondent. Comment visualiser ces données ?

La question se pose en termes d’écrans et d’interfaces (smartphone ? tablette ? city-wall ?)… et en termes de représentations. Comment rendre lisible, donner un sens à la profusion des données urbaines ? Ce qui n’empêche pas d’en chercher d’autres, notamment subjectives ! »

Le dossier traite évidemment de jeux vidéo – on ne se refait définitivement pas ! Pour prolonger la question sur pop-up urbain :

  • La page Ludotopies, qui recense quelques ressources originales sur ce vaste sujet qu’est la représentation de l’espace dans les jeux vidéo. Je n’ai pas eu le temps d’avancer (mea culpa temporel), mais ça ne saurait tarder.

Les dossiers Chronos n’étant pas commentables, je vous invite à faire part de vos réactions ici !

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