Archives pour la catégorie “Chronos”

Deuxième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos consacrées aux pistes créatives qui rendent la ville moins figée. Après les parklets, place au soft-power du « hacking urbain » qui s’insère dans les interstices de la gouvernance urbaine.

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Suite des chroniques consacrées aux villes plus « agiles », c’est-à-dire évolutives et adaptatives en fonction des besoins, ressources et usages qui y fluctuent. Chronos évoquait à propos des parklets « l’aggiornamento » d’un système urbain fort de sa capacité de « résilience« … Ce n’est pas toujours aussi simple. S’il est désormais envisageable de confisquer des portions de l’espace automobile pour les offrir aux piétons, d’autres transformations de la ville sont contrariées.

Inertie d’un système urbain trop complexe, jeux d’acteurs ou de pouvoirs, poids du bâti ou des mentalités brident l’agilité des territoires. Les « hackeurs » de la ville y voient une motivation pour redoubler de créativité. Aux parklets du mois dernier répond donc ce mois-ci le « hacking urbain », moins visible mais tout aussi pertinent. De quoi le hacking urbain est-il le nom ?

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A citadins agiles, territoires agiles ! Face aux multiples crises qui l’assaillent, les villes s’adaptent pour développer de nouvelles morphologies évolutives. Afin de comprendre ces mutations souvent discrètes, mes amis et formateurs du Groupe Chronos accueilleront régulièrement mes « chroniques des villes agiles » concoctées spécialement pour eux. Premier épisode aujourd’hui, consacré aux succès des « parklets » outre-atlantique… et qui sait, bientôt en France ?

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C’est LA tendance urbaine du moment : les « parklets » font depuis peu leur entrée dans le vocabulaire médiatique et urbanistique. Un nom de baptême qui atteste de leur démocratisation, à San Fransisco ou ailleurs, après quelques années de tâtonnements autour d’initiatives précurseurs – dont le PARK(ing) Day est certainement le représentant le plus connu. Que sont exactement ces fameux parklets ? Et surtout, pourquoi sont-ils devenus à la fois symbole et héraut d’une ville plus agile ?

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Je sors tout juste d’un stimulant Forum Chronos sur la marche… et la ville qui va avec. Je ne reviendrais pas en détail sur les contributions des intervenants ET de la salle, riche d’enseignements, que Chronos se chargera sûrement de diffuser dans les prochaines semaines. Je me contenterai de quelques retours et remarques rapides :

Premier constat : la marche est dans la place. Collectivités, transporteurs publics et même constructeurs automobile, tous s’accordent sur ses vertus : lenteur et pacification de la ville, réenchantement et réappropriation des lieux, etc.

Pour autant, attention à ne pas trop vite « enfermer la marche » dans une catégorie monolithique ; la tentation n’est jamais loin. Or, et tous se sont rappelés à le dire, la marche est fondamentalement plurielle.

{ Et si on parlait chiffons pour promouvoir la marche ? Cliquer ici pour lire la suite du compte-rendu. }

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Chronos vient de publier mon entretien avec Frédéric Kaplan, spécialiste des nouvelles interfaces1. Voici un extrait du texte, qui ne restera accessible au grand public que quelques semaines. Je ne peux pas vous en montrer davantage, mais je peux vous garantir que vous y trouverez votre bonheur, pour peu que la ville du futur vous intéresse ! A lire ici.

« La métamorphose des objets qui s’annonce [dans le dernier ouvrage de Frédéric Kaplan, La métamorphose des objets, ou dans celui de Bruce Sterling, Objets Bavards] déborde évidemment les objets eux-mêmes pour interroger nos rapports aux interfaces du quotidien : quid des écrans dans la ville ? d’Internet ? des données personnelles ? et bien sûr du 5e écran, médias des médias urbains qui conjugue la donnée et la ville ?

Au centre de chacune de ces problématiques : l’inévitable mobile-objet et son symbiote, le mobile-homme (ou bien est-ce l’inverse ?). Dans ce mobile hybride se dessinent aussi de nouveaux rapports au temps, ouvrant un champ d’innovation et de réflexion largement inexploré. L’entretien qui suit invite à cette navigation entre passé, présent et futur, autour de ces changements parfois imperceptibles qui annoncent notre quotidien à venir. »

Tous mes remerciements à Frédéric Kaplan pour cet entretien aussi plaisant qu’enrichissant2. Les réflexions proposées, notamment sur les hétérochronies, seront évidemment approfondies sur pop-up urbain3. Bref : to be continued !

PS : les entretiens Chronos n’étant pas commentables, n’hésitez pas à faire part de vos remarques ci-dessous !

  1. … et de l’intelligence artificielle, et des représentations urbaines dans la science-fiction, et de beaucoup d’autres choses à découvrir sur son site ou dans ses twitts. []
  2. Merci aussi à l’équipe Chronos, bien entendu ! []
  3. C’est d’ailleurs déjà le cas. []

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Chronos vient de publier le dossier « Du jeu d’acteurs aux jeux de cartes », où j’introduis quelques horizons d’innovation pour la cartographie numérique. Ce dossier s’inspire des réflexions Chronos sur le sujet, complétées par quelques confs auxquelles j’ai pu assister récemment pour la boîte :

Voici l’introduction du dossier. Je remercie l’équipe Chronos de me laisser la diffuser ici, car ce dossier sera bientôt fermé au grand public. Et merci aussi à Bruno Marzloff pour ses commentaires et corrections ;-)

« The Economist parle d’un débordement de données (The data deluge) : données personnelles ou publiques, subjectives ou objectives convergent et annoncent des services inédits (La ville lisible et la fabrique des services urbains, présentation de Bruno Marzloff lors du Technoark 2010). Déjà les interrogations abondent. Comment visualiser ces données ?

La question se pose en termes d’écrans et d’interfaces (smartphone ? tablette ? city-wall ?)… et en termes de représentations. Comment rendre lisible, donner un sens à la profusion des données urbaines ? Ce qui n’empêche pas d’en chercher d’autres, notamment subjectives ! »

Le dossier traite évidemment de jeux vidéo – on ne se refait définitivement pas ! Pour prolonger la question sur pop-up urbain :

  • La page Ludotopies, qui recense quelques ressources originales sur ce vaste sujet qu’est la représentation de l’espace dans les jeux vidéo. Je n’ai pas eu le temps d’avancer (mea culpa temporel), mais ça ne saurait tarder.

Les dossiers Chronos n’étant pas commentables, je vous invite à faire part de vos réactions ici !

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Dans son dernier numéro, la revue Urbanisme se pliait à une génial exercice : explorer les « petits riens » de la ville, ces banalismes du quotidien qui font et défont notre urbanité. Qu’est-ce que dormir, manger, marcher ou encore uriner dans la ville moderne ? Thierry Paquot a cette formule superbe pour introduire le dossier :

« La ville recèle de ces trésors anodins mais incommensurables, de véritables démultiplicateurs de songes. »

L’exercice était trop tentant. L’équipe Chronos et moi-même avons donc joué le jeu en illustrant, chacun à notre façon, deux de ces pratiques du quotidien. Le résultat est assez génial, mêlant Benabar et Renoir, Big Brother et VDM. A découvrir ici.

Pour ma part, je suis resté fidèle à la doctrine « pop-up » avec mes deux contributions à retrouver ci-dessous (merci Chronos) : uriner et skater… vus par Foursquare et Marty McFly ;-)


Skate : de l’intemporalité des glisses urbaines

Une scène célèbre a contribué à la gloire de la trilogie Retour vers le futur. A deux époques différentes (1955 et 2015), le héros enfourche un skate pour fuir les voyous qui en veulent à sa peau (cliquer sur l’image pour voir la célèbre scène en Hoverboard)

skate hoverboard

Derrière ce clin d’œil, les glisses urbaines s’imposent, élément inévitable du paysage urbain. Point d’orgue de la métaphore : dans le premier épisode qui se déroule en 1955, les voyous enfourchent leur auto et finissent noyés dans le fumier suite aux acrobaties du héros. L’illustration douteuse de la suprématie des modes glissants dans la ville ?


Urine : la trace sublimée

Beaucoup se précipitent pour saluer la révolution des applications géolocalisées comme Foursquare, qui permettent de partager sa localisation à son réseau social. Mais certains restent sceptiques : n’est-ce pas simplement « l’équivalent digital de pisser dans la rue », comme le souligne un commentaire sur cet article de BusinessWeek ? Un autre complète :

« C’est comme uriner électroniquement sur une borne incendie. Si vous n’avez pas d’argent, vous « taguez » un coin de garage. Si vous en avez, vous « taguez » votre géolocalisation. »

L’urine serait donc un LBS avant l’heure, qui dépeint depuis des siècles la conquête de la ville par les citadins – au grand dam des riverains. Que l’on parle virtuel ou réel, la ville s’approprie dans ce marquage intensif de l’espace. J’avais parlé de « folksotopie » pour définir ces territoires urbains « augmentés » par l’éditorialisation des citadins, via les applications géolocalisées. « L’urotopie » désignerait alors son pendant odorant : des territoires embaumés par une envie pressante.

Note : Voici le texte sans additif, tel qu’il a été rédigé pour Chronos. Le sujet me tenant toutefois particulièrement à cœur, attendez-vous à retrouver très bientôt une « extended version » dans ces colonnes. L’u(ro)topie urbaine n’a pas dit son dernier mot !

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Le mot de la fin revient à Thierry Paquot :

« Chaque déambulation urbaine devient cueillette d’anecdotes. Chaque détour vous rend témoin d’une scène unique et inhabituelle. Qui d’entre nous refuse d’actionner son œil-caméra ? Pas moi, en tout cas, trop gourmand de ces saynètes, trop “bon public” pour les bouder, trop content qu’il se passe quelque chose, car finalement la grande ville se doit d’être à la hauteur de sa réputation, non ? Ces “petits riens urbains” sont autant de bénédictions laïques dans la grande communion des citadins… »

Comment résister à cette invitation ? A vous de jouer.

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