Archives pour la catégorie “Discothèque”

Concluons cette belle année 2011 par une superbe publicité1 … à consommer avec la modération qu’exige la trêve hivernale.

Une ode  à la ville-orchestre (évidemment), certes assez lisse mais pas dénuée d’inventivité. On y voit clairement la pénétration du hacking urbain et du détournement dans l’imaginaire de la ville (qu’est-ce d’autre que « remixer la ville », sinon un mash-up ludique créé par les doigts d’un citadin touche-à-tout ?), porté notamment par des créations efficaces telles que le piano/passage-piétons (inspiré par le piano-marche de Volkswagen ?)

Au côté de ces remix relativement light, vous noterez la place qu’occupe l’ambiancement des façades, marotte des publicitaires en 20112 : ambiance techno, sons et lumières sous BPM, qui se traduit logiquement à coup d’enluminures sur tours de verre. Un chouïa regrettable à mon goût. On est d’ailleurs assez loin de la version flashmob de la campagne, plus humaine et diurne que le spot, mais finalement bien moins créative. L’occasion en tous cas de relire ces deux (vieux) billets sur cette « ville en streaming » qui s’annonce à grand renfort de marketing in situ : Pixels et gratte-ciels, et Ravalement de façades.

Par contre, on est encore loin de ma ville idéale : déjà parce que j’écoute de la meilleure musique (… ou pas…) ; ensuite et surtout parce que la mienne serait sponsorisée par de la bière, et non du whisky ! :D

Joyeux réveillon à toutes et à tous !

  1. Publicité découverte pour la première fois en Bulgarie, et je ne pense pas que ce soit un hasard… Je ne l’ai pas vue passer en France, quelqu’un peut me le confirmer/infirmer ? []
  2. Je ne compte plus le nombre de campagnes utilisant la ville-écran, d’ailleurs souvent sans grand culot. []

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(>^.^)>

WTF Japan seriously ? Musique tirée du générique de la série Ryo-ku-Bu. Je n’ose imaginer comment mon ami Tristan est tombé sur cette vidéo, mais c’est à lui que doivent aller vos remerciements pour avoir déniché cette perle !

Allez, une autre pour le plaisir des yeux (et des oreilles !) Vous noterez au passage ce slogan magnifique qui fera rêver tous les touristes en visite : « The RER comes from the bottom of Paris »

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Des grenades à Liège, des kalash’ à Marseille… Ça y est, la guerre se rapproche (enfin) de mon imaginaire urbain ! C’est pas trop tôt : je commençais à m’impatienter, à force de voir les chars n’envahir que des villes dans lesquels je ne me reconnaissais pas, si proches et pourtant si éloignées de mon référentiel haussmannien : Balkans, Afrique du Nord et équatoriale, Proche- et Moyen-Orient (voire banlieues franciliennes de l’autre côté du mur périphérique…) Drame de ma vie, comme l’expliquait parfaitement mon mentor Tyler Durden :

« On est les enfants oubliés de l’Histoire, les mecs. On n’a pas de but ni de vrai place. On n’a pas de Grande Guerre, pas de Grande Dépression. Notre Grande Guerre est spirituelle, notre Grande Dépression, c’est nos vies. »

Jusqu’ici, il fallait donc se contenter de ne regarder que de loin ces combats acharnés qui donnent tant de piment à la ville… ou à défaut, tirer partie de la pop-culture, souvent prolixe sur le sujet.

Malheureusement, hors contextes historiques ou post-apocalyptiques (à l’image des Fils de l’Homme plongés dans un Londres dystopique), la présence de la guerre dans un environnement urbain « familier » (= de mégalopole occidentale), et surtout CONTEMPORAIN, reste somme toute assez rare. Etat des lieux non-exhaustif mais garanti de qualité supérieure, histoire de former nos imaginaires si ternes à l’idée d’une ville occidentale enfin militarisée (pour aller plus loin : Comment les militaires pensent la ville, chez Transit-City)

Commençons par le 7e Art. Il ne me vient rien d’autre en tête que le magistral Southland Tales, qui prend pour décor un Los Angeles ultra-sécuritaire à l’heure d’une hypothétique 3e Guerre Mondiale (cf. le Mega Zeppelin survolant la ville) Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à les partager en commentaires !

Comme souvent dans ces cas-là, il vaut mieux se tourner vers d’autres univers pop, moins soucieux de préserver leur image, pour assouvir ses fantasmes de villes explosives.

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[Avant-propos de Philippe G. : Second "poptrait" et pas des moindres : Nicolas Nova me fait l'honneur de venir se dévoiler pop'ment parlant pour fêter les deux ans de [pop-up] urbain, en évoquant ici avec tendresse la manière dont certaines oeuvres ont contribué à transformer son regard sur la ville et les urbanités [Pour rappel : j'ai invité mes divers "guides spirituels" à venir parler, à leur manière, de trois oeuvres pop-culturelles au sens large ayant marqué leur esprit urbanologue, afin d'ouvrir les horizons de ce blog tout en leur rendant hommage... Premier poptrait publié : Bruno Marzloff, du Groupe Chronos, à relire ici.]

Sans rentrer dans le détail, c’est en grande partie à Nicolas et à ses Pasta & Vinegar que je dois l’orientation pop’ de ce blog, et à son Labo des Villes Invisibles ma passion pour le décorticage des archétypes urbains (voire ici). C’est d’ailleurs à partir de ce sujet que nous nous sommes retrouvés à dialoguer chaque semaine sur Owni au sein des défuntes chroniques Urban After All, que nous avons co-piloté de janvier à juin dernier. Je pourrais encore en rajouter des couches, mais ce serait trop long et surtout trop complexe, notre bonhomme étant volontiers touche-à-tout (parmi ses casquettes : chercheur, enseignant, consultant, essayiste et fureteur culturel…), si bien que je m’y perds presque ;) Vous l’aurez compris : Nicolas Nova est ma première popstar, et c’est donc avec plaisir que je lui cède la plume !]

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Sélectionner 3 « oeuvres pop » pour Philippe et les deux ans de Pop-up, est évidemment plus facile à dire qu’à faire. Surtout, car mon sac de Sport-Billy est rempli à ras bord de pleins de choses pertinentes et qu’il a fallu effectuer un choix. Alors évidemment, ce ne sera représentatif que du vendredi après-midi et de l’ambiance dans le TER qui me ramène chez moi après une semaine d’enquête de terrain.

Pour commencer, la première référence qui me vient à l’esprit quand on me demande quels éléments de la « pop culture » m’ont influencé, vient clairement de l’univers du skateboard. Et en particulier, « Public domain » (le titre complet étant « Public Domain, A Video Extravaganza in Living Color and Drop Dead B&W (Bones Brigade Video Four) »), une des vidéos éditée par Powell & Peralta. Ni film, ni documentaire, ce type de production directement sorti sur le marché de la VHS (luv ur magnetoscope) est une sorte de compilation de séquences de figures de skateboard réalisées soit dans les rues soit en skatepark. Tout cela se passe autour de 1988, je fais du skate évidemment, mais la confrontation avec ce genre d’images me montre toutes sortes de choses nouvelles. Le premier point qui m’a frappé à l’époque concerne la manière dont le film met en avant les « détournements » de tout ce qui constitue l’espace urbain. Bancs, trottoirs, toit d’immeuble, murets… tout obstacle ou courbure devient un espace de production de tricks avec la planche.

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Un nouvel élément pour notre mini « observatoire » des imaginaires de l’écriture urbaineentamé ici avec la craie et ses dérivés ! Sans être franchement très agréables à l’oreille, ces « Tattoos on this town » chantés par Jason Aldean décrivent à merveille la dimension mémorielle – et surtout impérissable – de certains écrits urbains, comme en témoigne le refrain (paroles dispo ici) :

Take a ride, look around
There ain’t no doubt
It sure left its mark on us, we sure left our mark on it
We let the world know we were here, with everything we did
We laid a lot of memories down, like tattoos on this town
Like tattoos on this town

Je vous ai mis le clip qui est assez… authentique, dirons-nous.

{traduction approximative}

Fais un tour, regarde autour de toi
Il n’y a aucun doute
La ville a laissé un trace en nous, et nous avons laissé une trace en elle
Nous avons laissé le monde savoir que nous étions là, et tout ce que nous y avions fait
Nous y avons couché de nombreux souvenirs, comme des tatouages sur cette ville
Comme des tatouages sur cette ville.

A la différence de la craie, qui se distingue par son caractère spontané et éphémère (un trottoir se transforme en espace de jeu en quelques secondes, et redevient trottoir à la première pluie), la métaphore du tatouage évoque une écriture urbaine vouée à s’inscrire dans le temps long (une gravure sur un mur prendra plus de temps mais ne disparaîtra qu’avec une rénovation quelques années/décennies plus tard).

Il serait intéressant de se demander comment des applications numériques d’écriture urbaine pourraient s’inspirer de cet imaginaire, à la manière de ce que j’avais proposé pour la craie. Ne serait-il pas pertinent d’axer l’ergonomie d’une appli sur ce distinguo entre crayonnés éphémères, graffitis de moyen terme et tatouages indélébile ? Personnellement, ça me parle pas mal… Bien plus que la country, cela va de soi ;-)

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Si l’on résume :  marche (jogging) > skate > scooter > moto (x2) > voiture > bolide > ??? > marche !

Quelques commentaires rapides, tant ce clip rebondit à merveille sur de nombreux points évoqués ici.

Alors que cette succession aurait pu laisser croire à un éloge des modes motorisés, la fin du clip pointe du doigt la vanité du culte de la vitesse ; en filigrane, il rappelle que tout individu « motorisé » reste aussi et surtout un piéton, au final… Pas forcément très subtil, mais rafraîchissant dans un univers rapologique prompt à se laisser séduire par le chant des sirènes automobiles

On regrettera juste que le vélo soit complètement absent du clip (malgré sa présence relative dans la culture hip-hop), témoignant sûrement de son absence générale dans l’imaginaire collectif des mobilités… Mais c’est quand même un comble pour un clip réalisé par une boîte baptisée « La petite reine » ! ;-)

On remarquera aussi, sur cette image, comment Orelsan détourne avec intelligence l’imaginaire de l’homme « augmenté » – loin des clichés techno-gadgeto-kitchs que l’on a l’habitude de voir dans les clips prétendument futuristes.

Un simple smartphone scotché sur le bras (c’est donc du DIY ?), il n’en faut pas plus pour attester la concrétude de l’homme-cyborg - grâce à quoi il jongle entre les modes. La fin d’un imaginaire exhibitionniste de la mobilité augmentée ?

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Vue au Musée de la BD de Bruxelles, cette superbe planche de Broussaille dans Les Baleines Publiques, par Frank et Bom (1987) :


Dans la dernière bulle :
« Ah ! Le poisson-chat de la ligne 14 ! Bondé, comme d’habitude !!.. »

Au-delà de sa qualité graphique et onirique, cette planche fait directement écho à un imaginaire urbain autour duquel j’essaye de travailler : la ville aquarium comme imaginaire d’une ville hybride à ce point baignée dans le « flux » qu’elle en devient « liquide » (poke @Emile Hooge ;-)

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Gare de Bruxelles-Midi. Un piano est installé à la sortie du Thalys pour cinq concerts in situ qui seront donnés dans la semaine par la compositrice Mathilde Renault.

Un coup d’oeil à droite, un coup d’oeil à gauche : pas de sécurité ? C’est parti pour un concert improvisé dans la ferveur d’une gare qui s’en contre-fout.

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