Archives pour la catégorie “Futurs naïfs”

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« Une bonne oeuvre de science-fiction devrait être capable de prédire non pas la voiture du futur, mais plutôt les embouteillages. »

, comme l’a écrit avec intelligence l’écrivain Frederik Pohl, cité dans un billet guilleret de Nicolas Nova.

L’idée vous semble sûrement évidente… mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. Car quand on voit la naïveté de certains projets supposés « innovants », on se dit qu’il y a encore du chemin à faire avant que les imaginateurs de la « voiture du futur » ne comprennent que le problème n’est pas dans l’objet lui-même, mais dans le système de mobilité qui l’accompagne : espace consommé (stationnement & bouchons), étirement des distances, etc.

Tout est résumé avec humour et cynisme dans le strip suivant, découvert par hasard sur l’excellent Buttersafe (ah, les joies de la sérendipité ! Merci, T-Raf..)

{ Cliquer ici pour casser du sucre sur le dos de la voiture volante / Click here for english version. }

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Comment imaginait-on le futur dans les années 80 ? Pas si différemment qu’en 2010 ni qu’en 1960, à vrai dire. J’avais parlé de « path-dependancy » pour évoquer l’inertie navrante des perspectives urbaines que nous proposent nombre d’architectes (Panne d’imaginaire dans la ville1). De même, combien d’entrepreneurs nous resservent chaque année le frigo intelligent et la voiture volante, dont on voyait déjà les « prototypes » il y a des décennies, et qui finiront aussitôt aux oubliettes ?

Loin d’être un coup d’épée dans l’eau, l’analyse de ces « clichés » récurrents de l’innovation a de nombreuses vertus. Je vous invite à lire Nicolas Nova, qui décortique ces « failed futures » pour mieux tenter de les dépasser (voire aussi : Du RFID sur les trottoirs & User acceptance of the smart fridge). Jetez enfin un oeil à l’excellent Paelofutur, qui regorge d’illustrations géniales de ces « futurs qui n’ont jamais été« .

Tout comme Nicolas Nova, ces failed failures me fascinent. Un vrai pêché mignon. Je voue notamment un culte aux ouvrages de futurologie pour enfants, qui recèlent d’une certaine naïveté… rendant d’autant plus consternantes les innovations que certains adultes nous proposent trente ans plus tard ^^

futurcouvEn chinant hier, je suis tombé sur deux ouvrages du genre ; l’occasion de commencer une petite collection. Les livres datent de 1979 et sont plutôt doués pour les pronostics. Surtout, ils révèlent la prise de conscience de l’époque du déclin inévitable du système automobile. Ainsi apprend-on que la bicyclette « devrait être la formule idéale du transport particulier dans les villes de demain« . Banco.

J’en proposerais de temps en temps quelques scans dans la rubrique Futurs naïfs. J’espère que vous y trouverez le même plaisir que moi qui décroche un sourire attendri à chaque lecture. Exemple :

« Dans les années 90, presque tout le courrier sera expédié sous forme électronique : poster une lettre consistera simplement à la placer devant un écran. L’image sera alors transmise à un satellite qui la répercutera au destinataire. »

C’est mignon, non ? Je craque aussi le « bracélophone« , que l’on distingue à droite sur la couverture, et grâce auquel « il devrait être impossible de se perdre dans le monde de demain » :

« Voici un citadin qui est venu passer ses vacances dans le Sud tunisien. Le soleil décline et les dunes de sable semblent sans fin, un appel sur son « bracélophone » lui permet de signaler sa position et de recevoir les informations dont il a besoin pour retrouver sa route. »

Dans le mille. Cette prédiction résume involontairement les défis actuels de la géolocalisation et la nécessité de développer des outils « pour pouvoir se perdre » (moteurs de sérendipité, à venir dans un prochain billet). Un dernier exemple pour la route, qui propose une vision assez… péremptoire. Jugez plutôt :

« Une archologie [pour architecture et écologie] est construite. Il s’agit d’un vaste ensemble architectural pù des milliers de gens vivent dans une atmosphère très pure à l’abri de tout surpeuplement. Une telle réalisation est très critiquée par des individualistes impénitents qui la comparent à une ruche ou à une fourmillière. »

Si vous aimez l’innovation, volez un de ces ouvrages à votre petit cousin ! Outre leur fraîcheur, les « clichés » qui y sont présentés ont le mérite de ramener sur Terre quand on pense avoir trouvé l’idée du siècle :-)

  1. Ce billet est à l’origine un billet Chronos, qui lui-même rebondissait sur un post de Transit-City []

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