Archives pour la catégorie “Mobilier urbain”
J’ai eu le plaisir d’animer jeudi dernier un atelier créatif dans le cadre du séminaire « Culture Numérique » de SciencesPo Rennes, à l’invitation de Christophe Cariou que je re-remercie chaleureusement. Ayant reçu carte blanche, j’ai choisi de faire travailler les élèves sur l’éditorialisation de la « ville hybride » par ses habitants (cf. les « folksotopies »)… et ce, autour de deux problématiques bien spécifiques : Eros & Thanatos, le sexe & la mort… (hihi !)
L’objectif de l’atelier : conceptualiser des « médias urbains » (mobiliers connectés, applications mobiles, etc.) participant à la construction de nouvelles urbanités, évidemment en rapport avec ces deux champs d’investigation ;-)
Voici la présentation que j’ai donné en introduction de l’atelier, afin de présenter 1. le contexte de la ville hybride / 2. les problématiques du sexe et de la mort sous le prisme de cette ville hybride. Je me suis dit qu’il serait bête de ne pas la partager… Par contre, je dois avouer que la majorité des slides ne sont pas « compréhensibles » sans la présentation qui va avec. Je vous ai donc rédigé un rapide résumé qui devrait vous permettre de voir (en gros) comment j’ai déroulé le sujet. PS : vous pourrez aussi trouver les sources de chaque article / illustration dans les commentaires de la version .ppt, téléchargeable ici. En bonus, quelques photos des productions étudiantes :-)
PS : je reviendrai très prochainement en détail sur cette fameuse « thanatopraxie » digitale dans l’espace urbain, car le sujet me tient à coeur…
Evidemment, si vous êtes intéressés par un tel atelier, n’hésitez pas à me contacter :-)
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[ Note de Philippe G. : Seconde chronique de Nicolas Nova sur URBAN AFTER ALL, qui démystifie ici l'éternel retour du monorail. Panne d'imaginaires dans la ville ? Tu l'as dit bouffi ! Retrouvez nos chroniques chaque lundi sur Owni.fr. Et n'hésitez pas à nous suivre sur facebook ! ]
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Pour le touriste urbain à l’affût de curiosités, une bonne manière de découvrir le monde consiste à cibler uniquement les villes ayant tenté l’aventure du monorail. Il y a d’autres possibilités bien sûr, certains choisissent de visiter des sites étrusques, d’autres font des pèlerinages ou courent les antiquaires. Ce n’est pas mon cas. Ma tournée des grands ducs concerne en ce moment la découverte des agglomérations ayant opté pour ce moyen de transport.

Monorail à Panissières-Feurs (Loire, France), 1894
Historiquement, les premiers monorails sont apparus au 19e siècle avec divers projets parisiens, lyonnais ou londoniens. À chaque fois divers modes de traction étaient proposés, de la machine à vapeur au tractage par des chevaux. Tantôt posé sur un rail unique à Kuala Lumpur, tantôt suspendu comme à Wuppertal ou même dans un tube à vide comme le défunt Swissmetro, les divers projets ont tous une allure fascinante de prime abord. Mais l’élément le plus fascinant dans l’histoire des monorails c’est son faible succès dans l’histoire des moyens de transport, et surtout le mythe qui l’entoure.
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[ Avant-propos : Cinquième épisode d'URBAN AFTER ALL, la chronique hebdomadaire que j'anime chaque lundi sur Owni avec Nicolas Nova :) N'hésitez pas à nous suivre sur facebook ! ]
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La ville a-t-elle pour mission de nous faire maigrir ? La question peut sembler saugrenue. Elle se pose pourtant avec une insistance croissante, malgré un tabou persistant. La surcharge pondérale est en effet devenue, en quelques décennies, l’une des problématiques majeures de santé publique dans les pays développés (= fortement urbanisés), mais pas uniquement. On comptait ainsi 1,5 milliards d’adultes en surpoids et 500 millions d’obèses en 2008. Les prévisions évoquent jusqu’à 2,3 milliards d’adultes en surpoids et 700 millions d’obèses à l’horizon 2015 (Source : OMS)
S’il serait un peu réducteur de rendre la ville seule coupable de cet empâtement globalisé, celle-ci porte indéniablement une lourde responsabilité dans la diminution de nos efforts. L’OMS met ainsi en cause “la tendance à faire moins d’exercice physique en raison de la nature de plus en plus sédentaire de nombreuses formes de travail, de l’évolution des modes de transport et de l’urbanisation”, en plus évidemment d’un enrichissement calorique de notre alimentation. On notera toutefois que la ville n’est pas forcément la forme la plus avachie, comparée aux modèles rural et surtout périurbain où la marche est inévitablement marginale (distances, manque d’aménagements de type trottoirs, etc.)

Pour autant, appartient-il à la ville de nous “faire bouger” ? On admet aisément que les collectivités prennent en charge certaines dimensions de la santé publique, comme par exemple la lutte contre les pollutions. Mais est-ce aussi légitime de s’attaquer à l’effort physique, un domaine longtemps réservé à la sphère intime ? Dit autrement : où s’arrête la responsabilité d’une ville en matière de santé publique ?
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[ Avant-propos : Et voici le troisième épisode d'URBAN AFTER ALL, la chronique hebdomadaire que j'anime chaque lundi sur Owni, accompagné de Nicolas Nova :)
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Sur le bitume l’engrenage se déroule.
Foutre le dawa, niquer la rhala…
Passi – Les flammes du mal
À en croire les millions de pages recensées dans Google Books, les violences urbaines seraient “nées” dans les années 90’. Les émeutes urbaines dateraient elles un peu plus : les premiers soubresauts remontent au XIXe (la Commune se distingue aisément) ; mais c’est surtout après-guerre qu’elles se seraient développées, s’accélérant un peu avec les années 80-90.

Faudrait-il en conclure que ville et révoltes ne sont liées que depuis peu ? Évidemment que non, et l’on se méfiera des interprétations trop hâtives, inévitables avec un tel outil. On prendra Google Ngram View pour ce qu’il est (ou devrait être) : “un outil heuristique qui permet plus de poser de nouvelles questions que d’apporter des réponses”.
Suivant cette voie, on pourrait d’abord s’interroger sur l’origine des ces formules et les raisons de leur essor dans les années 80-90. Une réponse “objective” voudrait qu’on l’explique par la multiplication des émeutes sporadiques dans les banlieues françaises. Une réponse plus subjective, à laquelle je souscris, y voit aussi la diffusion d’un discours sécuritaire dans les médias, sans véritable lien avec la réalité du terrain. L’expression “violences urbaines”, en particulier, n’est souvent qu’un fourre-tout médiatique pour journaliste en manque de sensationnalisme. Il semble donc bien difficile de donner une explication pertinente à la croissance de ces expressions.
Mais la démarche heuristique à ceci de sympathique qu’elle ne s’arrête pas à ces obstacles. Plutôt que de s’interroger sur les origines de ces termes, pourquoi ne pas s’interroger sur leur conséquences ? On entre ici dans le domaine de la “prospective du présent”.
{ Cliquer ici pour lire la suite, et dénoncer les dérives d’un urbanisme sécuritaire qui ne dit pas son nom. }
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« Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics, bancs publics… s’bécotent aussi sur les escaliers qui parsèment la ville », aurait pu chanter le guitariste moustachu. Car au podium des « lieux d’assise », les escaliers ne sont pas en reste : qui ne s’est pas déjà assis quelques minutes sur quelque marche qui traînait par là, seul ou en couple/groupe, le temps d’une pause plus ou moins éphémère ?
Paradoxalement (ou logiquement, au choix), ces usages sont à ce point « communs » qu’ils passent relativement inaperçus parmi les urbanités qui façonnent nos espaces publics. Ainsi, si les bancs publics sont bien inscrits dans l’imaginaire populaire de la pause, ce n’est pas franchement le cas des escaliers. Davantage considérés comme des lieux de passage (ce qu’ils sont à la base), l’immobilisme de la pause n’y avoir pas droit de cité. Comme souvent, il n’y a qu’à observer la pop-culture, et plus précisément l’entertainement américain dont les nombreuses scènes de « sortie du tribunal » témoignent de la teneur « agitée » que l’on rattache à ces espaces. Dès lors, comment s’étonner de la sous-exploitation des marches urbaines en tant que lieux de pause ?
Mais les choses sont en train de changer, comme l’explique The Pop-Up City :
« But the original function and effect is being eclipsed by another function — providing a space to enjoy the spectacle of the street.
The more memorable experience of visiting the Met today, is not the moment of ascending the stairs and entering the building, but the moment afterwards when one sits on the steps to relax, enjoy the activity on Fifth Avenue, and contemplate the art that was just experienced inside. »
{ Cliquer ici pour lire la suite, si possible confortablement installé sur les marches marbrées d’un escalier coté. }
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« Do places have memories and how shall we treat and question them? »
En français : « Si les lieux ont des souvenirs, comment les traiter, les questionner ? » En une simple phrase, The Pop-Up City explicitait l’une des problématiques majeures de la ville numérique : « l’éditorialisation » de l’espace urbain grâce aux services de marquage géolocalisés.
Chaque seconde qui passe densifie en effet un peu plus les données numériques rattachées à un lieu. Ici, un mobinaute fait connaître son bar préféré en s’y checkant via Foursquare ou facebook Places. Là, un autre poste sur Flickr ou Twittpic une photo géolocalisée, qu’il commente en quelques lignes. Etc, vous avez compris l’idée : « Like / Comment / Share » : issues des réseaux sociaux, ces pratiques débordent de la Toile pour investir la ville, portées par l’ambition séculaire des citadins à marquer l’espace de leur empreinte.

Le phénomène n’est pas nouveau. On pourrait remonter aux premiers « tags de ville », repérés par Chronos il y a déjà des années ; mais il s’agissait là d’usages micros, réservés à une minorité technophile (les fameux early adopters). Il prend une ampleur différente lorsque l’on bascule dans l’ère de « l’homme-cyborg » : massification des terminaux et avec elle, démocratisation des usages.
Les services se multiplient et surtout se diversifient ; autant de méta-données qualitatives (commentaires, humeurs, etc.) ou quantitatives (check-ins) qui viennent densifier la « mémoire » des lieux et donc leur substance. Comme l’explique le toujours-génial Thomas Jamet sur Influencia :
« En explorant, en répertoriant tous les endroits existants, en les «inventant» (au sens où l’on «invente» un trésor, où on le découvre), ces explorateurs urbains «dé-couvrent», «dé-mystifient», «dé-masquent» et révèlent des lieux, parfois cachés, aux yeux de tous. Ils font passer des pans entiers de la ville de Nature à Culture. Il y a quelque chose d’encyclopédique dans Foursquare et consorts. [...]
Il semble que les lieux se découvrent une vie autonome grâce à la «socialisation» et à l’interactivité [via les services de checking, Foursquare et facebook Places]. C’est comme si la ville et le territoire prenaient vie sous nos yeux. Il suffit de voir la carte de facebook Places pour s’apercevoir que la ville s’illumine, que le territoire entier devient un peu plus vivant à chaque fois qu’un utilisateur «check-in», s’inscrit, ou découvre un lieu. »
{ Cliquer ici pour lire la suite, bercé par le récit des lieux bavards. }
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