Foot fetish : la ville soumise au ballon rond

Le 30 juin 2016 - Par qui vous parle de , ,

Au cas où vous ne l’auriez pas encore remarqué, il y a en ce moment une petite chouille footballistique en Hexagone. Et loin de nous l’idée de vous en rajouter une couche, bien sûr… mais l’occasion était trop belle. Après tout, et cet Euro 2016 en offre chaque jour de très beaux exemples, le foot est aujourd’hui le seul sport susceptible d’occuper à ce point les espaces publics français et européens. La situation est certes plus visible en période de grande compétition mais en réalité, le monde urbain tourne beaucoup plus qu’on ne le croit autour du ballon rond… et beaucoup trop, si vous voulez notre avis.

Olive et Tom

En effet, et malgré la passion footballistique de l’auteur de ces lignes, nos quelques travaux sur la question nous poussent à hérisser les poils dès lors que l’on évoque le diptyque foot & urbanités. En cause, principalement, la question des grands stades qui semble cristalliser tout ce que l’on peut reprocher aux grands projets urbains contemporains. La formule des Partenariats Public-Privé, les fameux PPP qui font faire des cauchemars aux élus de France et de Navarre, est largement remise en cause par les faits. Qu’il s’agisse de Nice, Lille ou Marseille, les grands stades construits ou rénovés pour l’Euro 2016 auront démontré la capacité du football à vampiriser les finances publiques. Et parce qu’on reste des urbanos avant d’être des footeux, ça nous fait forcément tiquer un peu.

Bien évidemment, tout n’est pas si pourri au royaume du football, et le lien entre les clubs nationaux et leurs territoires d’ancrage en témoigne régulièrement. Néanmoins, il semblerait que cette relation se soit progressivement distendue, et que les glorieuses épopées d’antan où toute une ville vibrait aux couleurs de « son » équipe soient aujourd’hui un souvenir fané, sinon complètement mythifié. De nombreux éléments expliquent cette situation, mais notre tropisme urbain amène à faire le zoom sur deux d’entre eux : la place des stades dans les territoires, donc, et les gouvernances locales en matière de gestion des supporters. Un sujet sur lequel il y aurait beaucoup, beaucoup trop à dire…

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Carton rouge contre la répression des ultras !!!

Mais alors, est-il encore possible de trouver son bonheur dans ce diptyque ? La réponse, vous vous en doutez, penche largement vers l’affirmative. En l’occurence, c’est dans sa dimension allégorique que le football nous inspire. Ainsi, le plus beau sport collectif du monde nous a-t-il inspiré le billet suivant, où l’on évoquait l’évolution du paradigme des mobilités avec force métaphores footballistiques et autres 3-5-2 du transport public. Notre premier billet sur le sujet (ultérieurement complété par celui-ci), et forcément l’un de nos favoris…

Que vous soyez ou non amateurs de tirs en pleine lulu, on espère évidemment que ces quelques archives vous auront stimulé. Et si vous en voulez encore, voilà pour vous :

– un premier billet tactique inspiré par l’urbanisme sécuritaire, publié chez notre partner in crime Football Totalitaire
– un second publié chez Demain la ville, qui revient sur la gabegie des grandes compétitions sportives (et donc l’Euro et la Coupe du Monde, mais aussi les Jeux Olympiques)
– et enfin un troisième, fruit de notre passion pour le football amateur, sur les pratiques touristiques qui émergent justement en contrepoint de ces grands raouts dispendieux !

Avec tout cela, vous devriez avoir votre dose de football. Et si ce n’est pas le cas, il ne nous reste plus qu’à vous souhaiter de beaux quarts de finale, et espérer vous croiser au détour d’un stade de campagne, écharpe au cou, la passion intacte mais le regard acéré contre les dérives urbanistiques du foot-business…

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Image extraite de « Hors jeu », chef d’oeuvre prospectif signé Enki Bilal et Patrick Cauvin

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