Porno/Chic, les deux mamelles de la mobilité durable ?

Le 26 mai 2011 - Par qui vous parle de , , , dans ,

Comment rendre les modes doux plus attractifs, en particulier la marche et le vélo ? Éternelle et vaste question, à laquelle chaque acteur du milieu tente de répondre en valorisant qui les économies financières, qui les économies d’énergies (pour faire court). Malheureusement, il semble que ces arguments peinent à véritablement séduire les foules1.

Et quand bien même certains annoncent en masse être prêts à quitter leur automobile, il faut que ce foutu principe de réalité vienne tout gâcher un an plus tard et quelques euros le baril en moins. Bref, économie et écologie ne semblent pas suffire pour inscrire durablement les mobilités douces dans les mentalités de nos concitoyens. Alors, comment on fait ?

L’une des solutions les plus évidentes, et pourtant à mon sens encore sous-exploitée dans nos contrées, consiste à se servir des mêmes armes que l’ennemi d’antan, l’automobile, qui aura réussi en moins d’un siècle à susciter plus de désir que n’importe quel autre objet.  Les raisons du succès ? il ne faut pas chercher bien loin : tout repose sur la construction d’un imaginaire auto via la pub et la fiction… Imaginaire s’exacerbant principalement dans deux valeurs : désir et sensualité, voire érotisme et virilité si l’on est plus critique/explicite. Pourquoi ne pas se servir des mêmes méthodes pour promouvoir d’autres mobilités ? Et si l’on transposait ces valeurs aux modes doux ?

J’avais déjà évoqué l’idée dans Métro bondé, métro bandant : « L’érotisation de l’automobile est l’un des piliers marketing essentiel sur lesquels s’appuie la diffusion de la culture auto. [...] Dès lors, l’analogie est évidente : faut-il érotiser les transports en commun pour en promouvoir la pratique ?« . Idée évidemment toute aussi valable pour promouvoir la marche, comme je l’expliquais ici, mais aussi et surtout pour le vélo, puisque c’est le focus du jour.

Certains auront déjà remarqué la naissance, depuis quelques années, d’un véritable « bikestyle » principalement issu du milieu hipsters/bobos, principaux prescripteurs de tendances urbaines. Être chic en deux roues, le comble de la hype ! Copenhagenize l’a bien compris en lançant le mouvement « Cycle Chic », à mi-chemin entre fashion-blog et militantisme pour prouver aux milliers de réfractaires du vélo que l’on peut rouler en ville sans pour autant perdre la cote. C’est déjà un grand pas en avant, mais pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

Ce n’est pas un hasard si l’URL originale de Cycle Chic est « http://copenhagengirlsonbikes.blogspot.com/ ». En vérité, plus que le côté fashion, c’est d’abord la sexytude des femmes cyclistes qui a propulsé la dynamique Cycle Chic. Je ne sais pas vraiment s’il faut s’en réjouir mais le fait est, la promotion du vélo passe aussi par son érotisation. Les photos précédentes en témoignent ; et elles viennent toutes d’une boutique de vélos vintage ;-)

En ce sens, cette vidéo de Jacques Magazine fait probablement plus pour le vélo que toutes la campagnes austères de ministères, en s’adressant directement à ses lecteurs hipsters chez qui « le combo #vintage #natural #teen a toujours fait recette » (via Le Tag Parfait).

Ajoutez à ça un porte-bouteille rétro-chic, et je suis prêt à parier que la part modale du vélo explosera. On peut en rire ou en pleurer, mais la hype du vélo tient finalement à peu de choses : du désir, et de la sensualité. Et ça tombe bien, cela fait des décennies que le marketing auto nous montre la voie ! Il ne reste plus qu’à s’en inspirer pour transformer le paradigme des mobilités ; heureuse ironie :-)

Mais en attendant de voir les acteurs responsables des mobilités douces prendre leur courage à deux mains pour s’emparer de cette culture porno/chic, on a le temps de voir venir… Je vous laisse donc patienter sur ces très jolies images. Enjoy !

 

  1. C’est d’autant plus vrai pour l’argument écolo, dans notre beau pays au verdissement tardif. []

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26 mai 2011

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