Depuis environ cinq ans, l’économie dite collaborative(1) occupe une place de choix dans l’observation de tendances sociétales de fond. Dès lors, un grand nombre de secteurs revêt sa casquette collaborative, aménageant ainsi offres et services fondés sur une intelligence collective et des prestations mises en commun.

Si l’on en croit notre veille quotidienne, on assisterait même à une certaine dictature du tout-collaboratif, tant le concept semble avoir pénétré l’ensemble des domaines de la vie quotidienne (production, alimentation, logement, mobilité, distribution, éducation, consommation, politiques locales etc.).

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Face à cet engouement généralisé, un certain nombre d’études et d’analyses émergent depuis peu pour interroger, comprendre et surtout relativiser cet enthousiasme global. En effet, comme le rappelaient les résultats d’un récent atelier organisé par la Fing, de nombreux freins font front aux innombrables leviers apparents de ces nouveaux modèles de consommation.

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Connaissez-vous les « six-word novels » et plus généralement la « flash fiction », en français « micronouvelle », ces histoires tenant en à peine quelques mots ? La plus connue d’entre elles est attribuée à Ernest Hemingway (à tort, semble-t-il), et résume parfaitement les contours de ce difficile exercice :

For sale: baby shoes, never worn.
[A vendre: chaussure bébé, jamais portées.]

En six mots, l’auteur réussit ainsi à construire une histoire particulièrement dramatique, en seulement six petits mots. Dans la même idée, on pensera aux haïkus, ces poèmes nippons qui expriment une émotion en 17 syllabes seulement, et bien évidemment à l’OuLiPo (Ouvroir de Littérature Potentielle), consistant à (se) jouer des contraintes pour produire une oeuvre littéraire inédite.

Par sa concision, l’exercice a logiquement séduit de nombreux auteurs, professionnels ou amateurs. Il connaît d’ailleurs, depuis quelques années, un véritable regain d’intérêt aux Etats-Unis, notamment depuis la publication de la série d’ouvrage « Six-Word Memoirs » compilant ces superbes littéraires. Et c’est tout naturellement, ou presque, que nous proposons d’appliquer la contrainte à la prospective urbaine. Chiche ?

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Smart par ci, smart par là : ces dernières années, la ville intelligente aura conquis l’espace public au sens littéral comme au figuré. Il ne passe pas une journée sans que l’on ne parle de la “smart city” dans les médias généralistes ou spécialisés (la preuve ici-même), et sans qu’une collectivité n’impulse un projet de “ville intelligente” à grands renforts de com’ et de partenariats public-privé.

Loin de nous l’idée de cracher sur la Smart City. Les principes théoriques et pratiques qui la définissent se justifient largement au prisme des réalités contemporaines. La ville est en effet loin d’être parfaite ; et s’il est possible de corriger certaines de ses dérives (congestions, pollutions, gaspillages, etc.) grâce au numérique, pourquoi s’en priver ? Le problème vient en réalité de ce que ses promoteurs entendent par “corriger” : dans leur bouche, comprendre “lisser”, voire “policer”.

C’est là une chimère presque aussi vieille que le numérique lui-même : la ville intelligente, qui n’est finalement que le dernier avatar des utopies urbaines, serait une ville parfaite et sans erreurs. C’est oublier que la ville est nécessairement chaotique, et que c’est précisément ce qui fait tout son sel. Le journaliste Xavier de la Porte le résumait parfaitement dans un plaidoyer en faveur d’une “ville intelligente qui soit aussi ignorante, affective et idiote”. On ne pourrait trouver mieux que ces trois termes, qui méritent toutefois une explication.

Lire la suite dans le dixième numéro de Stereolux, en version numérique ou papier :

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Étrange affaire que cette opération « Jeune Rue », qui fait vibrer les gastronomes parisiens depuis quelques mois maintenant. Sur le papier, pourtant, tout est limpide et même séduisant. L’Express Styles, qui a décortiqué le projet dans un article fort complaisant, écrit ainsi :

« Ils s’apprêtent à transformer un quartier entier de Paris en marché arty, gastronomique et écologique. Le fondateur de la Jeune Rue, Cédric Naudon, a choisi L’Express Styles pour dévoiler son projet pharaonique. [...] Et quand Cédric Naudon aime, il ne compte pas. En guise de cadeau de mariage, il s’apprête à offrir à la capitale rien de moins qu’un quartier entièrement métamorphosé! (sic) »

Concrètement, la métamorphose en question suppute surtout l’établissement d’une quinzaine de commerces de bouches et/ou boutiques design, réunis sur trois  rues situées dans le Haut-Marais, à Paris. La liste des créateurs impliqués dans le projet est longue et internationale, donnant au projet les contours d’une Babel à peine caricaturale (un bar à huîtres, un marché couvert, un street-food coréen, un bar à tapas, une galerie d’art… on en passe et des meilleurs)

Mais peu importe le contenu, c’est le contenant qui nous intéresse ici. On est en effet en présence d’un projet urbain finalement difficilement attaquable, sinon par son échelle quelque peu démesurée. Mais la tentation est trop grande de gratter sous le vernis, pour s’interroger sur les tenants et aboutissants géo-économiques d’une telle opération. L’occasion de rappeler quelques évidences quant à la manipulation ex nihilo du tissu commercial en milieu dense…

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Paraissait il y a quelques jours sur le blog The Concourse, relayée et traduite par nos compères d’Urbanews, une cartographie interactive représentant les différents types de catastrophes subies sur le sol américain… dans le cinéma hollywoodien, avec les lieux réels où celles-ci ont pris place. Pour nous autres passionnés de pop-culture, un tel objet est une aubaine – et un prétexte de choix pour réfléchir à la résilience des territoires !

La carte ne se veut pas exhaustive, loin de là. Elle recouvre une quarantaine de films, réalisés entre 1933 et 2013, mettant en lumière près de 200 désastres découpés en dix catégories : attaques de monstres, d’aliens ou de terroristes, catastrophes climatiques ou géologiques, pluies de météores, infections, querelles de super héros ou encore – catégorie bien à part – tornades de requins volants avec le célèbre Sharknado.

Si cette superbe initiative mériterait au moins une analyse géopolitique et historique de fond, ce n’est pas ici notre ambition. Cette découverte nous a surtout donné envie de pointer du doigt une poignée de sujets qu’elle entrouvre malgré elle.

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Quand @el_Reg nous a parlé de personnes qui modélisaient la ville de Rennes via Minecraft, notre coeur a fait boomboom (on parle de ce jeu merveilleux ici ou ).  On s’est donc tourné vers les porteurs du projet Rennescraft pour en savoir plus sur cette hybridation entre cartographie et nouveaux imaginaires vidéoludiques. Thomas François et Kevin Fegar, de l’association 3HitCombo, nous racontent alors leur belle aventure rennaise.

Pouvez-vous nous présenter le dispositif Rennescraft et ses objectifs ?

Le projet de départ était une proposition d’animation sur 4 jours lors d’un événement organisé par la Ville de Rennes, notamment par son service innovation numérique, ainsi que la région Bretagne.

« Le bâtiment que vous voyez n’est autre que  Les Champs Libres et son planétarium (transformé en serre) »

Nous avions déjà pu tester les potentiels du jeu Minecraft en ateliers, mais cette fois-ci l’idée était de pouvoir apporter aux joueurs un point de vue associé à la ville de Rennes. Donc transposer la ville, ou en tout cas ses  « grandes lignes », sur une carte Minecraft. Cela a très vite intéressé la ville, notamment le service information et géographie de Rennes (SIG) qui nous a aidé à porter les bases de la carte de Rennes dans le jeu (topographie et emprise des bâtiments). Nous avons donc présenté le projet durant Connexités en juin 2013 et aujourd’hui le projet suit son cours,  mobilisant de plus en plus de participants dont la grande majorité a moins de 16 ans.

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