Archives pour septembre 2010


Je vous avais déjà confié mon intérêt pour les « glisses urbaines »1  - skateboard, roller, BMX, usw. -, dont la pratique cause parfois bien des soucis aux techniciens de la ville, architectes ou urbanistes (cf. Mexico : tes femmes sont ardentes, tes skateurs aussi).

Enfant, je me disais qu’un hiver enneigé représentait un répit furtif pour ces techniciens, las de voir escaliers, fontaines ou bancs publics malmenées par les grabs, flips et autres slides. Il faut croire qu’il n’en est rien, quand on voit les prouesses dont est capable ce Jeremy Jones.

En un mot : la ville ne peut définitivement pas échapper à sa fonction naturelle de terrain de jeu ! Si ce n’est le skate, ce sera donc son frère ;-)

Via Suchablog.

  1. Intérêt hérité de mon passage chez Chronos, btw. []

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« Vous avez visité Riga ? me demanda-t-elle. Comment trouvez-vous la ville ? »
Je lui dis que j’aimais ce genre de villes.
« Elle ne vous parait pas trop grise ? »
Je fis un signe de tête négatif.
« Et vos villes à vous, comment sont-elles ?
- Blanches », dis-je sans réfléchir.
« C’est curieux, fit-elle, je rêve de voir des villes blanches. »
Je lui aurais bien dit que nos villes étaient bleues, comme je l’avais dit une fois à une jeune et naïve Ukrainienne, à Yalta, l’hiver précédent ; mais elle était trop charmante et je commençais maintenant à surveiller mes propos. »

Ismail Kadare, Le crépuscule des dieux de la steppe (1981)

*Et c’est ainsi, trois ans après la fin de mes études de géographies, que j’ai enfin compris l’intérêt de mes compétences « d’analyste de la ville » \o/

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Plus sérieusement, sur les liens entre amour et géographie urbaine : lire The City As A Marriage Market chez les cousins de The Pop-Up City. Où l’on apprend ainsi que :

« While in the olden days we geographers had to learn that people migrate to the city in order to find a job, eventually the economists – at least those at the Vrije Universiteit in Amsterdam – found out that people do not move to the city as much for work as they do for finding a partner. »

J’adore cette conclusion merveilleuse (et très peu « urbaine », pour le coup !)  :

« Therefore, attractive people mostly live in big cities whereas unattractive people especially inhabit rural areas. “Everybody happy, because unattractive people will not easily find a partner in the city anyway.” »

ainsi que cette amusante punchline tirée d’une autre étude :

« Sex in the City is not just a slogan, it is an important fundament for Amsterdam’s economic success. »

A méditer.

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NB : Le titre de ce billet fait évidemment référence à un ouvrage que tout bon géographe se doit d’avoir lu : La géographie, ça sert, d’abord, à faire la guerre, du grand Yves Lacoste (1976). Je ne l’ai pas lu, concluez-en ce que vous voulez ! ;-)

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Décryptage du dernier spot de la MINI Countryman :

La vidéo s’inspire clairement du film « The Italian Job » (version 1969, bien plus que de son récent remake)1. Tout y est : l’étroitesse des rues italiennes, les chorégraphies emballées de Mini… Je vous laisse comparer avec la célèbre scène de getaway qui conclue le film original :

A cette référence évidente s’en ajoute une autre, plus subtile, surtout pour qui n’est pas familier de jeux vidéo automobiles. C’est un tweet de @tidamz qui m’a mis la puce à l’oreille : « Une pub Mini qui fait fortement penser à Trackmania ». En effet, le spot semble profondément marqué par Trackmania, jeu de course bien à part notamment connu pour sa « non-gestion » des collisions entre voitures. Je sais, je sais, ça ne parle pas forcément à tout le monde. N’ayez crainte, la vidéo du « Trackmania 1k Project » saura vous décrire cette spécificité mieux que moi !

{ Lire la suite pour se faire un avant-goût du néo-mythe automobile }

  1. « L’or se barre » en version française, que je recommande évidemment chaudement à tous les amateurs d’humour british et de Michael Cane jeune. []

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« Les architectes serviront-ils encore à quelque chose dans la ville numérique ? » : c’est avec cette interpellation que j’ouvrais en février dernier un billet consacré à l’épineux sujet de l’architecture à l’heure du numérique omniprésent : Ecrans, ravalement de façades.

Smartphones, écrans, iPad et compagnie : nous y sommes jusqu’au cou, dans cette foutue ville numérique ! Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la réponse d’une majorité d’architectes se fait encore assez timide, voire presque critiquable lorsque l’on regarde certains projets dits « d’avenir » (i.e. le Grand Paris). Mais ils ne sont pas les seuls, au grand dam des utopistes du numérique qui voudraient voir de vraies ambitions humanistes accompagner l’émergence de ces technologies (cf. La réalité augmentée, un fantasme de vieux cons ?).

C’est pour pallier ce mutisme relatif que deux amis étudiants en architecture (Thomas PEREZ et Nicolas RUIZ GONZALEZ) et moi-même (Philippe GARGOV, donc) avons décidé de participer au concours Allplan Campus, organisé par l’éditeur de logiciels d’architecture Nemetschek. La consigne de départ était « d’imaginer le pavillon de la France de la prochaine Exposition Universelle de Milan en 2015 ». Notre proposition, intitulée KUBIKOPEDIA (explications ci-dessous), a finalement obtenu la Mention spéciale du Jury \o/

Notre réponse reprend des analyses partagées entre nous depuis quelques temps sur l’avenir de l’architecture, et dont j’avais proposé une perspective dans le billet Ecrans, ravalement de façades. Comme vous pourrez le constater, le projet KUBIKOPEDIA s’inscrit pleinement dans cette lignée :

« Quels sont horizons urbanistiques et architecturaux qui se dessinent derrière [cette idée] ? Peut-être ceux d’une architecture atonale et effacée voire absente – qui ne se passerait pas pour autant des architectes, est-il besoin de le rappeler ? -, dont les façades ne seraient que les supports vierges d’un contenu sans cesse réactualisé. »

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Retrouvez ci-dessous notre réponse en format « billet de blog », reprenant donc les principaux textes et images proposés. Pour ceux qui souhaiteraient voir le produit final dans son écrin d’origine : la plaquette est téléchargeable ici. Si vous avez la moindre question ou remarque sur le projet, n’hésitez pas à laisser un commentaire ci-dessous ou à nous envoyer un mail : philippe.gargov@gmail.com

{ Lire la suite pour plonger dans le cube du réel-virtuel }

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