Archives pour janvier 2011

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Deux hommes, jeunes et beaux. Deux femmes, jeunes et belles. Des sourires charmeurs, des chemises bien coupées. Bref, du glamour et du sensuel. En un mot, de la sexytude.

Peut-être ai-je l’esprit mal placé1, mais à la seconde où j’ai découvert cette publicité, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à ce que j’écrivais il y a quelques semaine dans Métro bondé, métro bandant :

« Faut-il érotiser les transports en commun pour en promouvoir la pratique ? Sans être catégorique sur la réponse, je pense que la piste mériterait d’être approfondie par les équipes marketing concernées. »

Je sais pas pour vous, mais je trouve que cette pub illustre à merveille le potentiel d’érotisation des transports collectifs (covoiturage inclus). Voilà comment je la comprends : « abandonnez vos voitures agoraphobes, et rejoignez les transports pour maximiser vos occasions de flirt ». Evidemment, on peut aussi l’interpréter de manière totalement asexué…

Dites : c’est juste moi, ou bien…?

  1. La réponse est « oui ». []

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[ Avant-propos : Vous avez sous les yeux la première chronique hebdomadaire d'URBAN AFTER ALL, mon nouveau bébé publié chez Owni avec l'aide de Nicolas Nova de Liftlab, qui partage donc la paternité du projet avec moi :-)

Comme vous pourrez le lire dans le petit texte d'introduction à la chronique originale, URBAN AFTER ALL se veut une plateforme collaborative décryptant les "urbanités" contemporaines. Les thématiques seront évidemment proches de celles traitées sur [pop-up] urbain ; pour autant, URBAN AFTER ALL se distingue par un ton plus engagé et moins « pop ». Enfin, la chronique hebdo est ouverte à quelques contributeurs extérieurs : Nicolas Nova, évidemment, et sûrement d’autres par la suite. Bref, une chronique complémentaire des billets de blog que vous pourrez lire ici. C’est pourquoi je la republie aujourd’hui, en ajoutant les commentaires laissés sur Owni. Les vôtres sont évidemment bienvenus :-)

Un nouvel épisode sera publié chaque lundi matin sur Owni ; je les reprendrai ici en milieu de semaine, afin de partager au plus grand nombre. Enjoy ! :-) ]

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Le zombie est dans l’air du temps, c’est indéniable. Les films (originaux ou remakes acclamés, mais aussi parodies), comics et séries (The Walking Dead), ou encore jeux vidéo exploitant le genre, prolifèrent depuis quelques années. Le phénomène descend aujourd’hui dans la rue pour quelques joyeux “Zombie Walk” à travers le monde. Bref, le mort-vivant a la cote, à tel point que Wired prédit même l’éclatement prochain de cette “bulle zombie”, qui sature nos écrans de morts-vivants en tous genres. L’industrie culturelle n’est d’ailleurs pas la seule à contribuer à l’inflation : même les prix Nobel s’y mettent, comme le rappelle avec humour le très sérieux Econoclaste, pour qui 2011 sera “l’année des zombies” économiques.

Tout a été dit sur le sujet.. ou presque. Car ce “retour” du zombie est plus subtil qu’il n’y paraît. À première vue, rien de bien nouveau : dans l’esthétique comme dans l’attitude, les morts-vivants n’ont que peu évolué, à l’exception du fameux “zombie sprinteur” imaginé par Zach Snyder dans son remake de Dawn of the Dead. C’est peut-être un détail pour vous mais pour les zombies ça veut dire beaucoup, comme l’explique Slate : “Peut-être [...] l’obsolescence du zombie lent signale le déclin de la culture “mobocratique” au bénéfice d’un penchant moderne pour l’individualisme”. Cinétudes s’interroge aussi sur cette (r)évolution, et y perçoit un “révélateur de cet état d’esprit très contemporain où non seulement la croyance en la science [...] mais aussi la croyance en l’homme [...] donnent une certaine naïveté au propos” du film. Le zombie sprinteur dédouanerait donc l’homme de ses responsabilités communautaires… Une figure moderne, dites-vous ?

{ Cliquer ici pour lire la suite. Braaaaaaaains… }

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« Les amoureux qui s’bécotent sur les bancs publics, bancs publics… s’bécotent aussi sur les escaliers qui parsèment la ville », aurait pu chanter le guitariste moustachu. Car au podium des « lieux d’assise », les escaliers ne sont pas en reste : qui ne s’est pas déjà assis quelques minutes sur quelque marche qui traînait par là, seul ou en couple/groupe, le temps d’une pause plus ou moins éphémère ?

Paradoxalement (ou logiquement, au choix), ces usages sont à ce point « communs » qu’ils passent relativement inaperçus parmi les urbanités qui façonnent nos espaces publics. Ainsi, si les bancs publics sont bien inscrits dans l’imaginaire populaire de la pause1, ce n’est pas franchement le cas des escaliers. Davantage considérés comme des lieux de passage (ce qu’ils sont à la base), l’immobilisme de la pause n’y avoir pas droit de cité. Comme souvent, il n’y a qu’à observer la pop-culture, et plus précisément l’entertainement américain dont les nombreuses scènes de « sortie du tribunal » témoignent de la teneur « agitée » que l’on rattache à ces espaces. Dès lors, comment s’étonner de la sous-exploitation des marches urbaines en tant que lieux de pause ?

Mais les choses sont en train de changer, comme l’explique The Pop-Up City :

« But the original function and effect is being eclipsed by another function — providing a space to enjoy the spectacle of the street.
The more memorable experience of visiting the Met today, is not the moment of ascending the stairs and entering the building, but the moment afterwards when one sits on the steps to relax, enjoy the activity on Fifth Avenue, and contemplate the art that was just experienced inside. »

{ Cliquer ici pour lire la suite, si possible confortablement installé sur les marches marbrées d’un escalier coté. }

  1. Sur le sujet, je vous invite à feuilleter le mémoire de recherche de Diane Bégard au titre enchanteur : « Pour une apologie des bancs publics. Essai sur le rôle des bancs publics dans l’espace public«  []

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Quand le design automobile s’inspire concrètement des jeux vidéo d’antan…

Tout y est, en terme de références « rétrogaming » : des sons et lumières aux couleurs des sièges, en passant par le bouton d’allumage tout droit sorti d’un stick d’arcade !

Tout y est, et c’est même d’ailleurs un peu too much… ;-)

Le design général fait écho ce que j’évoquais dans mon précédent billet sur le sujet : les lignes « sérieuses » et « adultes » cèdent la place à une esthétique plus légère ; un vrai fantasme d’adulescent ! (ce que certains lui reprochent justement, cf. les commentaires de la vidéo).

Mais, plus que l’esthétique, c’est surtout l’option « rétro-projecteur » qui me fait vibrer. Ou quand l’auto se transforme en console… et la ville en « salle de jeu » ! L’immobilisme de la voiture en stationnement trouve enfin une utilité… ^^

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Merci à Tristan pour cette perle (diffusée via les commentaires de la page facebook de pop-up urbain) :-)

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Et si la ville était un gigantesque instrument de musique ? C’est en tous cas le pitch de Sound of Noise, film suédois de 2008 sorti sur nos écrans il y a deux semaines.

« L’officier de police Amadeus Warnebring est né dans une illustre famille de musiciens. Ironie du sort, il déteste la musique. Sa vie bascule le jour où un groupe de musiciens déjantés décide d’exécuter une œuvre musicale apocalyptique en utilisant la ville comme instrument de musique… »

Si la bande-annonce ne permet pas d’observer d’usages « concrets » de la ville comme instrument de musique (j’entends par là, les rues et le bâti), certains passages donnent quand même grave envie de voir le film, notamment les extraits de fin dans laquelle la ville semble se métamorphoser au contact d’oeuvre. Autre extrait particulièrement intéressant : cette « Music for One Highway » qui retranscrit à merveille la musicalité propre à l’automobile, et à l’ivresse de la vitesse.

{ Cliquez ici en battant le rythme ! }

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« Le Parisien est un être urbain bien entraîné.

Sur la chaussée, il est sans peur et, latin pour quelques instants, il le montrera, s’engageant pour traverser la rue avec une autorité presque brutale, sous les yeux un rien crédule des touristes inquiets. [...]

Ainsi, pour ré-enchanter la traversée de la rue, le Parisien se lance-t-il dans une danse inconsciente et élégante, dont les pas s’articulent sur la confiance en l’autre : « Je te domine, mais j’ai confiance en toi. » Dans cette grande corrida urbaine, le piéton voudra ses voitures rapides, impétueuses et frôlantes : le raffinement consistera alors à traverser en ne changeant rien de son allure, caressant d’un mouvement du bassin les volutes de voitures. Dans cette sensualité éperdue, le Parisien ressent le frisson de la maîtrise. Maîtrise de la ville et de ses codes. Il est chez lui. Jusque dans la plus anodine des traversées – celle d’une rue – le Parisien, mi-danseur, mi-matador, reste fidèle à son identité – toujours floue mais toujours confiante, invitant secrètement les autres à l’observer, apprendre et admirer. »

Olivier Magny, « Les piétons », in Dessine-moi un parisien (2010), p. 125.1

De la même façon que les trottoirs bondés sont depuis mon enfance un terrain d’entrainement pour slalom géant, je participe depuis des années à cette « corrida » urbaine propre aux rues de la capitale… Enfin, il n’y a évidemment pas qu’à Paris que l’on pratique ce « tango stupide » de la traversée piétonne ["je quitte le trottoir, je ne le quitte pas…?"], ce que confirme justement le titre de ce billet canadien : « Je suis piéton [...], donc je danse bien ». Mais c’est peut-être à Paris que cette chorégraphie ressemble le plus à une enivrante « passe de muleta »2

En tous cas, d’expérience, mes connaissances provinciales ou étrangères sont souvent moins téméraires que nous autres parigots lorsqu’il s’agit de traverser hors les clous, et d’affronter le flux tendu des autos ;-)

{ Cliquer ici pour connaître le secret déhanché des urbains branchés. }

  1. N’hésitez pas à offrir ce « recueil de clichés » superbement écrit à vos connaissances parisiennes, elles s’y reconnaîtront ;-) []
  2. De là à dire que c’est l’affirmation croissante du piéton dans nos villes qui portera l’estocade à l’auto affaiblie, il n’y a qu’un pas que je ne franchirais pas… []

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