Archives pour décembre 2011

Concluons cette belle année 2011 par une superbe publicité1 … à consommer avec la modération qu’exige la trêve hivernale.

Une ode  à la ville-orchestre (évidemment), certes assez lisse mais pas dénuée d’inventivité. On y voit clairement la pénétration du hacking urbain et du détournement dans l’imaginaire de la ville (qu’est-ce d’autre que « remixer la ville », sinon un mash-up ludique créé par les doigts d’un citadin touche-à-tout ?), porté notamment par des créations efficaces telles que le piano/passage-piétons (inspiré par le piano-marche de Volkswagen ?)

Au côté de ces remix relativement light, vous noterez la place qu’occupe l’ambiancement des façades, marotte des publicitaires en 20112 : ambiance techno, sons et lumières sous BPM, qui se traduit logiquement à coup d’enluminures sur tours de verre. Un chouïa regrettable à mon goût. On est d’ailleurs assez loin de la version flashmob de la campagne, plus humaine et diurne que le spot, mais finalement bien moins créative. L’occasion en tous cas de relire ces deux (vieux) billets sur cette « ville en streaming » qui s’annonce à grand renfort de marketing in situ : Pixels et gratte-ciels, et Ravalement de façades.

Par contre, on est encore loin de ma ville idéale : déjà parce que j’écoute de la meilleure musique (… ou pas…) ; ensuite et surtout parce que la mienne serait sponsorisée par de la bière, et non du whisky ! :D

Joyeux réveillon à toutes et à tous !

  1. Publicité découverte pour la première fois en Bulgarie, et je ne pense pas que ce soit un hasard… Je ne l’ai pas vue passer en France, quelqu’un peut me le confirmer/infirmer ? []
  2. Je ne compte plus le nombre de campagnes utilisant la ville-écran, d’ailleurs souvent sans grand culot. []

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Heureux, les loueurs de vélo à Rostov-sur-le-Don ! (NSFW)

via @Le Tag Parfait

Plutôt que de répéter ce que j’écrivais il y a quelques mois, je vous invite à (re)lire ce billet qui n’a jamais aussi bien porté son nom : Porno/Chic : les deux mamelles [marketing] de la mobilité durable ?, ou quand la culture porn se met au service des alternatives à l’automobile (qui a occupé ce créneau marketing des années durant…) Rappelez-vous :

On peut en rire ou en pleurer, mais la hype du vélo tient finalement à peu de choses : du désir, et de la sensualité. Et ça tombe bien, cela fait des décennies que le marketing auto nous montre la voie. Il ne reste plus qu’à s’en inspirer pour transformer le paradigme des mobilités ; heureuse ironie…!

Mais en attendant de voir les acteurs responsables des mobilités douces prendre leur courage à deux mains pour s’emparer de cette culture porno/chic, on a le temps de voir venir…

Un petit effort, collègues français : montrez-nous que les Russes n’ont pas le monopole du cul !

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WTF Japan seriously ? Musique tirée du générique de la série Ryo-ku-Bu. Je n’ose imaginer comment mon ami Tristan est tombé sur cette vidéo, mais c’est à lui que doivent aller vos remerciements pour avoir déniché cette perle !

Allez, une autre pour le plaisir des yeux (et des oreilles !) Vous noterez au passage ce slogan magnifique qui fera rêver tous les touristes en visite : « The RER comes from the bottom of Paris »

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[Avant-propos 9 novembre 1989 à Berlin : le Mur s’effrondre. 9 novembre 2011 à Sofia : une centaine de Bulgares se réunissent devant le Monument à l’Armée soviétique pour fêter 22 ans de liberté post-communiste. C’est là que nous avons rencontré Martin Zaimov, candidat malheureux à l'élection de la Mairie en 2007 (soutenu par le centre-droit), où il a terminé second derrière Boïko Borissov - depuis premier ministre du pays, connu en Europe pour son berlusconisme assumé.

Martin Zaimov a un CV chargé : nommé directeur de la Banque Nationale pour redresser le pays lors de la crise de 1997, il a ensuite occupé la vice-présidence du Conseil municipal de la capitale bulgare de 2007 à 2010, où il a notamment conduit la rénovation du Plan de Déplacements. Et c’est autour d'une soupe à l’agneau que nous avons discuté de l’évolution récente de la ville en pleine adolescence, dont la devise “Grandit mais ne vieillit pas” n’a jamais semblé si paradoxale. Des affiches crées par les étudiants en communication visuelle de l’Académie des Arts, dans le cadre d'une exposition temporaire sur la ville, viendront illustrer son propos. En complément, un reportage plus personnel mettant en perspective des extraits de cet entretien, est à découvrir sur le blog du Groupe Chronos : Sofia, le difficile apprentissage des urbanités.]

 

Voilà : nous sommes 22 ans jour pour jour après la chûte du communisme en Bulgarie [Todor Jivkov, leader du pays depuis 1954, est démis de ses fonctions le 10 novembre 1989] et l’ouverture du pays à l’Occident. Où en est Sofia deux décennies plus tard ? Comment ont évolué les urbanités sofiotes ?

Je me rappelle d’un ami, au début des années 90, qui répondait ceci à ceux qui annonçaient la stabilisation du pays dans les cinq ans à venir : “… on se verra dans vingt ans…” Et voilà : aujourd’hui ça fait vingt ans. Il y a eu beaucoup de choses de faites, énormément. Mais il n’y a pas eu d’intervention “intelligente” du pouvoir urbain. Au contraire, il y a eu un laisser-aller, et même pire que ça : une perpétuation de l’exercice du pouvoir corrompu. Résultat : l’évolution urbaine va dans une direction de laideur, et d’agressivité.

Mais en contrepoint, Sofia reste une ville assez libre, très chaotique – un chaos qui correspond à l’esprit des habitants. Bien qu’inhumain, l’urbanisme autoritaire socialiste a créé des parcs, des espaces publics, un système de transports que l’on peut aujourd’hui évaluer positivement. Il y a un fort héritage d’espaces publics ouverts, et la ville est relativement agréable à vivre – en dehors de l’aspect agressif de l’urbanisme. Il y a beaucoup de vie à Sofia – comme beaucoup de villes méditerranéennes et balkaniques, certes, mais peut-être plus encore ici. Cet esprit de liberté marque positivement la capitale.

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Des grenades à Liège, des kalash’ à Marseille… Ça y est, la guerre se rapproche (enfin) de mon imaginaire urbain ! C’est pas trop tôt : je commençais à m’impatienter, à force de voir les chars n’envahir que des villes dans lesquels je ne me reconnaissais pas, si proches et pourtant si éloignées de mon référentiel haussmannien : Balkans, Afrique du Nord et équatoriale, Proche- et Moyen-Orient (voire banlieues franciliennes de l’autre côté du mur périphérique…) Drame de ma vie, comme l’expliquait parfaitement mon mentor Tyler Durden :

« On est les enfants oubliés de l’Histoire, les mecs. On n’a pas de but ni de vrai place. On n’a pas de Grande Guerre, pas de Grande Dépression. Notre Grande Guerre est spirituelle, notre Grande Dépression, c’est nos vies. »

Jusqu’ici, il fallait donc se contenter de ne regarder que de loin ces combats acharnés qui donnent tant de piment à la ville… ou à défaut, tirer partie de la pop-culture, souvent prolixe sur le sujet.

Malheureusement, hors contextes historiques ou post-apocalyptiques (à l’image des Fils de l’Homme plongés dans un Londres dystopique), la présence de la guerre dans un environnement urbain « familier » (= de mégalopole occidentale), et surtout CONTEMPORAIN, reste somme toute assez rare. Etat des lieux non-exhaustif mais garanti de qualité supérieure, histoire de former nos imaginaires si ternes à l’idée d’une ville occidentale enfin militarisée (pour aller plus loin : Comment les militaires pensent la ville, chez Transit-City)

Commençons par le 7e Art. Il ne me vient rien d’autre en tête que le magistral Southland Tales, qui prend pour décor un Los Angeles ultra-sécuritaire à l’heure d’une hypothétique 3e Guerre Mondiale (cf. le Mega Zeppelin survolant la ville) Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à les partager en commentaires !

Comme souvent dans ces cas-là, il vaut mieux se tourner vers d’autres univers pop, moins soucieux de préserver leur image, pour assouvir ses fantasmes de villes explosives.

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Petite perle envoyée par mon ami Benoît, géographe de son état et spécialiste de la Namibie, qui y a déniché ce cabinet d’ingénierie aux accents… illuminés. Extraits.

Since our founding in 2002 we have been driven by our clear vision to make a difference in the world through our God-given skills as engineers and technicians. This calling was received through the story of Nehemiah in the Bible. Just as Nehemiah was called to rebuild the walls of Jerusalem, we believe that we are called to help build nations and glorify God through our work.

Lithon Project Consultants was founded in obedience to a calling from God to make a difference in the lives of people on the African continent through the engineering industry.

The Bible refers to the Lord Jesus Christ as the chief cornerstone. Given that the company is founded on Him, we named it Lithon, which is the Greek word for cornerstone. Based on our calling to be “prophets, priests and kings” here on earth, as  symbolised in our company logo, we remain committed to utilising our skills for the good of every person in every nation.

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