Archives pour mai 2012

[Petite trêve poétique entre deux abécédaires de la ville astucieuse, avant d'y revenir en fin de semaine pour une quatrième et avant-dernière étape. Il sera question de mouvements, flux et vitesses...]

Il est des livres qui bousculent et qui inspirent. Et il y a La Horde du Contrevent. Plus qu’un roman épique, le livre-univers d’Alain Damasio (2004) n’a pas assez de mot pour être raconté. Inutile donc que je vous en dise plus que la quatrième de couverture, tant la lecture se vit et ne se partage pas :

Un groupe d’élite, formé dès l’enfance à faire face, part des confins d’une terre féroce, saignée de rafales, pour aller chercher l’origine du vent. Ils sont vingt-trois, un bloc, un nœud de courage : la Horde. Ils sont pilier, ailier, traceur, aéromaître et géomaître, feuleuse et sourcière, troubadour et scribe. Ils traversent leur monde debout, à pied, en quête d’un Extrême-Amont qui fuit devant eux comme un horizon fou.

Expérience de lecture unique, La Horde du Contrevent est un livre-univers qui fond d’un même feu l’aventure et la poésie des parcours, le combat nu et la quête d’un sens profond du vivant qui unirait le mouvement et le lien. Chaque mot résonne, claque, fuse : Alain Damasio joue de sa plume comme d’un pinceau, d’une caméra ou d’une arme… Chef-d’œuvre porté par un bouche-à-oreille rare, le roman a été logiquement récompensé par le Grand Prix de l’Imaginaire.

Un « sens profond qui unirait le mouvement et le lien »… N’est-ce pas le fondement même de la géographie ? C’est aussi l’une des grandes passions de [pop-up], où nous explorons tant les « valeurs » du mouvement (Contre le mythe de la lenteur salvatrice) que ses imaginaires et ses chorégraphies (ici ou ). Et au-delà de la qualité de l’aventure si finement narrée par Damasio, la Horde nous offre une poésie rare pour alimenter ces réflexions. 

A l’instar de ce que nous avions fait avec « L’homme à l’affût » de Julio Cortázar, autre rhapsode ès temporalités, grignotons donc ces quelques extraits mystiques sur le sens du (ou des) mouvement(s).

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La saga de la ville astucieuse continue ! Mais trêve de bavardages inutiles, et rentrons directement dans le vif du sujet. Et au besoin, vous pouvez bien évidemment retrouver les autres parties de l’abécédaire :

  • de A à E comme dans : Agile, Biodiversion, Cautèle (et Clever), DIY et Enjaillement
  • de F à J comme dans : Foutraque, Grassouillette, Hédonisme (et Hacking), Irrévérencieuse et Jacuzzi
  • de P à T : à venir
  • de U à Z : à venir

Note : nous ne les avons pas utilisés ici, mais notez ces quelques jolis mots proposés par Emile Hooge, toujours lui, qui mériteraient de figurer dans un prochain abécédaire : O comme Oxymore (génial), et N comme Nourricière et Narratrice… Pour une prochaine fois ?

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K comme Kafkaïen

« Oppressant, absurde et cauchemardesque » : la vision kafkaïenne renvoie ici à l’immuable paranoïa qui règne autour de chaque technologie émergente. Logiquement, ce sont actuellement les smartphones et les capteurs urbains qu’on montre trop hâtivement du doigt, les rendant coupables de toutes les maux du monde à venir. Cette approche, outre sa relative faiblesse d’esprit (OUAIS), pose un souci dès lors qu’elle devient un frein à la résolution des défis urbains - résolution qui peut *notamment* s’appuyer sur le numérique.

Prenons ce titre de Courrier International : « Big Brother au service de la nature », où il n’est absolument pas question de surveillance autoritaire, mais simplement d’usages astucieux des smartphones au profit d’une cartographie collaborative de la biodiversité. C’est avec ce genre de titre qu’on refroidira les ardeurs des citoyens trop méfiants à l’égard des technologies – mais n’oublions pas qu’une certaine prudence reste nécessaire sur le sujet ; c’est notamment ce que nous expliquions avec C comme Cautèle.

Allégorie de la ville kafkaïenne (à gauche) et de la ville astucieuse (à droite)
On est quand même mieux au chaud à refaire le monde, non ? 

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L’abécédaire de la ville astucieuse se prolonge avec cette seconde étape, dans le prolongement de l’Enjaillement qui concluait notre premier périple. Pas de longue introduction cette fois-ci, rentrons vite dans le vif du sujet. Il sera question de plaisir, beaucoup, mais aussi et surtout de défense de certaines valeurs fondamentales qui devraient être, selon nous, celles de la ville idéale.

Comme précisé ici ou là, cet abécédaire fait office de synthèse relativement exhaustive des réflexions portées et défendues les réflexions par [pop-up] urbain ; elles peuvent être complétées par un (vieux) glossaire beaucoup plus sommaire. En outre, rappelons que cette série de billet a été inspirée par un travail de recherche réalisé avec Emile Hooge pour son cabinet Nova7. Encore merci à lui !

Retrouvez les autres parties de l’abécédaire :

  • de A à E comme dans : Agile, Biodiversion, Cautèle (et Clever), DIY et Enjaillement
  • de K à O : à venir en début de semaine prochaine !
  • de P à T : à venir
  • de U à Z : à venir

Et on attaque directement, avec…

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Le temps passe et passe et passe… et pourtant les choses ne changent pas, ou si peu. En termes de prospective urbaine, la vision caricaturale d’une ville *intelligente* et *sécurisante* et *créative* et *potagère* et surtout *très sympa*, continue son bonhomme de chemin au sein des institutions décideuses, collectivités ou opérateurs. Difficile en effet de quitter une vision si facilement vendeuse auprès du grand public, quand bien même elle ne serait qu’un simulacre d’urbanités

Prenons le New Cities Summit 2012, qui ouvre aujourd’hui ses portes au CNIT de Paris (le pauvre, au mauvais endroit, au mauvais moment). On y trouve évidemment de bonnes choses, et tout n’est pas à jeter dans ce programme de trois jours. Mais n’est-il pas nécessaire de prendre des pincettes vis-à-vis de cette vision très orientée de la prospective urbaine, qui fait la part belle aux grands opérateurs globalisés, sans jamais s’intéresser à l’échelle de l’usager ?

Sans vouloir faire les rabat-joies (en fait, si), quand on confie l’ouverture du colloque à un Patrick Devedjian, on en dit long sur son positionnement… Voyez par vous-mêmes :

The theme of the Summit, Thinking Ahead, Building Together, reflects our belief that understanding and contributing to our common urban future will require audacity, analysis and, above all, partnership. The Foundation, working closely with a rich and diverse ecosystem of members and partners, would like participants at the Summit to be inspired and equipped to make positive change.

WOKAY, mais après ? Où se trouve l’usager ? celui qui s’appropriera cette ville que vous concoctez dans vos cénacles, en oubliant son destinataire final ? Remontons quelques années en arrière. En 1997, à l’orée de législatives anticipées, un certain nombre d’associations de gauche et d’extrême-gauche avaient clamé haut et fort ce slogan vindicatif : « Nous sommes la gauche. » De la même manière, scandons aujourd’hui celui-ci : « Nous sommes la ville. » Et il serait grand temps que vous le compreniez, chers décideurs.

C’est l’un des objectifs du concept de « ville astucieuse », proposé en contre-point de l’auto-proclamée « ville intelligente », cette city tellement « smart » qu’elle en oublie de s’intéresser aux intelligences du citadin (sinon de manière passive, en externalisant des besoins vers un temps de cerveau disponible).

D’abord pensée dans ses seules frontières numériques, le concept de ville astucieuse s’est depuis étendu à l’ensemble des contributions de [pop-up] urbain, pour devenir le socle commun de nos réflexions. Quelques mois après avoir formulé la proposition (ici), il est temps de synthétiser tout cela. Et comment mieux mutualiser les enjeux et défis qu’en s’attaquant à la sémantique de cet objet protéiforme qui reste à consolider ?

C’est l’objectif de cet abécédaire, que nous souhaitons ouvert aux contributions extérieures (via les commentaires ou même dans un billet dédié) Pour faciliter la lecture, nous l’avons séparé en cinq parties, qui défileront durant les deux semaines qui viennent. Première étape de A à E, de la « ville agile » à « l’enjaillement du quotidien ». Publication vendredi des lettres F à J comme Jacuzzi. Et non, le « F » de demain ne sera pas « Fuck off la ville chiante », mais on a failli se laisser tenter… Surprise ! Retrouvez aussi les autres parties de l’abécédaire :

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Mieux que le cirque itinérant, le zoo au coin de la rue ? Une certaine image de la ville post-humaine, au sens littéral du terme :

Trailer du jeu Tokyo Jungle sur PlayStation 3.
Sortie prévue en juin 2012 au Japon.

Tokyo Jungle vous transporte dans un Tokyo sans aucune trace humaine dans un avenir non défini. Vous y trouverez plus de 80 types d’animaux qui devront se défendre en s’affrontant les uns les autres. On y trouve un mode Histoire ainsi qu’un mode Survie.

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Jetez donc un oeil aux superbes créations imaginées par le cinéaste Michel Gondry et son équipe pour son adaptation de L’Ecume des jours, de Boris Vian, actuellement en tournage dans Paris. Elles racontent une autre automobile que celle aux contours léchés qu’on nous vend depuis un siècle. Une automobile hackée, bidouillée, bricolée et oui : torturée… mais ne serait-ce pas un juste retour des choses ? ;)

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