Archives pour la catégorie “Auto”

Deux récentes actualités londoniennes sont venues remettre sur le devant de la scène un sujet qui n’en avait pas vraiment besoin. Début août, une place de parking à ciel ouvert a été mise en vente pour la bagatelle de 350 000 euros, soit plus de 1 500 euros le m² de stationnement. Plus anecdotique mais pas moins porteur de sens : début septembre, on apprenait qu’un gratte-ciel de la capitale faisait fondre la taule des voitures trop longtemps garées à ses pieds…

Ces deux exemples témoignent, chacun à leur manière, des tourments dans lequel est aujourd’hui plongée l’automobile en ville. Le stationnement y apparaît à la fois comme le symptôme des maux de la voiture, mais peut-être aussi la solution d’une ville mobile qui reste à construire. Cela ne se fera toutefois pas sans soulever de houleux débats…

PARK(ing) DAY France aura lieu le 20 septembre prochain, c’est-à-dire demain.
Plus d’information sur le site de l’événement.

Si le premier exemple londonien résume à lui seul le manque d’espace auquel sont aujourd’hui confrontés les mobilités urbaines, et l’automobile individuelle en particulier, le deuxième symbolise de son côté ce que certains ont baptisé “auto immobile”. Chaque voiture stationnée occupant plus de vingt mètre-carrés d’espace public, impossible de ne pas s’interroger sur la place que mérite d’occuper la voiture dans nos villes.

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« Que les taxis se rassurent : le gouvernement les protège. » C’est, en substance et résumé par Le Figaro, le message envoyé par le législateur après les mobilisations de la corporation en janvier dernier et les négociations qui ont suivi. L’objet du litige ? L’essor fulgurant des véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), qui marcheraient de manière un peu trop ostensible sur les plates-bandes bien fleuries des taxis. Au-delà du contentieux économique, cette querelle est un cas d’école pour qui s’interroge sur les enjeux du numérique urbain. En effet, l’émergence des VTC est très directement liée au numérique, s’appuyant sur les smartphones pour proposer des courses en quasi-temps réel. Et c’est précisément là que le bât blesse.

Le monopole légalisé

En effet, les taxis étaient jusqu’alors protégés par la loi, comme les seuls véhicules habilités à être hélés dans la rue et donc à pouvoir prendre des courses en temps réel. Mais comme le précise le président de la puissante Union nationale des industries du taxi, interrogé par Les Echos :

 « Sans délai, grâce aux smartphones, les réservations des VTC équivaudraient à des commandes immédiates. Cela constituerait un contournement de la loi de 2009 et mettrait en péril la profession de taxi très réglementée et conditionnée à l’achat d’une plaque qui vaut aujourd’hui 230.000 euros. »

Et de préconiser un délai minimum d’une heure entre la réservation d’un VTC et le début de la course… D’autres, plus pragmatiques, demandent un délai d’une demi-heure…

Le gouvernement, dans sa grande mansuétude, ne réclamerait aux VTC qu’un petit quart d’heure d’attente…, qui représenterait tout de même une perte de 95 % du marché, selon le secrétaire général de la Fédération française de transport de personnes sur réservation. Difficile d’évaluer la pertinence de ce chiffre. Mais il témoigne relativement bien de l’importance prise par les « opportunismes » numériques, ces agilités des citadins nomades s’appuyant sur leur smartphone pour gérer leur quotidien de manière plus fluide.

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Comment vendre la voiture électrique ? L’enjeu est de taille pour les constructeurs automobiles, qui doivent faire avec un joyeux paradoxe : entièrement silencieuse, la voiture électrique doit pourtant réussir à séduire les conducteurs plus habitués aux moteurs vrombissants mais aussi parvenir à se signaler aux passants pour éviter les risques d’accidents.

Dans ce contexte, la valorisation du silence se révèle un exercice délicat. C’est peut-être ce qui explique la relative pénurie de publicités automobiles utilisant ce levier, en comparaison de celles misant sur les aspects plus directement écologiques. Avec Bolloré pour Autolib’ (« La voiture qui fait Chuuuut au lieu de faire Vroum »), Renault est aujourd’hui l’une des rares marques à s’être emparée de front de ce sujet, dans une publicité à la fois puissante et candide.

Intitulé « La Chute du Mur », le spot se réapproprie ainsi l’imaginaire des révoltes berlinoises de 1989, qu’il détourne sur une musique des plus idoines : « The Sound of Silence« , de Simon & Garfunkel.

Signée Publicis Conseil et dévoilée au printemps dernier, la vidéo s’accompagne d’un slogan sans équivoque : « Il était temps de réconcilier l’homme et l’automobile ». On pourra reconnaître à Renault le courage de son humilité. Le constructeur est bien l’un des seuls à prendre acte de l’écart qui s’est progressivement creusé entre voitures et citadins (à la différence de son cousin Nissan, dont le slogan « Urban proof » est des plus ambigus).

L’autre grande force de ce spot tient évidemment dans le sujet de ce texte : en mettant sur le devant de la scène l’argument du silence, Renault prend délibérément position pour cette solution. Ce qui pourrait paraître anodin, si cela ne concernait pas l’automobile. Le sujet est en effet particulièrement épineux, pour d’évidentes raisons de sécurité publique.

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Good news, everyone ! Demain sortira le Disney de Noël annuel : Les Mondes de Ralph. On ira le voir, tant le film raconte à merveille la mainstreamisation de la culture pop & geek (l’un des fondamentaux de ce blog). Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.

Penchons-nous plutôt sur les représentations du quotidien que propose le film, en particulier sur la question des mobilités, fortement présentes dans la bande-annonce. On y retrouve en effet toute la normativité de notre inconscient collectif en matière de transports/automobile…

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Et si on réinventait le modèle économique de l’automobile ? Prenons le Free Car Project, dont nous avons récemment chanté les louanges : qui a eu cette idée folle, d’un jour inventer la voiture gratuite ? Réponse : Michael Oualid, qui se présente sur son blog avec cette formule sans équivoque : « je pense que l’Automobile a raté le virage du XXIème siècle. »

Suite à notre publication, contact a été pris avec Michaël, qui a accepté de répondre à quelques questions sur la genèse de son projet, et le regard plus global qu’il porte sur l’évolution des mobilités. Un regard précieux, tant il décrit avec acuité les errances de l’automobile qui l’ont lentement plongée dans l’abysse… et par conséquent, la manière dont on peut l’en sortir.

Pour plus d’informations sur le projet lui-même, on se reportera à l’excellent blog que Michael anime sur Slate, et aux divers interviews qu’il a donné cet été (ici ou ). Encore merci à Michael pour la richesse si rafraîchissante de ses six réponses ! 

Pourriez-vous présenter votre projet en quelques mots ?

La question de départ est la suivante : quelles propositions de réponses pouvons-nous offrir aux constructeurs automobiles, qui dépensent des sommes colossales pour s’enfermer dans des problèmes économiques/écologiques/sociaux/…?

Nos études nous ont amené à nous concentrer sur la SIMPLICITÉ et l’OUVERTURE (à développer, bien sûr). Mais, il se trouve que la SIMPLICITÉ n’est pas très profitable à vendre de façon traditionnelle  C’est pourquoi nous avons dû ensuite développer de nouveaux modèles économiques pertinents. Le plus “extra-ordinaire” étant le FREE CAR PROJECT sur la base de la voiture “populaire”.

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Ce n’est pas la première fois qu’une pub auto se moque de manière plus ou moins tendre à ses « concurrents » (et sûrement pas la dernière). On pensera par exemple aux railleries adressées au vélo dans les décennies précédentes (dans sa version plutôt mignonne mais aussi carrément abjecte), et toujours utilisées par les agences de com’ en panne d’idées neuves (exemple avec cette indigne publicité Chevrolet datant de 2011)

Mais (à notre connaissance) il est plus rare que le marketing auto s’attaque frontalement aux transports en commun. La récente campagne SEAT Mii, déployée en France avec la catchline « Vous seriez mieux en Mii », s’est pourtant positionné sur ce terrain glissant… Inutile de dire qu’on a eu envie d’éclater notre écran (et un publicitaire par la même occasion) quand on l’a découverte.

Cette auto sans-gêne : insultes, subventions, sexisme et pubs de merde…

Non content de s’afficher en couverture du journal gratuit 20 Minutes (distribué dans le métro…) cette semaine, la marque espagnole s’est enorgueilli d’une intelligente campagne in real life imaginée par l’agence Zone France, qui aura connu un certain succès cette semaine :

Pendant deux jours, les parisiens ont été interpellés dans des lieux stratégiques de la capitale par une curieuse invitation. On leur proposait de vivre l’expérience Mii en se rendant à la destination de leur choix au volant de la petite citadine.

Convaincue que la cible visée par la Mii, une clientèle féminine urbaine et active, préférerait se déplacer en Mii que d’attendre le bus sous la pluie ou se retrouver serrer dans les transports en commun, SEAT propose de faire tester sa Mii durant toute une journée en région parisienne.

C’est ainsi que l’on a pu voir par exemple la Mii truster sans vergogne des places de stationnement aux stations Autolib’. De même, on l’a vu aux heures de pointe à la sortie du métro, aux arrêts de bus ou encore dans une file de taxis. Les situations de la vie urbaine ont été détournées pour montrer que la vie, c’est mieux en Mii.

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