Good news, everyone ! Demain sortira le Disney de Noël annuel : Les Mondes de Ralph. On ira le voir, tant le film raconte à merveille la mainstreamisation de la culture pop & geek (l’un des fondamentaux de ce blog). Mais ce n’est pas ce qui nous intéresse ici.
Penchons-nous plutôt sur les représentations du quotidien que propose le film, en particulier sur la question des mobilités, fortement présentes dans la bande-annonce. On y retrouve en effet toute la normativité de notre inconscient collectif en matière de transports/automobile…
Et si on réinventait le modèle économique de l’automobile ? Prenons le Free Car Project, dont nous avons récemment chanté les louanges : qui a eu cette idée folle, d’un jour inventer la voiture gratuite ? Réponse : Michael Oualid, qui se présente sur son blog avec cette formule sans équivoque : « je pense que l’Automobile a raté le virage du XXIème siècle. »
Suite à notre publication, contact a été pris avec Michaël, qui a accepté de répondre à quelques questions sur la genèse de son projet, et le regard plus global qu’il porte sur l’évolution des mobilités. Un regard précieux, tant il décrit avec acuité les errances de l’automobile qui l’ont lentement plongée dans l’abysse… et par conséquent, la manière dont on peut l’en sortir.
Pour plus d’informations sur le projet lui-même, on se reportera à l’excellent blog que Michael anime sur Slate, et aux divers interviews qu’il a donné cet été (ici ou là). Encore merci à Michael pour la richesse si rafraîchissante de ses six réponses !
Pourriez-vous présenter votre projet en quelques mots ?
La question de départ est la suivante : quelles propositions de réponses pouvons-nous offrir aux constructeurs automobiles, qui dépensent des sommes colossales pour s’enfermer dans des problèmes économiques/écologiques/sociaux/…?
Nos études nous ont amené à nous concentrer sur la SIMPLICITÉ et l’OUVERTURE (à développer, bien sûr). Mais, il se trouve que la SIMPLICITÉ n’est pas très profitable à vendre de façon traditionnelle C’est pourquoi nous avons dû ensuite développer de nouveaux modèles économiques pertinents. Le plus “extra-ordinaire” étant le FREE CAR PROJECT sur la base de la voiture “populaire”.
Ce n’est pas la première fois qu’une pub auto se moque de manière plus ou moins tendre à ses « concurrents » (et sûrement pas la dernière). On pensera par exemple aux railleries adressées au vélo dans les décennies précédentes (dans sa version plutôt mignonne mais aussi carrément abjecte), et toujours utilisées par les agences de com’ en panne d’idées neuves (exemple avec cette indigne publicité Chevrolet datant de 2011)
Mais (à notre connaissance) il est plus rare que le marketing auto s’attaque frontalement aux transports en commun. La récente campagne SEAT Mii, déployée en France avec la catchline « Vous seriez mieux en Mii », s’est pourtant positionné sur ce terrain glissant… Inutile de dire qu’on a eu envie d’éclater notre écran (et un publicitaire par la même occasion) quand on l’a découverte.
Cette auto sans-gêne : insultes, subventions, sexisme et pubs de merde…
Non content de s’afficher en couverture du journal gratuit 20 Minutes (distribué dans le métro…) cette semaine, la marque espagnole s’est enorgueilli d’une intelligente campagne in real life imaginée par l’agence Zone France, qui aura connu un certain succès cette semaine :
Pendant deux jours, les parisiens ont été interpellés dans des lieux stratégiques de la capitale par une curieuse invitation. On leur proposait de vivre l’expérience Mii en se rendant à la destination de leur choix au volant de la petite citadine.
Convaincue que la cible visée par la Mii, une clientèle féminine urbaine et active, préférerait se déplacer en Mii que d’attendre le bus sous la pluie ou se retrouver serrer dans les transports en commun, SEAT propose de faire tester sa Mii durant toute une journée en région parisienne.
C’est ainsi que l’on a pu voir par exemple la Mii truster sans vergogne des places de stationnement aux stations Autolib’. De même, on l’a vu aux heures de pointe à la sortie du métro, aux arrêts de bus ou encore dans une file de taxis. Les situations de la vie urbaine ont été détournées pour montrer que la vie, c’est mieux en Mii.
Les liens qui unissent Google et l’automobile sont nombreux, que ce soit directement (la Google Car) ou indirectement (via Google Maps). Mais c’est par un biais tout autre que Google nous amène aujourd’hui à nous interroger sur le futur de l’automobile, et plus précisément de son modèle économique. Sans le savoir, le récent débat qui oppose Google aux médias français illustre parfaitement la manière dont la société réticulaire oblige à repenser les modèles économiques hérités de la société industrielle.
A la base du bras de fer : un projet de loi qui obligerait Google à rémunérer les médias français qu’il indexe dans Google Actualités (et dont il tire une partie de ses revenus publicitaires). Or, de manière significative mais probablement involontaire, Google utilise d’ailleurs un argument « automobiliste » pour illustrer l’absurdité des arguments mis en avant par la presse :
On ne peut que donner raison à Google sur ce point-là. Plus encore, on pourrait même aller plus loin, et proposer l’inverse de la taxe actuellement proposée : à savoir, que la presse rémunère Google pour son rôle de « véhicule » garantissant l’acheminement des internautes vers les médias institutionnalisés (plutôt que la redirection vers des sites-miroirs mieux référencés, par exemple). Autrement dit, d’exiger du restaurateur qu’il rémunère le taxiste lorsque celui-ci lui amène un client (ce qui existe et n’a rien de choquant, si ce n’est le manque de transparence pour le client).
La proposition est volontairement provoc’ dans le contexte actuel, mais elle fait écho à de véritables réflexions qui surgissent aujourd’hui dans le secteur automobile autour du cas de la Free Car, concept innovant et particulièrement stimulant de nouveau modèle économique pour l’automobile :
Jetez donc un oeil aux superbes créations imaginées par le cinéaste Michel Gondry et son équipe pour son adaptation de L’Ecume des jours, de Boris Vian, actuellement en tournage dans Paris. Elles racontent une autre automobile que celle aux contours léchés qu’on nous vend depuis un siècle. Une automobile hackée, bidouillée, bricolée et oui : torturée… mais ne serait-ce pas un juste retour des choses ? ;)
Vous l’avez forcément vue passer : la dernière publicité Mercedes, lancée en grandes pompes le 15 avril dernier, offre au téléspectateur une belle et longue minute de bannières étoilées sur une belle et fadasse bande-son de Kavinsky, violoniste pour l’occasion.
« Stars » : des étoiles en veux-tu en voilà, comme son nom l’indique. Inutile de chercher une explication capillotractée : il n’y a là qu’une allégorie très premier degré du logo de la marque… Vous pourrez toutefois compter sur les publicitaires qui en sont à l’origine pour vendre l’enluminure habituelle :
Révélation cosmic pour l’emblématique marque de voitures allemandes : Mercedes-Benz se lance dans le tuning [sic] de son image de marque avec BBDO Paris en mettant en avant son iconique logo. La fameuse étoile est en effet la source d’inspiration de cette publicité de marque et nous entraîne dans roadtrip 5 étoiles [re-sic] réalisé par l’équipe H5.
Au-delà de ses couleurs chatoyantes, le spot a un grand mérite : servir de « petit précis illustré » des trois-quatre tendances fondamentales du marketing auto en 2012. Autrement dit : amis publicitaires, si vous ne savez pas quoi mettre dans votre prochain spot pour [insérer ici marque de voiture], prenez des notes. C’est facile, et ça tient en cinq points. Récapitulatif, à toutes fins utiles :
[pop]servatoire d'urbanités : études et conseil en prospective urbaine. Cabinet de tendances spécialisé dans les imaginaires de la ville de demain, en particulier numérique.