Archives pour la catégorie “Chroniques des villes agiles”
Parmi les objets emblématiques de la ville moderne, le passage piéton fait figure de parent pauvre de l’innovation, en comparaison des abribus, panneaux signalétiques et autres bancs publics qui inspirent depuis des années la créativité de leurs concessionnaires. Mais l’adage est clair : « on ne change pas une équipe qui gagne », et le zèbre bicolore a depuis trop longtemps prouvé ses vertus pour qu’on s’attaque à le transformer en profondeur.
Pourtant, le passage piéton est un témoin des plus prégnants – et dans le même temps des plus discrets – du règne automobile, dont la ville commence peu à peu à se détacher. Il a en effet une seule et unique vocation, aussi fonctionnelle que symbolique : délimiter, dans l’espace et le temps, la portion de rue allouée au piéton et celle dominée par l’automobile et ses comparses motorisés ; le tout est évidemment légitimé par des questions de sécurité et de prévention. En ce sens, le passage piéton participe d’un cloisonnement de la marchabilité dans l’espace urbain, une « servitude » réservée à ce mode actif sur le territoire de la voiture.

Dans le contexte de la « livable city » nécessairement plus favorable aux modes doux – marche en tête -, et dans la perspective d’une ville plus « agile », le passage piéton se retrouve alors inévitablement sur le devant de la scène. A la fois témoin et possiblement levier d’une « reconquista » de l’espace public par les citadins sur le territoire automobile, le passage piéton mérite ainsi d’accueillir une dose d’innovation bienvenue. Artistes et designers sont les premiers à mettre ce matériau à profit, du plus symbolique au plus concret, afin de déployer les potentiels de cet objet urbain qu’on oublie malheureusement aussi vite qu’on l’a foulé du pied.
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La ville, un espace de travail sur demande ? L’idée n’est pas neuve. Elle peine pourtant à se mettre en place. Ainsi, la « tiercarisation » des espaces urbains se limite pour l’heure à des lieux relativement bien définis : télécentres, cantines, espaces de co-working, voire bureaux partagés et postes de travail en accès réservé pour les firmes mondialisées. Mais il ne s’agit finalement que de multiplier les bureaux « externalisés », dès lors suffisamment bien dispersés dans l’espace de la ville pour répondre aux besoins des travailleurs nomades.
C’est d’ailleurs ce constat qui nous a amené à proposer le néologisme « cubiclitaire » lors de la conférence Chronos « Demain, le travail mobile ? », contraction de cubicle et d’ubiquitaire, décrivant donc le maillage du territoire par des cubicules éparpillés. Si cette « ville cubiclitaire » est une réalité de plus en plus tangible, comme en témoignaient les débats de la journée, qu’en est-il de la « ville open-space », ouverte et collaborative ? Ou pour aller droit au but : comment (et pourquoi) faire de la ville un tiers-lieu géant ?

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[Quatrième décryptage de ce qui fait la ville agile, rédigé pour le Groupe Chronos. On se remonte les manches et on plonge les mains dans le cambouis du mobilier : câbles, infratructures, etc. Comment intégrer l'agilité dans l'ADN de la ville ?]
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Le plus grisant des « villes agiles », c’est de dépasser les morphologies urbaines préexistantes. Plus elles sont rigides, plus les métamorphoses apparaissent remarquables, qu’il s’agisse d’occuper l’espace laissé vacant par l’automobile avec les parklets, d’augmenter la ville en lui greffant des bidouillages inspirés de la culture hacker, ou de détourner des containers tombés en désuétude. Ces exemples présentent deux curiosités (ou encouragements à la créativité des « agilités »). Il s’agit d’abord de propositions éphémères et souvent plus ludiques que fonctionnelles. Au risque de se répéter : « La ville agile doit-elle nécessairement se construire ‘en CDD’ ? » Imposer l’agilité dans l’ADN même de la ville serait autrement plus classe, non ? Ce sera l’objectif de cette quatrième chronique.
L’autre curiosité tient à la malléabilité des objets urbains remodelés : espaces vacants, mobiliers orphelins, etc. Mais que faire lorsque l’on souhaite s’attaquer au mobilier urbain arrimé à la ville ? L’émergence de la ville et numérique (ou « 2.0 », ou « hybride », ou « intelligente », ou « astucieuse », ou « servicielle »… biffez les mentions inutiles !) souligne avec fracas les limites temporelles du mobilier urbain et leur servitude aux infrastructures lourdes (réseaux de transports, de câble, etc.). Si une poubelle – un panneau, un banc public… (biffez… bis) – s’adapte, se transforme, se recycle, la logique est complexe quand il s’agit d’un mobilier voué à s’incruster dans la ville, au même titre que le bâti ou les infrastructures de transport.

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Publié par Philippe Gargov dans Art, Chroniques des villes agiles, Chronos, Déchets, Hacking, Mobilier urbain, Parklet, Renouvellement urbain, Rue, Street-art, tags: Idiocracy /, Skate /
[Troisième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos, consacrées aux pistes créatives qui font "la ville en CDD", la rendant ainsi plus flexible et adaptative face aux mutations de notre temps (un choix par ailleurs discutable). Thème du jour, comme son (fabuleux :D) titre l'indique : pourquoi ne recyclerait-on pas AUSSI les bennes et poubelles qui parsèment la ville ?]
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Qu’on le veuille ou non, les ordures participent du métabolisme des villes, marquées par la société de consommation et sa production exponentielle de déchets plus ou moins dégradables, odorants et nuisibles. Allez à Naples ou Palerme pour mesurer le niveau de dépendance des territoires à leur égard, lorsque les éboueurs se mettent en grève. D’autres images de villes-décharge parsèment l’imaginaire, à l’image de ces stupéfiants quartiers du Caire englués dans les ordures (voire aussi La ville-décharge dans le film Idiocracy, commentée par Nicolas Nova).
Ce rôle majeur devrait placer la poubelle – elle s’analyse somme toute comme un mobilier urbain -, au coeur des réflexions de la ville. Pourtant, peu d’acteurs urbains s’intéressent à cette question, sinon sous un angle logistique qui ne nous intéresse guère ici. Si la question des déchets eux-mêmes a été exploitée dans quelques productions architecturales et urbanistiques (cf. L’utopie du dépotoir), leurs « récipients » n’ont pas connu le même succès. Il y aurait pourtant beaucoup à en dire, et encore davantage à en faire dans le cadre de la mutation « agile » des espaces urbains.

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Deuxième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos consacrées aux pistes créatives qui rendent la ville moins figée. Après les parklets, place au soft-power du « hacking urbain » qui s’insère dans les interstices de la gouvernance urbaine.
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Suite des chroniques consacrées aux villes plus « agiles », c’est-à-dire évolutives et adaptatives en fonction des besoins, ressources et usages qui y fluctuent. Chronos évoquait à propos des parklets « l’aggiornamento » d’un système urbain fort de sa capacité de « résilience« … Ce n’est pas toujours aussi simple. S’il est désormais envisageable de confisquer des portions de l’espace automobile pour les offrir aux piétons, d’autres transformations de la ville sont contrariées.

Inertie d’un système urbain trop complexe, jeux d’acteurs ou de pouvoirs, poids du bâti ou des mentalités brident l’agilité des territoires. Les « hackeurs » de la ville y voient une motivation pour redoubler de créativité. Aux parklets du mois dernier répond donc ce mois-ci le « hacking urbain », moins visible mais tout aussi pertinent. De quoi le hacking urbain est-il le nom ?
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A citadins agiles, territoires agiles ! Face aux multiples crises qui l’assaillent, les villes s’adaptent pour développer de nouvelles morphologies évolutives. Afin de comprendre ces mutations souvent discrètes, mes amis et formateurs du Groupe Chronos accueilleront régulièrement mes « chroniques des villes agiles » concoctées spécialement pour eux. Premier épisode aujourd’hui, consacré aux succès des « parklets » outre-atlantique… et qui sait, bientôt en France ?
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C’est LA tendance urbaine du moment : les « parklets » font depuis peu leur entrée dans le vocabulaire médiatique et urbanistique. Un nom de baptême qui atteste de leur démocratisation, à San Fransisco ou ailleurs, après quelques années de tâtonnements autour d’initiatives précurseurs – dont le PARK(ing) Day est certainement le représentant le plus connu. Que sont exactement ces fameux parklets ? Et surtout, pourquoi sont-ils devenus à la fois symbole et héraut d’une ville plus agile ?
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