Archives pour la catégorie “Métro”

Le monde souterrain incarne, dans notre culture, l’imaginaire topographique déprécié par excellence. A quel moment de l’Histoire l’homme a-t-il décidé de lui coller cette mauvaise réputation ? Peut être à l’époque de la grande invention de la peur du noir, ou bien depuis qu’on y entrepose nos morts pour l’éternité ? Les images terrifiantes, véhiculées par l’Enfer orphéen, biblique et dantesque, en sont évidemment en grande partie responsables… L’objectif ici n’est toutefois pas d’historiciser cette croyance sociale, mais plutôt de revenir sur ses représentations et ses usages. Tout ce qu’on peut en dire a priori, c’est que menace et sentiment de danger ne sont jamais bien loin des carrières et autres voix ferrées abandonnées. Et pourtant, pratiques urbaines populaires et urbanisme sont apparemment en voie de réhabiliter ces imaginaires…

Une pop-culture friande de recoins obscurs

Les univers fictifs – de tous supports – regorgent d’espaces souterrains, et ceci quels que soient le ton de l’intrigue ou les origines de son créateur. Véritable topos de la culture populaire, le souterrain reflète l’un des lieux fantasmagoriques les plus exploités par l’imaginaire collectif. Refuge criminel ou militaire, huit-clos infesté de monstruosités, hospice survivaliste ou résistant, sanctuaire du passé, passage obligé du parcours héroïque, réserve matérielle inépuisable, berceau d’expériences ésotériques ou encore cité aurifère puissante… La fantaisie, ancienne comme moderne, s’arrange toujours pour donner une place de choix aux motifs de la grotte, cave, oubliette et autre tunnel.

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Dungeon Keeper, l’un des premiers jeux dans lequel vous jouez une entité du mal. Du coup, votre antre s’apparente forcément à des souterrains !

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C’est en errant sur Twitter la semaine dernière que nous sommes tombés sur une énième conversation lancée par la blogueuse étiquetée “féministe” (ce n’est pas son unique engagement), Mar_Lard. Les débats auxquels elle participe sur les réseaux sociaux soulèvent bien souvent des questions piquantes de discrimination. Cette fois, la discussion abordait plus ou moins directement un bouquet de thèmes qui nous sont chers tels que la place des femmes dans l’espace public, et plus précisément les incivilités teintées de machisme.

La polémique est partie de remarques sur les codes sociaux sexistes attribués à certains gestes du quotidien : les femmes se tiennent les jambes croisées, les hommes les jambes écartées. Pour faire simple, un homme croisant les jambes est catalogué “efféminé” depuis la petite école ; une femme se tenant les jambes écartées est jugée ou bien “masculine” (vulgaire) ou bien “aguicheuse” (surtout si elle porte une jupe)… Les messages qui s’en sont suivis ont alors pointé du doigt une question qui nous concerne plus directement : celle des incivilités dans les transports publics. [Voir une sélection de tweets ici]

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Le quai de métro fait partie de ces innombrables objets urbains sur lesquels l’innovation ne se penche que trop rarement. Il y aurait pourtant fort à faire dans ces espaces tellement spécifiques, et dans le même temps particulièrement génériques (quelques exemples à travers le monde). Parce qu’ils sont une sorte de rue à l’échelle réduite, les quais de métro se révèlent en effet d’intéressants laboratoires pour inventer l’espace public urbain de demain. Encore faut-il se pencher d’un peu plus près sur ces quais, qui traversent les décennies sans jamais prendre de rides.

Droit d’inventaire

Le quai de métro se prête volontiers à l’innovation. Le grand nombre de contraintes qui pèsent sur ces portions de territoire explique cela : espace souterrain et particulièrement restreint, dangerosité des voies, densité de population et variabilité de l’affluence… autant de facteurs qui obligent à trouver des solutions toujours plus créatives.

State St. Subway Chicago (1941)

Pour mieux le comprendre, il apparaît nécessaire de faire l’inventaire de tous les équipementsqui parsèment un quai de métro, des plus rigides (compteurs électriques, téléphones de sécurité, panneaux d’informations…) aux plus agiles (distributeurs de boissons, poubelles…), en passant par le mobilier évolutif et potentiellement modulable (bancs et sièges à l’empreinte variable, installations éphémères…). A chacun de ces équipements correspond en effet un problème précis, auquel répond une solution innovante.

 Lire la suite sur Demain la ville, le blog urbain de Bouygues Immobilier

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Plus qu’une affaire de services, la vie mobile c’est du libre-service. Les systèmes VLS (vélos en libre-service) copiés par l’automobile ont élargi le spectre des mobilités. Ces offres, désormais à maturité, accueillent leur lot d’itérations servicielles. A Boston, les bornes VLS s’assortiront bientôt de bornes de casques en libre-service, une initiative propre à rassurer les moins cyclophiles. L’extension du domaine du distributeur est-il un signal faible pour des mobiliers urbains de mobilités ?

Le concept n’est pas neuf et, depuis les distributeurs accompagnent depuis longtemps le nomadisme. Si vous en doutez, faites un saut en terre nippone, patrie de l’automate, pour vous en convaincre. En Occident, les lieux de transit les multiplient, sous couvert de distribuer des tickets, des canettes ou des barres chocolatées. Dans le courant des années 2000, ces distributeurs alimentaires ont tenté de coloniser les rues. Le succès fut relatif. Trop avant-gardistes, peut-être ?

Lire la suite sur Trajectoires Fluides, le blog du Groupe Chronos.

Retrouvez aussi les précédentes Chroniques des villes agiles.

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Rêveries d’un passager solitaire. Existe-t-il poésie plus délicate que cette chorégraphie métallique, savamment exécutée par l’acrobate Autumn Burnette ?

La liste des onirismes ès transports publics ne cesse de s’allonger. De quoi fourbir quelques armes supplémentaires pour résister au chant des sirènes automobiles.

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Ce n’est pas la première fois qu’une pub auto se moque de manière plus ou moins tendre à ses « concurrents » (et sûrement pas la dernière). On pensera par exemple aux railleries adressées au vélo dans les décennies précédentes (dans sa version plutôt mignonne mais aussi carrément abjecte), et toujours utilisées par les agences de com’ en panne d’idées neuves (exemple avec cette indigne publicité Chevrolet datant de 2011)

Mais (à notre connaissance) il est plus rare que le marketing auto s’attaque frontalement aux transports en commun. La récente campagne SEAT Mii, déployée en France avec la catchline « Vous seriez mieux en Mii », s’est pourtant positionné sur ce terrain glissant… Inutile de dire qu’on a eu envie d’éclater notre écran (et un publicitaire par la même occasion) quand on l’a découverte.

Cette auto sans-gêne : insultes, subventions, sexisme et pubs de merde…

Non content de s’afficher en couverture du journal gratuit 20 Minutes (distribué dans le métro…) cette semaine, la marque espagnole s’est enorgueilli d’une intelligente campagne in real life imaginée par l’agence Zone France, qui aura connu un certain succès cette semaine :

Pendant deux jours, les parisiens ont été interpellés dans des lieux stratégiques de la capitale par une curieuse invitation. On leur proposait de vivre l’expérience Mii en se rendant à la destination de leur choix au volant de la petite citadine.

Convaincue que la cible visée par la Mii, une clientèle féminine urbaine et active, préférerait se déplacer en Mii que d’attendre le bus sous la pluie ou se retrouver serrer dans les transports en commun, SEAT propose de faire tester sa Mii durant toute une journée en région parisienne.

C’est ainsi que l’on a pu voir par exemple la Mii truster sans vergogne des places de stationnement aux stations Autolib’. De même, on l’a vu aux heures de pointe à la sortie du métro, aux arrêts de bus ou encore dans une file de taxis. Les situations de la vie urbaine ont été détournées pour montrer que la vie, c’est mieux en Mii.

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