Archives pour la catégorie “Mobile”

Mais c’est quoi, le mobilier urbain de la ville numérique ? Épineuse question. Est-ce la l’invention d’un mobilier inédit et communiquant, donc « forcément » intelligent ? Ou plutôt la réinvention du mobilier existant, par le truchement du digital ou mieux, du hacking urbain ? Evidemment, notre vision de la ville astucieuse nous fait préférer ces deux dernières options. Pour autant, faut-il refuser tout mobilier urbain innovant ? Evidemment que non, surtout quand celui-ci allie poésie et simplicité d’usage.

C’est le cas d’iGirouette, porté par l’agence Biin. On a eu la chance de rencontrer son fondateur Vincent Autin au détour d’une conférence namuroise ; on lui a donc posé quelques questions sur le projet iGirouette, ses origines et ses finalités. Avec, en fond, cette interrogation : mais putain, qu’est-ce qui fait marcher la ville numérique ?

En quelques mots, pourriez-vous présenter le projet iGirouette ?

Il s’agit d’un dispositif composé d’un mât surmonté de deux à quatre flèches. Chaque flèche est indépendante et motorisée. Le dispositif est connecté à internet et sait diffuser une information contextualisée (géolocalisation, événements, manifs, etc.), au bon moment et au bon endroit.

Il est associé à un logiciel — en réalité deux (dispositif et serveur). Le logiciel vient lire plusieurs sources d’information : des réseaux sociaux (Twitter et Yelp par exemple), des services (association de commerçants, service communication municipal, Vélib’, transport en commun, etc.) ou encore à des bases OpenData. En fonction de l’information, le logiciel sait distribuer l’information en fonction de son contexte au bon dispositif, et au bon moment. Tout ceci se fait de manière autonome et en temps-réel : le dispositif ne requiert pas une action particulière pour fonctionner.

iGirouette est une vraie signalétique intelligente, permettant par exemple d’orienter des flux de personnes. Et surtout, elle relève la tête des personnes de leurs smartphone :-)

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Parce que c’est tout nouveau, tout beau, tout chaud.

Présenté cette nuit à l’E3 (le grand raout annuel du jeu vidéo), le dernier né d’Ubisoft Montréal est une véritable petite claque, s’inscrivant de plain pied dans les enjeux contemporains de la ville numérique : de la donnée personnelle à la traçabilité  intrusive des individus ; du smart grid au monitoring généralisé des infrastructures urbaines ; sans oublier la sousveillance citoyenne,  réaction naturelle à cette ville intelligente aux propensions totalitaires.

C’est certes (très) caricatural, mais c’est l’entertainment qui veut ça… Et ça marche plutôt très bien :

Trailer de Watch Dogs (Ubisoft – date de sortie inconnue)

S’il ressemble, au premier abord, à un GTA-like assez traditionnel (une ville photo-réaliste, ici modélisée sur Chicago, dans laquelle il est possible de pérégriner librement à pied ou en volant des voitures), le jeu s’agrémente d’un concept central qui ravira tous les amateurs de ville numérique, et D. sait qu’on est nombreux :

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L’autopsie des publicités pour smartphones et tablettes Samsung continue ! Après avoir décortiqué l’ambivalent idéal urbain que promeuvent ces spots (c’est un euphémisme), intéressons-nous cette fois au rapport qu’elles entretiennent avec les écrans eux-mêmes, plongés dans une contexte urbain qu’ils finissent pas concurrencer… Un décryptage loin d’être anodin, car à l’instar de M. Jourdain : le marketing Samsung fait de la prospective urbaine sans le savoir, et c’est bien là son plus grand intérêt.

Tout est subtilement résumé dans cette première publicité pour la tablette Galaxy Tab (encore elle). Si le spot invite à focaliser son regard sur l’écran, placé au centre à la manière d’un first person shooter, le décor urbain des premières secondes mérite que l’on s’y attarde. Partant d’un environnement de quartier d’affaires traditionnel, on atterrit ainsi dans un décor aux allures vintage voire anachroniques.

Outre le filtre pastel dont je ne comprends pas franchement l’utilité, c’est surtout le tramway séculaire, les voitures de collection et même le look preppy-retro des passants qui retiennent l’attention.

Pourquoi présenter une technologie « de pointe » (réalité augmentée, géolocalisation, etc.) dans un décor à ce point suranné ? S’agit-il de souligner le caractère innovant de la tablette, par comparaison avec l’environnement dans lequel elle s’inscrit ? Si c’est le cas, admettons que c’est loin d’être subtil… voire contre-productif ? En effet, de là à n’y voir qu’une vaine tentative de faire diversion pour masquer le peu d’innovation de ladite tablette, il n’y a qu’un pas – que je ne évidemment franchirai pas…

Mais le plus intriguant dans ce décor réside dans sa volonté à nous faire croire qu’il s’agit de New York. Alors qu’habituellement, les publicitaires se contentent de quelques taxis jaunes ou d’un plan sur l’entrée d’un métro, facilement identifiables, le spot choisi ici d’afficher son identité territoriale grâce aux panneaux indiquant la direction de Broadway ou Central Park.

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Peu de campagnes publicitaires réussissent à véritablement décrire avec (im)pertinence le monde urbain qui les entoure, dans ses infimes complexités, de manière consciente ou non. En termes de marketing automobile, j’avais déjà souligné les qualités des spots Nissan Qashqai, malgré leur discours vicieusement subversif. Hors du secteur auto, de telles campagnes sont malheureusement plus difficiles à trouver. Nombreux sont les spots qui mettent la ville en scène (exemples ici ou ), mais peu dépassent le « one-shot », ne permettant donc pas d’illustrer de manière globale les dernières tendances urbaines.

Les récents spots Samsung (notamment pour la tablette Galaxy Note, mais aussi pour le smartphone Galaxy), font partie de ces raretés qu’il convient de décortiquer. Non pas pour leurs qualités intrinsèques, mais pour la foule de détails qui contribuent à raconter une certaine réalité du paysage urbain contemporain… mais aussi à la légitimer, pour le meilleur et pour le pire.

Ce ne sera pas exactement l’objet de ce billet, mais il convient de discuter cet effet performatif de la publicité, qui témoigne d’un côté d’une tendance émergente, et dans le même temps l’impose dans l’imaginaire collectif. Ou, comme l’écrivait Greimas : « La figurativité n’est jamais innocente« …1

Il ne s’agira pas non plus de critiquer les publicités ou leurs publicitaires, mais d’analyser ce qu’elles racontent de la ville, et c’est cela qui pourra être critiqué. Décryptages en quatre spots commentés (une seconde partie suivra, consacrée à d’autres spots récents de la même marque, proposant une vision parallèle).

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Au départ, ce n’est qu’une pub de plus, pour un smartphone de plus, probablement entrevue au détour d’une émission hautement intellectuelle. On y jette quand même un oeil, par acquis de conscience professionnelle : parce que la vie mobile est l’un des sujets fondamentaux de ce blog, et la publicité l’une de ses matières premières. On se retrouve alors devant cette pub particulièrement fade, au scénario éculé : un cadre sup’ doit aider un collègue à faire une présentation à distance, depuis son smartphone-tablette, afin de prouver les capacités techniques de l’appareil. Booooooring. Et puis, au détour d’une image, un détail attire l’oeil expert, jamais en sommeil malgré la platitude du spot.

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  1. merci @ehooge pour la piqure de rappel ! []

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Oh bah tiens, coïncidence sympathique. La semaine dernière, je proposais de renverser la définition actuelle de la ville numérique, en remplaçant le fantasme de la « ville intelligente » (smart city) par l’objectif, plus prosaïque, d’une « ville astucieuse » (clever city). Un glissement sémantique qui traduit un certain malaise vis-à-vis de la vision techno-centrée que nous proposent les acteurs du numérique, et qu’il devient à mon sens urgent de rectifier…

Et voilà que je tombe, en revenant d’Angers, sur ces publicités pour ZTE, opérateur fraîchement débarqué de Chine dans le marché français de la téléphonie mobile. Rien de folichon dans cette campagne assez sobre, mais un choix des termes relativement intéressant. Le slogan anglais « Smart phones for smart people » est traduit par « Des téléphones multimédias pour gens malins ». Mais surtout, les encarts soulignent subtilement que ce n’est pas le smart qui fait la ville intelligente, mais la capacité de « l’homme-cyborg » à y naviguer de manière autonome.

On connait l’influence de la publicité sur nos perceptions. Faut-il y voir l’amorce d’une évolution dans le regard que nous portons sur la fameuse « ‘intelligence du numérique » ? C’est embryonnaire, mais pourquoi pas…!

[ Billet sponsorisé par la #dansedesmots ]

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Vous avez tous vu cette scène dans un film ou une série des années 90-2000 : un personnage profite du départ de son interlocuteur pour tenter de voler des documents confidentiels sur une clé USB. Vous l’avez en tête ? Eh bien souvenez-vous en, car elle ne devrait bientôt plus apparaître sur vos écrans. J’en prends pour témoin la grandiose fresque française Plus Belle La Vie, et plus précisément l’épisode de mardi dernier (10/02/11).

On y découvre le sourcilleux Frémont (un méchant) profitant furtivement du départ de son interlocutrice pour télécharger à son insu des documents… depuis son mobile vers le sien ! (grâce à une application de type Bump qui permet l’échange de data par simple contact entre les deux appareils)

Anecdotique ? Pas tant que ça. Comme je l’expliquais à propos d’une scène de la série Community, on assiste ici au remplacement d’un imaginaire visuel (la clé USB) par un autre (le mobile), témoignant d’un changement de paradigme dans les usages désormais bien connu : le mobile est devenu, en quelques années à peine, le pivot central de nos mémoires numériques (cf. Bruno Marzloff). Vive l’homme-cyborg !

Cela est d’autant plus vrai que Plus Belle La Vie est une série bien plus « mainstream » que Community, et se doit donc de refléter les pratiques réelles de la population (et non pas celles de quelques urbains trop connectés ^^). Riche d’enseignements, donc… (ou comment justifier ses goûts douteux en matière de séries :D)

Pour les plus courageux qui voudraient regarder l’épisode en entier, cliquez ici, la scène en question est à 20’20 environ ;-)

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Ce billet est évidemment dédicacé à celles et ceux que j’ai épuisé en tentant de leur expliquer pourquoi PBLV était une série snob et hipster qui méritait d’être défendue :D Ainsi qu’à Edwd, sans qui je n’aurais pas vu cet épisode ; je ne suis pas aussi fidèle que lui, faut pas abuser !

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