Archives pour la catégorie “Partages”
Et si on réinventait le modèle économique de l’automobile ? Prenons le Free Car Project, dont nous avons récemment chanté les louanges : qui a eu cette idée folle, d’un jour inventer la voiture gratuite ? Réponse : Michael Oualid, qui se présente sur son blog avec cette formule sans équivoque : « je pense que l’Automobile a raté le virage du XXIème siècle. »
Suite à notre publication, contact a été pris avec Michaël, qui a accepté de répondre à quelques questions sur la genèse de son projet, et le regard plus global qu’il porte sur l’évolution des mobilités. Un regard précieux, tant il décrit avec acuité les errances de l’automobile qui l’ont lentement plongée dans l’abysse… et par conséquent, la manière dont on peut l’en sortir.
Pour plus d’informations sur le projet lui-même, on se reportera à l’excellent blog que Michael anime sur Slate, et aux divers interviews qu’il a donné cet été (ici ou là). Encore merci à Michael pour la richesse si rafraîchissante de ses six réponses !

Pourriez-vous présenter votre projet en quelques mots ?
La question de départ est la suivante : quelles propositions de réponses pouvons-nous offrir aux constructeurs automobiles, qui dépensent des sommes colossales pour s’enfermer dans des problèmes économiques/écologiques/sociaux/…?
Nos études nous ont amené à nous concentrer sur la SIMPLICITÉ et l’OUVERTURE (à développer, bien sûr). Mais, il se trouve que la SIMPLICITÉ n’est pas très profitable à vendre de façon traditionnelle C’est pourquoi nous avons dû ensuite développer de nouveaux modèles économiques pertinents. Le plus “extra-ordinaire” étant le FREE CAR PROJECT sur la base de la voiture “populaire”.
Lire la suite »
Un commentaire »
Publié par Philippe Gargov dans Auto, Humeurs, Métro, Partages, Publicité, Vélo, Violence, tags: Clara et moi /, Nissan /, SEAT /, Transilien /
Ce n’est pas la première fois qu’une pub auto se moque de manière plus ou moins tendre à ses « concurrents » (et sûrement pas la dernière). On pensera par exemple aux railleries adressées au vélo dans les décennies précédentes (dans sa version plutôt mignonne mais aussi carrément abjecte), et toujours utilisées par les agences de com’ en panne d’idées neuves (exemple avec cette indigne publicité Chevrolet datant de 2011)
Mais (à notre connaissance) il est plus rare que le marketing auto s’attaque frontalement aux transports en commun. La récente campagne SEAT Mii, déployée en France avec la catchline « Vous seriez mieux en Mii », s’est pourtant positionné sur ce terrain glissant… Inutile de dire qu’on a eu envie d’éclater notre écran (et un publicitaire par la même occasion) quand on l’a découverte.

Cette auto sans-gêne : insultes, subventions, sexisme et pubs de merde…
Non content de s’afficher en couverture du journal gratuit 20 Minutes (distribué dans le métro…) cette semaine, la marque espagnole s’est enorgueilli d’une intelligente campagne in real life imaginée par l’agence Zone France, qui aura connu un certain succès cette semaine :
Pendant deux jours, les parisiens ont été interpellés dans des lieux stratégiques de la capitale par une curieuse invitation. On leur proposait de vivre l’expérience Mii en se rendant à la destination de leur choix au volant de la petite citadine.
Convaincue que la cible visée par la Mii, une clientèle féminine urbaine et active, préférerait se déplacer en Mii que d’attendre le bus sous la pluie ou se retrouver serrer dans les transports en commun, SEAT propose de faire tester sa Mii durant toute une journée en région parisienne.
C’est ainsi que l’on a pu voir par exemple la Mii truster sans vergogne des places de stationnement aux stations Autolib’. De même, on l’a vu aux heures de pointe à la sortie du métro, aux arrêts de bus ou encore dans une file de taxis. Les situations de la vie urbaine ont été détournées pour montrer que la vie, c’est mieux en Mii.
Lire la suite »
2 commentaires »
Erotic City
If we cannot make babies
Maybe we can make some time
Fuck so pretty, U and me
Erotic City come alive
La ville érotique prend vie, chantait Prince en 1989. Malheureusement, près de 20 ans plus tard, force est de constater que la ville érotique peine à jouir de tout son potentiel. Nous en avions déjà parlé, dans un article en forme de manifeste, plaidant pour l’introduction d’une nouvelle discipline dans la fabrique de la ville : la masturbanité, ou le « réenchantement de l’espace urbain grâce à la valorisation de l’érotisme inhérent à la ville » (cf. Glossaire).
Une ambition que l’on jugera louable ou critiquable, mais qui a le mérite de faire débat. La masturbanité s’impose ainsi, avec la thanatopraxie ou d’autres imaginaires à (ré)inventer, comme un « objet de controverse » susceptible de stimuler la créativité urbaine. Et logiquement, quand le sujet arrive sur la table, une question revient toujours : « Pourquoi ?« . Question légitime, évidemment, à laquelle je ne peux que répondre : « Et pourquoi pas ?«
Face à la panne d’imaginaire qui frappe la prospective urbaines, l’exploration de telles « terrae incognitae » peut faire sens, et servir de déclic à d’autres morphologies urbaines… (cf. la triforce de la ville astucieuse)
Après tout, la ville a été conçue et façonnée en fonction de certains besoins/intérêts considérés comme prioritaires : se loger, travailler, consommer… mais jamais n’a été véritablement pensée la question du sexe, du désir sexuel et de son assouvissement libidineux.

« la force séminale de Microtokyo forever ! Charpennes, Villeurbanne »
{ Lire la suite ? }
Pas de commentaire »
Intéressante réflexion sur les nouveaux imaginaires de la mobilité adolescente, à lire sur Grist (via @ehooge). Rebondissant sur un article du New York Times, l’auteure y déclame sa flamme pour le bus avec un titre intriguant : « Les bus, nouveaux véhicule de la jeunesse rebelle », faisant écho au film Génération rebelle (Dazed & Confused, 1993), qui prend place dans les années 70, et présente la voiture comme l’objet adolescent de référence qu’elle était à l’époque.
Malheureusement, le texte se révèle n’être au final qu’une odelette assez proprette sur les transports publics ; une relecture assez candide des vertus des alternatives à l’auto individuelle, désormais largement partagée. Ce n’est qu’en conclusion que la « rébellion » refait son apparition :
“Taking the metro is like the raft in Huck Finn. You can be as fucked up or loud or smell-like-dog-piss or opinionated or personal or philosophical as you want to and no one can do anything about it.”
[Traduction personnelle] « Prendre le métro, c’est comme prendre le radeau de Huckleberry Finn. Tu peux être aussi barré ou braillard ou puant la pisse ou buté ou dans ta bulle ou philosophique que tu le souhaites, et personne ne peut rien y faire. »
C’est là toute l’essence des transports en commun. Prendre le métro ou le bus (voire les mobilités en partage), ce n’est pas seulement effectuer un geste altruiste pour sauver la planète, ni même pour « parcourir son territoire d’une manière neuve » – même si cela en fait évidemment partie. Pénétrer un transport en commun, c’est se projeter avec plus ou moins d’agressivité dans l’intimité de l’autre… et accepter en retour la perméabilité de sa propre intimité, avec toutes les frictions que cela implique et qu’il faut s’obliger à accepter (sur la question du voyeurisme, jetez un oeil au projet dodeliner…).

{ Lire la suite. }
Pas de commentaire »
La ville, un espace de travail sur demande ? L’idée n’est pas neuve. Elle peine pourtant à se mettre en place. Ainsi, la « tiercarisation » des espaces urbains se limite pour l’heure à des lieux relativement bien définis : télécentres, cantines, espaces de co-working, voire bureaux partagés et postes de travail en accès réservé pour les firmes mondialisées. Mais il ne s’agit finalement que de multiplier les bureaux « externalisés », dès lors suffisamment bien dispersés dans l’espace de la ville pour répondre aux besoins des travailleurs nomades.
C’est d’ailleurs ce constat qui nous a amené à proposer le néologisme « cubiclitaire » lors de la conférence Chronos « Demain, le travail mobile ? », contraction de cubicle et d’ubiquitaire, décrivant donc le maillage du territoire par des cubicules éparpillés. Si cette « ville cubiclitaire » est une réalité de plus en plus tangible, comme en témoignaient les débats de la journée, qu’en est-il de la « ville open-space », ouverte et collaborative ? Ou pour aller droit au but : comment (et pourquoi) faire de la ville un tiers-lieu géant ?

Lire la suite sur Trajectoires Fluides, le blog du Groupe Chronos
-
Retrouvez aussi les précédentes chroniques :
Pas de commentaire »
[Note de Philippe G. : nouveau contributeur invité sur ce blog, merci d'accueillir Adrien Saumier (@adsaum), qui se définit lui-même comme "Francilien du Grand Paris, militant écolo (Verts puis EELV) depuis 2000, et amoureux de science-fiction ; urbain, donc aime imaginer la ville de demain".
L'idée de ce crosspost est venue de la lecture d'un de ses billets sur "la revanche du piéton-cyborg", un sujet très 'pop-up' que je n'ai paradoxalement pas du tout traité ici (je laisse la main à Transit-City)... Adrien a gentiment accepté ma proposition de republication, et c'est sa sa tribune rédigée sur Novo Ideo que je reprends ici.
Vous serez en terrain connu, oscillant entre ville agile et ville augmentée, mais avec un autre regard que le mien . Je ne partage d’ailleurs pas forcément tous ses avis (notamment sur la réalité augmentée), mais c’est justement ce qui fait l’intérêt de la republication… d’autant plus qu’elle offre un regard clair et précis sur le sujet. Bonne lecture !]
-
Tentons une prospective à court et moyen termes des évolutions possibles de la ville. Pas de grande révolution, mais des petites touches, des évolutions, des inventions qui changent l’univers urbain en profondeur.
Parlons du piéton dans un premier temps, injustement oublié dans les prospectives habituelles qui se concentrent souvent sur les transports motorisés. Enchaînons ensuite sur une série d’innovations pour « hacker » la ville.
Le piéton augmenté, ou piéton 2.0
Avec la fin du pétrole bon marché, on peut raisonnablement espérer la fin des voitures individuelles d’une tonne au sein des villes. Les petits véhicules devraient devenir roi et surtout, surtout, le piéton reprendre sa suprématie. Mais pas comme il y a 150 ans, car l’électronique, la robotique et les Japonais sont passés par là.
Le piéton est souvent le grand oublié des politiques de déplacement urbain. Les ingénieurs, urbanistes et politiques pensent aux routes et à la chaussée (tout le temps), aux pistes cyclables (de temps en temps), aux voies de bus (parfois). Mais il arrive souvent que pendant les aménagements voire après les travaux le piéton soit contraint à de grands détours, à cause d’un rond-point, à cause d’un passage piéton 20 mètres en contrebas d’un carrefour, de double-sens exotiques… Même si la tendance s’inverse quelque peu depuis une dizaine d’années (voies piétonnes, zones 30…).
En 2008, un article d’Ecopolit par Antoine Astruc annonçait la revanche du piéton, et donnait trois objectifs pour une ville agréable, accessible et désirable pour les piétons :
- Se donner comme objectif de rendre toute la ville accessible au piéton.
- Admettre que le piéton est un très bon moyen de se déplacer.
- Assumer le fait qu’une telle politique risque de changer la ville.
Nul besoin de modification massive de Plan de déplacement urbain (PLU) ou de concours international d’architectes-sur-le-retour à lancer, il s’agit simplement de prendre en compte la manière la plus écologique et économique de se déplacer : trottoirs accessibles PMR (personnes à mobilité réduite) partout y compris en périphérie, chemins pensés pour le piéton en premier lieu, densification de la ville, itinéraires rendus agréables en évitant les no man’s land désagréables à traverser…
Cependant, avec une Europe qui vieillit, ainsi que les normes d’accessibilité toujours plus drastiques, n’est-il pas illusoire de rendre toute la ville accessible et assez dense pour penser se passer de véhicules motorisés ?
La revanche du piéton cyborg

Une nouvelle technologie est apparue récemment : la « cybernic », mélange de cybernétique, de robotique. Elle fera (re)marcher des personnes qui ne peuvent pas, ou plus. Et réconciliera les impératifs de déplacements urbains doux et les normes d’accessibilité.
{ Cliquer ici pour lire la suite et débattre dans les commentaires. }
Pas de commentaire »
|
|