Archives pour la catégorie “Urbanité”
[Après une première tribune sur la performativité des urbanités, le géographe Benoît Vicart s'attaque cette fois... à leur urbanité, en mobilisant son expérience africaine pour l'occasion. On a coutume de parler de « mobilités urbaines », y compris sur ce blog, sans forcément s'interroger sur ce que recouvrent les paradoxes d'un tel nom de baptême. C'est désormais chose faite !]
Dans la continuité de notre précédente tribune, il semblait indispensable de lancer une réflexion théorique sur les liens qui unissent ville et mobilité. Car la mobilité a ceci de particulier qu’elle est un objet essentiellement « urbain », en tout cas très généralement perçu comme tel. L’évolution de cet objet s’est fait parallèlement au développement de la ville comme objet d’étude : d’abord, on a commencé à voir la mobilité à travers la ville, puis la mobilité fut peu à peu mobilisée pour aborder la ville.

Surtout, le développement des problématiques liées à la mobilité a notamment contribué à la remise en question des typologies classiques en géographie, à savoir la distinction ville/campagne. Le développement de nouvelles pratiques, de nouvelles réalités sociales, et surtout le développement d’une nouvelle forme d’organisation, l’organisation réticulaire, a particulièrement mis à mal l’approche classique de la ville, et entraîné une remise en question de notions de base (en particulier celle de « territoire »).
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[Tribune de haut vol par Benoît Vicart, géographe et donc ex-compagnon d'infortune, qui nous avait déjà fait part des étrangetés de l'urbanité namibienne...]
La ville est une réalité politique (autorités locales, etc.), économique (les fameuses fonctions urbaines), morphologique (verticalité, densité). Mais l’urbain ? La définition est vague : « ce qui se rapporte à la ville ». Or, la question fondamentale en sciences sociales, c’est de mettre des réalités derrière ce terme, cette notion vague. Il est absolument essentiel de se poser la question de la nature exacte de ce sur quoi on travaille. L’urbain est désormais indissociable de représentations, de pratiques, de discours, qui interagissent avec les bases conceptuelles des sciences sociales : toujours, la ville a été utilisée comme métaphore de la société.
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[ Avant-propos : premier épisode d'une sixologie hebdomadaire consacrée aux liens entre ville et jeux vidéo, et plus précisément de ce que leur décryptage nous apprend sur les grandes tendances de l'urbanité contemporaine... Article original à lire ici, la suite la semaine prochaine ! ]
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« La ville de demain, baignant dans le numérique, sera telle un jeu massivement multijoueur » : la formule est de Jean-Louis Missika, adjoint au maire de Paris en charge de l’innovation. Prononcée lors d’une conférence sur les « futurs possibles » de l’urbanisme [ndlr : à laquelle l’auteur participait], elle résume à merveille la prégnance du jeu vidéo dans l’imaginaire urbain contemporain. Durablement marquée par l’essor presque brusque des technologies, la ville se cherche aujourd’hui une (re)définition de ses contours, de ses limites et de ses projections. Et donc, aussi, de nouveaux imaginaires face à la « panne de créativité » de la prospective contemporaine.

Les vases communiquants de l’imaginaire urbain
C’est ici qu’interviennent – entre autres – les jeux vidéo, qui tirent leur légitimité d’une proximité évidente avec cette « culture numérique » qui irrigue la ville, parfois au travers du jeu vidéo lui-même. Dès lors, le décryptage des représentations urbaines dans les jeux vidéo apparaît comme le socle commun d’un nécessaire partage d’imaginaires entre ces deux médias que sont la ville et le jeu vidéo. Mieux, la valorisation des propositions les plus innovantes, décalées ou pertinentes, permettra peut-être de dévoiler de nouvelles pistes créatives pour alimenter la fabrique de la ville, contemporaine et future. Ce sera l’objectif de ces six chroniques, qui viendront décortiquer le paysage vidéoludique au prisme de cette ville protéiforme qui l’a tant inspiré. Une manière de lui rendre la pareille, en devenant la muse d’une ville renouvelée, dans laquelle chacun pourra enfin se projeter.
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Qu’on se rassure, le blog reprendra des couleurs d’ici peu : retour prévu en fin de semaine avec la quatrième partie de notre abécédaire de la ville astucieuse…
En attendant, petite bulle de fraîcheur estival avec ces deux planches dénichées chez Format de Poche, grâce à nos amis Les Achivistes. Parce qu’elles résument, sans prétention et avec humour, le fantasme qui nous anime tous : remodeler les villes à l’image de nos désirs les plus profonds (et les plus cons), plutôt que les tristes bolosseries qu’on subit trop souvent. Et c’est encore mieux quand ces désirs tiennent en quelques doléances enfantines : des kaplas, et des petites maisons. Plein de petites maisons. Parce que nous aussi, « quand on sera grands, on construira des jolies villes » !
…
On vous laisse seuls juges de la puissance sémiologique de cette publicité, à laquelle on préférera donc ces deux planches aimablement prêtées par leur auteur. Originaux ici et là ; d’autres épisodes sont d’ores et déjà promis : restez tuné…

Au passage, vous noterez la présence de cette ville-aquarium et bédéphile qui nous fascine toujours autant…
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L’abécédaire de la ville astucieuse se prolonge avec cette seconde étape, dans le prolongement de l’Enjaillement qui concluait notre premier périple. Pas de longue introduction cette fois-ci, rentrons vite dans le vif du sujet. Il sera question de plaisir, beaucoup, mais aussi et surtout de défense de certaines valeurs fondamentales qui devraient être, selon nous, celles de la ville idéale.
Comme précisé ici ou là, cet abécédaire fait office de synthèse relativement exhaustive des réflexions portées et défendues les réflexions par [pop-up] urbain ; elles peuvent être complétées par un (vieux) glossaire beaucoup plus sommaire. En outre, rappelons que cette série de billet a été inspirée par un travail de recherche réalisé avec Emile Hooge pour son cabinet Nova7. Encore merci à lui !
Retrouvez les autres parties de l’abécédaire :
- de A à E comme dans : Agile, Biodiversion, Cautèle (et Clever), DIY et Enjaillement
- de K à O : à venir en début de semaine prochaine !
- de P à T : à venir
- de U à Z : à venir
Et on attaque directement, avec…
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Le temps passe et passe et passe… et pourtant les choses ne changent pas, ou si peu. En termes de prospective urbaine, la vision caricaturale d’une ville *intelligente* et *sécurisante* et *créative* et *potagère* et surtout *très sympa*, continue son bonhomme de chemin au sein des institutions décideuses, collectivités ou opérateurs. Difficile en effet de quitter une vision si facilement vendeuse auprès du grand public, quand bien même elle ne serait qu’un simulacre d’urbanités…
Prenons le New Cities Summit 2012, qui ouvre aujourd’hui ses portes au CNIT de Paris (le pauvre, au mauvais endroit, au mauvais moment). On y trouve évidemment de bonnes choses, et tout n’est pas à jeter dans ce programme de trois jours. Mais n’est-il pas nécessaire de prendre des pincettes vis-à-vis de cette vision très orientée de la prospective urbaine, qui fait la part belle aux grands opérateurs globalisés, sans jamais s’intéresser à l’échelle de l’usager ?
Sans vouloir faire les rabat-joies (en fait, si), quand on confie l’ouverture du colloque à un Patrick Devedjian, on en dit long sur son positionnement… Voyez par vous-mêmes :
The theme of the Summit, Thinking Ahead, Building Together, reflects our belief that understanding and contributing to our common urban future will require audacity, analysis and, above all, partnership. The Foundation, working closely with a rich and diverse ecosystem of members and partners, would like participants at the Summit to be inspired and equipped to make positive change.

WOKAY, mais après ? Où se trouve l’usager ? celui qui s’appropriera cette ville que vous concoctez dans vos cénacles, en oubliant son destinataire final ? Remontons quelques années en arrière. En 1997, à l’orée de législatives anticipées, un certain nombre d’associations de gauche et d’extrême-gauche avaient clamé haut et fort ce slogan vindicatif : « Nous sommes la gauche. » De la même manière, scandons aujourd’hui celui-ci : « Nous sommes la ville. » Et il serait grand temps que vous le compreniez, chers décideurs.
C’est l’un des objectifs du concept de « ville astucieuse », proposé en contre-point de l’auto-proclamée « ville intelligente », cette city tellement « smart » qu’elle en oublie de s’intéresser aux intelligences du citadin (sinon de manière passive, en externalisant des besoins vers un temps de cerveau disponible).
D’abord pensée dans ses seules frontières numériques, le concept de ville astucieuse s’est depuis étendu à l’ensemble des contributions de [pop-up] urbain, pour devenir le socle commun de nos réflexions. Quelques mois après avoir formulé la proposition (ici), il est temps de synthétiser tout cela. Et comment mieux mutualiser les enjeux et défis qu’en s’attaquant à la sémantique de cet objet protéiforme qui reste à consolider ?

C’est l’objectif de cet abécédaire, que nous souhaitons ouvert aux contributions extérieures (via les commentaires ou même dans un billet dédié) Pour faciliter la lecture, nous l’avons séparé en cinq parties, qui défileront durant les deux semaines qui viennent. Première étape de A à E, de la « ville agile » à « l’enjaillement du quotidien ». Publication vendredi des lettres F à J comme Jacuzzi. Et non, le « F » de demain ne sera pas « Fuck off la ville chiante », mais on a failli se laisser tenter… Surprise ! Retrouvez aussi les autres parties de l’abécédaire :
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