Archives pour la catégorie “Urbanité”

Depuis quelques temps, un certain nombre de projets illustrent une volonté de « verdir » la ville en Europe et dans les pays industrialisés : du quartier « Eva-Lanxmeer » à Culemborg aux Pays-Bas, à l’introduction de moutons dans la partie la plus dense de l’agglomération parisienne1, la « ville verte » est en vogue. La raison ? Principalement une volonté d’aérer la ville, et d’implanter une production agricole responsable et écologique au cœur des agglomérations, près des citadins, bien souvent en réutilisant des espaces jusqu’alors vacants (friches urbaines).

Il est toutefois intéressant de noter que cette agriculture urbaine semble révolutionnaire à nombre d’urbanistes, et suscite un enthousiasme presque démesuré. L’agriculture urbaine n’est pourtant pas une nouveauté, loin de là. Il s’agit même parfois d’héritages du Moyen-Âge, comme à Bourges ou à Amiens. Surtout, ceux qui ont travaillé sur d’autres continents tels que l’Afrique (c’est mon cas) ou l’Asie pourront faire remarquer son caractère presque anodin, mais ni pour les mêmes raisons, ni de la même manière. Cette différence de regards, entre l’ici et l’ailleurs, permet d’ailleurs de mieux comprendre les conceptions de la ville que cette tendance de la « ville verte » sous-entend en Europe. Compte-rendu de terrain.

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  1. NdPhilippe : ce qui nous choque au plus haut point, cf. http://www.pop-up-urbain.com/fermes-urbaines-et-lethique-animale-dans-tout-ca/ []

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Propulsés par l’essor des photographes amateurs et la facilité de post-traitement propre au numérique, les photomontages avant/après se multiplient. Le webzine io9 évoque ainsi ces « photographies à remonter le temps » qui « révèlent l’histoire dans le présent », le plus souvent dans l’espace urbain. La ville, où le temps long du bâti affronte le temps beaucoup plus court des urbanités évolutives, se prête bien à l’exercice.

Passage du Caire, Paris IIe 2013-1914 (Rue 89)

Passage du Caire, Paris IIe, 2013-1914 (voir sur Rue 89)

De quoi cet engouement est-il le signe ? Pour contrer le futur incertain on se replonge dans la ville d’avant le béton et la modernité, rempart d’une mémoire collective souvent mythifiée à laquelle ces photomontages à remonter le temps viennent donner corps. Nous avons interrogé Alexandre Laquerre, photographe amateur et auteur du blog Ottawa Past & Present, qui montre le passé pour démontrer les errances et les erreurs de la planification urbaine.

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Au fil de l’été, Rue89 a recensé « 100 bonnes idées à importer », envoyées par des lecteurs exilés et égrainées dans un joyeux pot-pourri destiné à dénicher « des solutions originales aux problèmes économiques, politiques ou de la vie quotidienne. » Une ambition louable et rondement menée, même si l’on regrette un côté fourre-tout.

Il y a pourtant quelques exemples inspirants à piocher parmi ces innovations « tactiques » : légères à mettre en place, peu coûteuses, et avant tout fondées sur le « bon sens » plutôt que sur l’innovation à tout prix… Voici notre sélection qui pourrait inspirer des solutions aux problématiques urbaines de tous les jours, autour de quatre grandes thématiques. Car c’est ainsi que se construit l’innovation : par inspirations, itérations et imitations.

  • Le taxi, laboratoire de la voiture servicielle
  • Vers une rue modulaire
  • Les transports publics, parent pauvre de l’innovation ?
  • Le voyageur léger

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Refrain redondant ou tendance réelle, la recherche de tranquillité dans l’espace urbain semble remise au goût du jour ces derniers temps. Les moyens pour trouver un coin paisible en ville se multiplient – ou du moins sont de plus en plus médiatisés.


Extrait de l’exposition “Vider Paris”,  par Nicolas Moulin (2001)

De la carte collaborative recensant les “quiet places” d’une ville, jusqu’aux campagnes publicitaires invitant à la sacro-sainte déconnexion numérique, il n’existe rien de plus hype que de ce se sentir comme à la campagne au beau milieu du tumulte des métropoles. Faut-il y voir le grand retour de la “ville mal-aimée” ?

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Avant-propos de Philippe G. : Deux Degrés, ce sont avant tout les rois du trompe-l’œil : derrière leur urbanisme corrosif, leurs parodies d’aménagements, leurs détournements potaches à base de salsa, d’obèses et de punks à chien, se cache tout simplement l’un des meilleurs cabinets de prospective urbaine actuels.

Moins barbant que tous les manuels d’urbanisme confondus, leur second degré agit comme révélateur des mutations sociétales et urbaines qui agitent l’Hexagone – et un peu au-delà. En témoigne leur premier ouvrage, consacré à notre belle région francilienne, qu’ils démontent avec l’énergie d’un pavé dans la mare. Entretien avec ceux qui deviendront un jour Ministres du Kiff Urbain – vous pouvez nous faire confiance les yeux fermés. 

Pouvez-vous nous présenter rapidement votre livre ? Quelle est son ambition ? Comment avez-vous travaillé ?

Florian : C’est d’abord un livre dans lequel on détruit 1/3 de l’Ile-de-France, juste parce que ça fait du bien. C’est aussi une satire de l’urbanisme contemporain dans laquelle on prend pas mal de recul sur le développement durable et la mixité tels qu’on les idéalise dans notre métier. Et puis, parce qu’on ne peut pas faire que critiquer, on a pris le temps de replacer certaines de nos réflexions qui étaient développées trop rapidement sur le site internet.

La première ambition était donc de faire un tour d’horizon de ce qu’on a fait depuis 3 ans avec deux degrés. On a ensuite essayé de montrer qu’on pouvait parler d’urbanisme sans se prendre pour des poètes ou pour des gens qui veulent à tout prix améliorer la vie des autres en leur donnant des leçons.

Mathieu : C’est un livre écrit à deux, ce qui a impliqué beaucoup de travail de navette entre nous pendant deux ans, d’autant qu’on bossait à côté, avec des disponibilités assez différentes. Les grandes idées, on  les a eu en buvant des bières entre nous ou avec des amis. On s’est bien marré car on a la faculté merveilleuse d’être très fiers de nos blagues. Dans la deuxième année, on a été rejoint par Martin Lavielle, le graphiste, qui nous a aidé à faire un beau livre avec des illustrations variées (cartes, isométries, schémas). On a tout fait à trois, sans éditeur parce qu’on voulait garder une liberté totale (et aussi parce que les éditeurs ne voulaient pas de nous…).

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[Après une première tribune sur la performativité des urbanités, le géographe Benoît Vicart s'attaque cette fois... à leur urbanité, en mobilisant son expérience africaine pour l'occasion. On a coutume de parler de « mobilités urbaines », y compris sur ce blog, sans forcément s'interroger sur ce que recouvrent les paradoxes d'un tel nom de baptême. C'est désormais chose faite !]

Dans la continuité de notre précédente tribune, il semblait indispensable de lancer une réflexion théorique sur les liens qui unissent ville et mobilité. Car la mobilité a ceci de particulier qu'elle est un objet essentiellement « urbain », en tout cas très généralement perçu comme tel. L’évolution de cet objet s’est fait parallèlement au développement de la ville comme objet d’étude : d’abord, on a commencé à voir la mobilité à travers la ville1, puis la mobilité fut peu à peu mobilisée pour aborder la ville.

Surtout, le développement des problématiques liées à la mobilité a notamment contribué à la remise en question des typologies classiques en géographie, à savoir la distinction ville/campagne. Le développement de nouvelles pratiques, de nouvelles réalités sociales, et surtout le développement d’une nouvelle forme d’organisation, l’organisation réticulaire, a particulièrement mis à mal l’approche classique de la ville, et entraîné une remise en question de notions de base (en particulier celle de « territoire »).

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  1. Ainsi, les modèles urbains de l’école de Chicago parlaient déjà de mobilité sans utiliser le terme []

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