Archives pour la catégorie “Ville haute”

[Avant-propos : [pop-up] urbain est heureux, fier et ému d’accueillir enfin l’ami Pierre Mallet, étudiant en urbanisme le jour, prince de la ville la nuit. Pour être tout à fait sincère, on l’aime d’amour, le Pierrot. Vous pouvez lui offrir le vôtre sur Twitter et Facebook, où il distille sa veille comme d’autres le bon whisky. Accueillons-le donc comme il se doit, avec un billet centré sur la verticalité et ses belles/fausses promesses. Un sujet qui nous intéresse évidemment au plus haut point…]

Thierry Paquot décrit les tours comme des « impasses en altitude », ce que j’ai moi aussi tendance à penser. Il ne serait donc pas idiot  de sortir de cette impasse avant que cette « ville haute » – sur laquelle il sera si difficile de peser – ne devienne trop vite réalité. Et quand on dit haute, autant commencer par la jouer modeste, et expérimenter sur l’existant avant de s’emballer au-dessus des nuages.

Quitte à s’enjailler en hauteur, on préfère le faire sur le toit de notre immeuble, avec thé à la menthe et massages, plutôt que sur des fleurs géantes dignes d’un Polly Pocket, 500 mètres au-dessus de tout signe de vie. Entre urbatopies pour teubés VS utopies pudiques, la ville haute de demain à définitivement besoin d’une direction. J’ai fait mon choix. Tu rejoins la team ?

Commençons par l’état des lieux. Actuellement, une majorité d’articles et de projets nous ressasse les mêmes toitures vertes, dont l’idée assez peu innovante (même si elle reste un bon début) a été mis en avant par certaines équipes du Grand Paris. Mais à l’époque du greenwashing, la réflexion reste tout de même assez faible.

Il serait grand temps que l’on arrive à aller plus loin, à imaginer d’autres futurs possibles à nos hauteurs que des pots de fleurs que l’on regarderait sur Google Map tout en se disant que l’après-Kyoto c’est vraiment sympa. Dans cette quête d’imaginaires, deux projets récents peuvent peut-être nous aider à lancer la réflexion. Avec pour but d’imaginer une ville un peu moins chiante.

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La ville écologique passe-t-elle nécessairement par une lutte féroce contre ses propres excès verticaux ? La question semble éternelle, tant on l’entend à toutes les sauces, du conseil de quartier au débat présidentiel. Les tours ne pourraient décemment pas rimer avec l’ambition d’une ville durable, du moins dans l’inconscient collectif (voire ici). Nouveau témoignage de ce statu quo, dans un édito consternant publié hier dans Le Point, où un Patrick Besson des grands soirs se fait la voix (accentuée) d’une Eva Joly présidente par défaut. Passons sur l’humour franchouillard de l’ensemble, pour nous attarder sur la première initiative de la candidate telle qu’imaginée par Besson :

tesdruction immétiate te doudes les dours te la Téfense et te la borde d’Italie avin de rédablir en fille une archidédure à focazion humaine

Il est cocasse – mais pas anodin – de constater que Patrick Besson s’attaque à cette dimension urbanistique en premier. Peu importe qu’Eva Joly et les Verts le pensent ou non ; ce qui compte ici, c’est la caricature. A travers la plume rance de Patrick Besson, ressortent tous les clichés d’une urbanité écologique qui ne peut souffrir la ville haute. Patrick Besson alimente ainsi (bien volontairement ?) l’inconscient collectif en laissant penser au lecteur qu’il n’existe qu’un choix binaire : d’un côté, la ville haute, de l’autre la ville vivable ; d’un côté, Metropolis et de l’autre le pays de Candy (on pourrait faire la même avec le nucléaire…). Ce qui est évidemment très discutable.

Outre les nombreux exemples de tours dites « vertes« , que l’on ne commentera pas ici tant elles respirent parfois la naïveté (ou au contraire les fantasmes apocalyptiques, consciemment ou non), de nombreux architectes et urbanistes s’intéressent à la manière dont on peut concilier hauteurs et urbanités ludiques (voire ici). Sans chercher à tout prix mettre du gazon partout (le greenwashing architectural est au moins aussi consternant que cet éditorial), il s’agit simplement de rappeler que les hauteurs sont source de créativité pour quelques explorateurs des temps modernes (le parkour en est le meilleur témoin, et je m’étonne encore qu’il n’ait pas eu la même influence sur la ville que le skateboard en son temps) ; ce faisant, il s’agira de démontrer qu’il y a là matière à réinventer la façon dont nous pourrions nous (ré)approprier la ville haute. D’autres exemples viendront plus tard actualiser ce billet, mais une chose est sûre : ce n’est pas en clivant l’imaginaire de la ville de manière si binaire qu’on la rendra plus vivable. Monsieur Besson, la prochaine fois : tais-toi.

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