Archives pour la catégorie “Zombies”

[ Avant-propos : URBAN AFTER ALL réinvestit la Gare du Nord pour défendre l'avenir des gares de France et de Navarre... et sans bullshit marketingo-bobo. Le lien original est à lire ici, et vous pouvez aussi nous suivre sur facebook.]

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Le 17 mai dernier, la jeune structure Gares & Connexions, dernier bébé de la SNCF en charge des 3 000 gares du réseau1, dévoilait son premier rapport d’activité. Celui-ci s’inscrit dans le prolongement des objectifs annoncés depuis 2009 par la maison-mère : “les gares vont devenir des lieux de vie au cœur des villes”, a ainsi résumé sa directrice Sophie Boissard.

Concrètement, cela se traduit par l’introduction de nombreux services au sein des gares, parfois inattendus, afin d’en renforcer l’attractivité : “Retirer un colis acheté sur internet, déposer son enfant à la crèche d’entreprise avant de sauter dans le train, passer chez le médecin ou chez le coiffeur, envoyer un mail urgent…2. La structure a ainsi investi 266 millions d’euros en 2010 pour redonner un second souffle aux gares vieillissantes et mal adaptées aux nouveaux besoins de la mobilité contemporaine. Un objectif hautement respectable, malheureusement écorné par une évolution plus discrète qu’il nous semble nécessaire de discuter ici.

En effet, comme nous allons le montrer, cette “revitalisation” des gares s’accompagne d’une restructuration de la conception même des gares, tant sur le plan spatial que social, avec pour conséquence (ou objectif ?) de favoriser la rentabilité du “temps de transit disponible” des voyageurs. Or, cela semble nécessairement devoir passer par un embourgeoisement de ces lieux… et donc, en parallèle, par l’éviction des catégories les plus “dérangeantes”. Décryptage d’une mutation ségrégative qui ne dit pas son nom, et qui en dit long sur la conception actuelle de nos centres-villes.

La naissance d’une prison

La nouvelle stratégie impulsée par Gares & Connexions s’appuie sur d’importants investissements en faveur de la rénovation des gares (266 millions d’euros détaillés dans les “Réalisations 2010 et projets à venir” du rapport d’activité). Or, comme l’a très bien montré Jean-Noël Lafargue dans un beau reportage dans sa gare de banlieue (billet original ici), ces travaux aboutissent entre autres à installer des portiques restructurant l’espace de la gare :

La comparaison entre « avant » et « après »[travaux] me semble très instructive à faire en ce qu’elle témoigne des changements opérés dans les rapports entre la société des chemins de fer, ses usagers et ses employés.

{ Cliquer ici pour lire la suite et débattre dans les commentaires. }

  1. Branche créée en réponse à l’ouverture des réseaux à la concurrence et aux conclusions sur Rapport Keller sur “La gare contemporaine” []
  2. Gares & Connexions a pour ambition de faire de la gare un centre de services animé et fonctionnel ; de nouveaux services « malins » appelés à être déployés dans toutes les gares au quotidien, notamment en Île-de-france, ont été testés en 2010”, cf. Rapport d’activité []

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[ Avant-propos : Vous avez sous les yeux la première chronique hebdomadaire d'URBAN AFTER ALL, mon nouveau bébé publié chez Owni avec l'aide de Nicolas Nova de Liftlab, qui partage donc la paternité du projet avec moi :-)

Comme vous pourrez le lire dans le petit texte d'introduction à la chronique originale, URBAN AFTER ALL se veut une plateforme collaborative décryptant les "urbanités" contemporaines. Les thématiques seront évidemment proches de celles traitées sur [pop-up] urbain ; pour autant, URBAN AFTER ALL se distingue par un ton plus engagé et moins « pop ». Enfin, la chronique hebdo est ouverte à quelques contributeurs extérieurs : Nicolas Nova, évidemment, et sûrement d’autres par la suite. Bref, une chronique complémentaire des billets de blog que vous pourrez lire ici. C’est pourquoi je la republie aujourd’hui, en ajoutant les commentaires laissés sur Owni. Les vôtres sont évidemment bienvenus :-)

Un nouvel épisode sera publié chaque lundi matin sur Owni ; je les reprendrai ici en milieu de semaine, afin de partager au plus grand nombre. Enjoy ! :-) ]

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Le zombie est dans l’air du temps, c’est indéniable. Les films (originaux ou remakes acclamés, mais aussi parodies), comics et séries (The Walking Dead), ou encore jeux vidéo exploitant le genre, prolifèrent depuis quelques années. Le phénomène descend aujourd’hui dans la rue pour quelques joyeux “Zombie Walk” à travers le monde. Bref, le mort-vivant a la cote, à tel point que Wired prédit même l’éclatement prochain de cette “bulle zombie”, qui sature nos écrans de morts-vivants en tous genres. L’industrie culturelle n’est d’ailleurs pas la seule à contribuer à l’inflation : même les prix Nobel s’y mettent, comme le rappelle avec humour le très sérieux Econoclaste, pour qui 2011 sera “l’année des zombies” économiques.

Tout a été dit sur le sujet.. ou presque. Car ce “retour” du zombie est plus subtil qu’il n’y paraît. À première vue, rien de bien nouveau : dans l’esthétique comme dans l’attitude, les morts-vivants n’ont que peu évolué, à l’exception du fameux “zombie sprinteur” imaginé par Zach Snyder dans son remake de Dawn of the Dead. C’est peut-être un détail pour vous mais pour les zombies ça veut dire beaucoup, comme l’explique Slate : “Peut-être [...] l’obsolescence du zombie lent signale le déclin de la culture “mobocratique” au bénéfice d’un penchant moderne pour l’individualisme”. Cinétudes s’interroge aussi sur cette (r)évolution, et y perçoit un “révélateur de cet état d’esprit très contemporain où non seulement la croyance en la science [...] mais aussi la croyance en l’homme [...] donnent une certaine naïveté au propos” du film. Le zombie sprinteur dédouanerait donc l’homme de ses responsabilités communautaires… Une figure moderne, dites-vous ?

{ Cliquer ici pour lire la suite. Braaaaaaaains… }

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