Chroniques des villes agiles #6 – Droit de passage piéton (Chronos)

Le 18 avril 2012 - Par qui vous parle de , ,

Parmi les objets emblématiques de la ville moderne, le passage piéton fait figure de parent pauvre de l’innovation, en comparaison des abribus, panneaux signalétiques et autres bancs publics qui inspirent depuis des années la créativité de leurs concessionnaires. Mais l’adage est clair : « on ne change pas une équipe qui gagne », et le zèbre bicolore a depuis trop longtemps prouvé ses vertus pour qu’on s’attaque à le transformer en profondeur.

Pourtant, le passage piéton est un témoin des plus prégnants – et dans le même temps des plus discrets – du règne automobile, dont la ville commence peu à peu à se détacher. Il a en effet une seule et unique vocation, aussi fonctionnelle que symbolique : délimiter, dans l’espace et le temps, la portion de rue allouée au piéton et celle dominée par l’automobile et ses comparses motorisés ; le tout est évidemment légitimé par des questions de sécurité et de prévention. En ce sens, le passage piéton participe d’un cloisonnement de la marchabilité dans l’espace urbain, une « servitude » réservée à ce mode actif sur le territoire de la voiture.

Dans le contexte de la « livable city » nécessairement plus favorable aux modes doux – marche en tête -, et dans la perspective d’une ville plus « agile », le passage piéton se retrouve alors inévitablement sur le devant de la scène. A la fois témoin et possiblement levier d’une « reconquista » de l’espace public par les citadins sur le territoire automobile, le passage piéton mérite ainsi d’accueillir une dose d’innovation bienvenue. Artistes et designers sont les premiers à mettre ce matériau à profit, du plus symbolique au plus concret, afin de déployer les potentiels de cet objet urbain qu’on oublie malheureusement aussi vite qu’on l’a foulé du pied.

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