Heureux, les loueurs de vélo à Rostov-sur-le-Don ! (NSFW)

via @Le Tag Parfait

Plutôt que de répéter ce que j’écrivais il y a quelques mois, je vous invite à (re)lire ce billet qui n’a jamais aussi bien porté son nom : Porno/Chic : les deux mamelles [marketing] de la mobilité durable ?, ou quand la culture porn se met au service des alternatives à l’automobile (qui a occupé ce créneau marketing des années durant…) Rappelez-vous :

On peut en rire ou en pleurer, mais la hype du vélo tient finalement à peu de choses : du désir, et de la sensualité. Et ça tombe bien, cela fait des décennies que le marketing auto nous montre la voie. Il ne reste plus qu’à s’en inspirer pour transformer le paradigme des mobilités ; heureuse ironie…!

Mais en attendant de voir les acteurs responsables des mobilités douces prendre leur courage à deux mains pour s’emparer de cette culture porno/chic, on a le temps de voir venir…

Un petit effort, collègues français : montrez-nous que les Russes n’ont pas le monopole du cul !

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WTF Japan seriously ? Musique tirée du générique de la série Ryo-ku-Bu. Je n’ose imaginer comment mon ami Tristan est tombé sur cette vidéo, mais c’est à lui que doivent aller vos remerciements pour avoir déniché cette perle !

Allez, une autre pour le plaisir des yeux (et des oreilles !) Vous noterez au passage ce slogan magnifique qui fera rêver tous les touristes en visite : « The RER comes from the bottom of Paris »

{ Cliquer ici pour prolonger la joie de l’otaku qui sommeille en vous. }

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[Avant-propos 9 novembre 1989 à Berlin : le Mur s’effrondre. 9 novembre 2011 à Sofia : une centaine de Bulgares se réunissent devant le Monument à l’Armée soviétique pour fêter 22 ans de liberté post-communiste. C’est là que nous avons rencontré Martin Zaimov, candidat malheureux à l'élection de la Mairie en 2007 (soutenu par le centre-droit), où il a terminé second derrière Boïko Borissov - depuis premier ministre du pays, connu en Europe pour son berlusconisme assumé.

Martin Zaimov a un CV chargé : nommé directeur de la Banque Nationale pour redresser le pays lors de la crise de 1997, il a ensuite occupé la vice-présidence du Conseil municipal de la capitale bulgare de 2007 à 2010, où il a notamment conduit la rénovation du Plan de Déplacements. Et c’est autour d'une soupe à l’agneau que nous avons discuté de l’évolution récente de la ville en pleine adolescence, dont la devise “Grandit mais ne vieillit pas” n’a jamais semblé si paradoxale. Des affiches crées par les étudiants en communication visuelle de l’Académie des Arts, dans le cadre d'une exposition temporaire sur la ville, viendront illustrer son propos. En complément, un reportage plus personnel mettant en perspective des extraits de cet entretien, est à découvrir sur le blog du Groupe Chronos : Sofia, le difficile apprentissage des urbanités.]

 

Voilà : nous sommes 22 ans jour pour jour après la chûte du communisme en Bulgarie [Todor Jivkov, leader du pays depuis 1954, est démis de ses fonctions le 10 novembre 1989] et l’ouverture du pays à l’Occident. Où en est Sofia deux décennies plus tard ? Comment ont évolué les urbanités sofiotes ?

Je me rappelle d’un ami, au début des années 90, qui répondait ceci à ceux qui annonçaient la stabilisation du pays dans les cinq ans à venir : “… on se verra dans vingt ans…” Et voilà : aujourd’hui ça fait vingt ans. Il y a eu beaucoup de choses de faites, énormément. Mais il n’y a pas eu d’intervention “intelligente” du pouvoir urbain. Au contraire, il y a eu un laisser-aller, et même pire que ça : une perpétuation de l’exercice du pouvoir corrompu. Résultat : l’évolution urbaine va dans une direction de laideur, et d’agressivité.

Mais en contrepoint, Sofia reste une ville assez libre, très chaotique – un chaos qui correspond à l’esprit des habitants. Bien qu’inhumain, l’urbanisme autoritaire socialiste a créé des parcs, des espaces publics, un système de transports que l’on peut aujourd’hui évaluer positivement. Il y a un fort héritage d’espaces publics ouverts, et la ville est relativement agréable à vivre – en dehors de l’aspect agressif de l’urbanisme. Il y a beaucoup de vie à Sofia – comme beaucoup de villes méditerranéennes et balkaniques, certes, mais peut-être plus encore ici. Cet esprit de liberté marque positivement la capitale.

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Des grenades à Liège, des kalash’ à Marseille… Ça y est, la guerre se rapproche (enfin) de mon imaginaire urbain ! C’est pas trop tôt : je commençais à m’impatienter, à force de voir les chars n’envahir que des villes dans lesquels je ne me reconnaissais pas, si proches et pourtant si éloignées de mon référentiel haussmannien : Balkans, Afrique du Nord et équatoriale, Proche- et Moyen-Orient (voire banlieues franciliennes de l’autre côté du mur périphérique…) Drame de ma vie, comme l’expliquait parfaitement mon mentor Tyler Durden :

« On est les enfants oubliés de l’Histoire, les mecs. On n’a pas de but ni de vrai place. On n’a pas de Grande Guerre, pas de Grande Dépression. Notre Grande Guerre est spirituelle, notre Grande Dépression, c’est nos vies. »

Jusqu’ici, il fallait donc se contenter de ne regarder que de loin ces combats acharnés qui donnent tant de piment à la ville… ou à défaut, tirer partie de la pop-culture, souvent prolixe sur le sujet.

Malheureusement, hors contextes historiques ou post-apocalyptiques (à l’image des Fils de l’Homme plongés dans un Londres dystopique), la présence de la guerre dans un environnement urbain « familier » (= de mégalopole occidentale), et surtout CONTEMPORAIN, reste somme toute assez rare. Etat des lieux non-exhaustif mais garanti de qualité supérieure, histoire de former nos imaginaires si ternes à l’idée d’une ville occidentale enfin militarisée (pour aller plus loin : Comment les militaires pensent la ville, chez Transit-City)

Commençons par le 7e Art. Il ne me vient rien d’autre en tête que le magistral Southland Tales, qui prend pour décor un Los Angeles ultra-sécuritaire à l’heure d’une hypothétique 3e Guerre Mondiale (cf. le Mega Zeppelin survolant la ville) Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à les partager en commentaires !

Comme souvent dans ces cas-là, il vaut mieux se tourner vers d’autres univers pop, moins soucieux de préserver leur image, pour assouvir ses fantasmes de villes explosives.

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Petite perle envoyée par mon ami Benoît, géographe de son état et spécialiste de la Namibie, qui y a déniché ce cabinet d’ingénierie aux accents… illuminés. Extraits.

Since our founding in 2002 we have been driven by our clear vision to make a difference in the world through our God-given skills as engineers and technicians. This calling was received through the story of Nehemiah in the Bible. Just as Nehemiah was called to rebuild the walls of Jerusalem, we believe that we are called to help build nations and glorify God through our work.

Lithon Project Consultants was founded in obedience to a calling from God to make a difference in the lives of people on the African continent through the engineering industry.

The Bible refers to the Lord Jesus Christ as the chief cornerstone. Given that the company is founded on Him, we named it Lithon, which is the Greek word for cornerstone. Based on our calling to be “prophets, priests and kings” here on earth, as  symbolised in our company logo, we remain committed to utilising our skills for the good of every person in every nation.

{ Cliquer ici pour lire la suite. Amen. }

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La ville écologique passe-t-elle nécessairement par une lutte féroce contre ses propres excès verticaux ? La question semble éternelle, tant on l’entend à toutes les sauces, du conseil de quartier au débat présidentiel. Les tours ne pourraient décemment pas rimer avec l’ambition d’une ville durable, du moins dans l’inconscient collectif (voire ici). Nouveau témoignage de ce statu quo, dans un édito consternant publié hier dans Le Point, où un Patrick Besson des grands soirs se fait la voix (accentuée) d’une Eva Joly présidente par défaut. Passons sur l’humour franchouillard de l’ensemble, pour nous attarder sur la première initiative de la candidate telle qu’imaginée par Besson :

tesdruction immétiate te doudes les dours te la Téfense et te la borde d’Italie avin de rédablir en fille une archidédure à focazion humaine

Il est cocasse – mais pas anodin – de constater que Patrick Besson s’attaque à cette dimension urbanistique en premier. Peu importe qu’Eva Joly et les Verts le pensent ou non ; ce qui compte ici, c’est la caricature. A travers la plume rance de Patrick Besson, ressortent tous les clichés d’une urbanité écologique qui ne peut souffrir la ville haute. Patrick Besson alimente ainsi (bien volontairement ?) l’inconscient collectif en laissant penser au lecteur qu’il n’existe qu’un choix binaire : d’un côté, la ville haute, de l’autre la ville vivable ; d’un côté, Metropolis et de l’autre le pays de Candy (on pourrait faire la même avec le nucléaire…). Ce qui est évidemment très discutable.

Outre les nombreux exemples de tours dites « vertes« , que l’on ne commentera pas ici tant elles respirent parfois la naïveté (ou au contraire les fantasmes apocalyptiques, consciemment ou non), de nombreux architectes et urbanistes s’intéressent à la manière dont on peut concilier hauteurs et urbanités ludiques (voire ici). Sans chercher à tout prix mettre du gazon partout (le greenwashing architectural est au moins aussi consternant que cet éditorial), il s’agit simplement de rappeler que les hauteurs sont source de créativité pour quelques explorateurs des temps modernes (le parkour en est le meilleur témoin, et je m’étonne encore qu’il n’ait pas eu la même influence sur la ville que le skateboard en son temps) ; ce faisant, il s’agira de démontrer qu’il y a là matière à réinventer la façon dont nous pourrions nous (ré)approprier la ville haute. D’autres exemples viendront plus tard actualiser ce billet, mais une chose est sûre : ce n’est pas en clivant l’imaginaire de la ville de manière si binaire qu’on la rendra plus vivable. Monsieur Besson, la prochaine fois : tais-toi.

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[Troisième volet de mes chroniques mensuelles pour Chronos, consacrées aux pistes créatives qui font "la ville en CDD", la rendant ainsi plus flexible et adaptative face aux mutations de notre temps (un choix par ailleurs discutable). Thème du jour, comme son (fabuleux :D) titre l'indique : pourquoi ne recyclerait-on pas AUSSI les bennes et poubelles qui parsèment la ville ?]

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Qu’on le veuille ou non, les ordures participent du métabolisme des villes, marquées par la société de consommation et sa production exponentielle de déchets plus ou moins dégradables, odorants et nuisibles. Allez à Naples ou Palerme pour mesurer le niveau de dépendance des territoires à leur égard, lorsque les éboueurs se mettent en grève. D’autres images de villes-décharge parsèment l’imaginaire, à l’image de ces stupéfiants quartiers du Caire englués dans les ordures (voire aussi La ville-décharge dans le film Idiocracy, commentée par Nicolas Nova).

Ce rôle majeur devrait placer la poubelle – elle s’analyse somme toute comme un mobilier urbain -, au coeur des réflexions de la ville. Pourtant, peu d’acteurs urbains s’intéressent à cette question, sinon sous un angle logistique qui ne nous intéresse guère ici. Si la question des déchets eux-mêmes a été exploitée dans quelques productions architecturales et urbanistiques (cf. L’utopie du dépotoir), leurs « récipients » n’ont pas connu le même succès. Il y aurait pourtant beaucoup à en dire, et encore davantage à en faire dans le cadre de la mutation « agile » des espaces urbains.

Lire la suite sur Trajectoires Fluides, le blog du Groupe Chronos

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Retrouvez aussi les précédentes chroniques :

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Oh bah tiens, coïncidence sympathique. La semaine dernière, je proposais de renverser la définition actuelle de la ville numérique, en remplaçant le fantasme de la « ville intelligente » (smart city) par l’objectif, plus prosaïque, d’une « ville astucieuse » (clever city). Un glissement sémantique qui traduit un certain malaise vis-à-vis de la vision techno-centrée que nous proposent les acteurs du numérique, et qu’il devient à mon sens urgent de rectifier…

Et voilà que je tombe, en revenant d’Angers, sur ces publicités pour ZTE, opérateur fraîchement débarqué de Chine dans le marché français de la téléphonie mobile. Rien de folichon dans cette campagne assez sobre, mais un choix des termes relativement intéressant. Le slogan anglais « Smart phones for smart people » est traduit par « Des téléphones multimédias pour gens malins ». Mais surtout, les encarts soulignent subtilement que ce n’est pas le smart qui fait la ville intelligente, mais la capacité de « l’homme-cyborg » à y naviguer de manière autonome.

On connait l’influence de la publicité sur nos perceptions. Faut-il y voir l’amorce d’une évolution dans le regard que nous portons sur la fameuse « ‘intelligence du numérique » ? C’est embryonnaire, mais pourquoi pas…!

[ Billet sponsorisé par la #dansedesmots ]

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