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Voilà ce qui arrive quand confie les clés de son marketing territorial à un boys-band en vogue (ndlr : en 2010, mais la vidéo est toujours d’actualité) :

Kitschissime ? Je vous l’accorde. Mais il serait pour autant bien dommage de jeter ce clip avec l’eau du bon goût. Car la simple présence de ce spot en dit long sur le rôle que joue la k-pop (la pop sud-coréenne, déjà évoqué ici), et plus globalement les pop-cultures coréennes (notamment les dramas télévisuels) dans le développement économique et la reconnaissance de la péninsule à l’international. Une industrie qui pèse son poids : 4,2 milliards de dollars de recette via les exportations culturelles en 2011, ça commence à devenir significatif.

Ce faisant, la k-pop est devenu en quelques années l’un des plus grands pourvoyeurs d’imaginaires de marques (Samsung, Hyundai, etc.), bien au-delà de ses frontières : d’abord en Asie (Chine, Japon, Thaïlande, etc), puis aux USA… et plus récemment en Europe, en particulier en France. Vous remarquerez au passage que nombre de ces marques concernent – directement ou non – le futur de la ville : smartphones et automobile, un diptyque de la k-pop ? (il n’y a qu’à voir les clips promotionnels pour le LG Chocolote, sortie en 2010 : ici la version des f(x), là celle des Girl’s Generation).

Transit-City a particulièrement bien résumé la situation lors d’un récent atelier auquel j’ai eu le plaisir d’assister : Et si c’était en Corée que s’inventait une partie de notre avenir urbain et mobile ?

Et si on essayait de sortir de nos clichés pour mieux comprendre ce qui se passe en Corée du Sud ?
Et si on tentait de comprendre ce qui se cache derrière Samsung, Kia, LG, Hyundai ?
Et si c’était en Corée du Sud que s’inventait une partie de notre monde urbain dense et connecté ?
Et si entre la Chine et le Japon émergeait une nouvelle puissance créative ?
Bref, et si c’était « là-bas » que s’inventait la nouvelle modernité asiatique – et donc mondiale – du XXIe siècle ?

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Des grenades à Liège, des kalash’ à Marseille… Ça y est, la guerre se rapproche (enfin) de mon imaginaire urbain ! C’est pas trop tôt : je commençais à m’impatienter, à force de voir les chars n’envahir que des villes dans lesquels je ne me reconnaissais pas, si proches et pourtant si éloignées de mon référentiel haussmannien : Balkans, Afrique du Nord et équatoriale, Proche- et Moyen-Orient (voire banlieues franciliennes de l’autre côté du mur périphérique…) Drame de ma vie, comme l’expliquait parfaitement mon mentor Tyler Durden :

« On est les enfants oubliés de l’Histoire, les mecs. On n’a pas de but ni de vrai place. On n’a pas de Grande Guerre, pas de Grande Dépression. Notre Grande Guerre est spirituelle, notre Grande Dépression, c’est nos vies. »

Jusqu’ici, il fallait donc se contenter de ne regarder que de loin ces combats acharnés qui donnent tant de piment à la ville… ou à défaut, tirer partie de la pop-culture, souvent prolixe sur le sujet.

Malheureusement, hors contextes historiques ou post-apocalyptiques (à l’image des Fils de l’Homme plongés dans un Londres dystopique), la présence de la guerre dans un environnement urbain « familier » (= de mégalopole occidentale), et surtout CONTEMPORAIN, reste somme toute assez rare. Etat des lieux non-exhaustif mais garanti de qualité supérieure, histoire de former nos imaginaires si ternes à l’idée d’une ville occidentale enfin militarisée (pour aller plus loin : Comment les militaires pensent la ville, chez Transit-City)

Commençons par le 7e Art. Il ne me vient rien d’autre en tête que le magistral Southland Tales, qui prend pour décor un Los Angeles ultra-sécuritaire à l’heure d’une hypothétique 3e Guerre Mondiale (cf. le Mega Zeppelin survolant la ville) Si vous avez d’autres exemples, n’hésitez pas à les partager en commentaires !

Comme souvent dans ces cas-là, il vaut mieux se tourner vers d’autres univers pop, moins soucieux de préserver leur image, pour assouvir ses fantasmes de villes explosives.

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[ Attention, billet relativement désurbanisé : ne vous attendez pas à trouver ici de l'urbain à proprement parler ^^ Il sera davantage question de pop-culture et de marketing prospectif au sens large... ce qui, vous en conviendrez, est tout aussi séduisant ;-)
Et puis, après tout, l'objet de ce blog n'est-il pas d'explorer "le pouvoir de révélation de la culture populaire" ? De même, comme l'expliquait de The Pop-Up City : "marketing is urbanism and urbanism is marketing". Toutélié ! ]

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Au départ, c’est une petite phrase sur Minorités qui m’a interpellé : « Les gens émigrent vers l’ouest, et la culture se diffuse du centre mondial vers l’est ». Laurent Chambon formule cette hypothèse pour tenter d’expliquer la crise de l’industrie musicale européenne :

« Si on garde à l’esprit que le centre actuel du monde est quelque part entre Tokyo, Séoul et Hong Kong, on comprend l’impression de médiocrité qui se dégage de la musique européenne et américaine en ce moment: nous faisons de la musique de périphérie. Parce que nous sommes en train de retourner dans la périphérie, économiquement et politiquement. »

Si l’hypothèse est volontairement simpliste, elle a le mérite de pointer du doigt une situation que nous autres occidentaux avons du mal à admettre : nous ne sommes plus les rois du monde. Je n’invente évidemment rien, comme tout bon géographe-historien vous l’expliquera. Mais ce n’est pas pour autant que cette culture « orientale » est reconnue à sa juste valeur, ce que dit fort bien Laurent Chambon. Remplacez [musicale] par [culturelle], et vous aurez mon opinion clé en main :

« L’impression de médiocrité [musicale] qui règne en ce moment en Occident est probablement l’illustration de notre arrogance collective ces dernières années, lorsqu’on a cru avoir trouvé le moyen d’être riche indéfiniment et sans limite. Maintenant que nous commençons à comprendre notre situation réelle, il est peut-être temps de commencer à nous intéresser aussi aux [musiques] des autres. »

« D’accord, Philippe, on a compris. So what ? », me direz-vous. J’évoque depuis un moment la « panne d’imaginaires » urbains contemporains, qui ont conduit à la misère architecturale et urbanistique d’une partie des productions actuelles (cf. Transit-City). De même, hier encore, je regrettais avec une collègue le manque de renouvellement de la science-fiction occidentale, dont on connait pourtant l’importance en termes de changement de perspectives. Peut-être suis-je très naïf, mais je suis toujours surpris de voir encore et toujours les mêmes exemples être cités en conférence pour faire le lien entre SF et imaginaires urbains. Pour caricaturer, voilà le panier type : Metropolis, 1984, Blade Runner et Minority Report auxquels s’ajoutent parfois Le 5e Elément et Matrix histoire de montrer qu’on est in (je plaide coupable ^^). A croire qu’en dehors d’Hollywood…   -___-’

Il ne s’agit évidemment pas de dire que ces oeuvres n’ont aucune utilité pour l’apprenti prospectiviste, mais simplement de constater le manque de renouvellement global de nos référentiels et donc de notre créativité1. Et, par conséquent, de pointer du doigt notre incapacité à sortir de la « path-dependance » de la futurologie traditionnelle.

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  1. Exemples : ville verticale, omniprésence des véhicules individuels et/ou des monorails, etc. []

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