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PIXELS, by Patrick Jean

via @FabienEychenne et @HubertGuillaud, de la Fing

Dans le même genre, voir aussi « Tetris, métaphore du fail architectural ? »

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Comment le jeu vidéo peut-il inspirer nos outils de navigation ? Reprenant Nicolas Nova, j’avais déjà évoqué la fonction « brouillard de guerre » face aux problématiques de la géolocalisation intrusive (Si les gamers cartographiaient le monde). C’est cette fois dans le domaine de l’info collaborative que l’on retrouve une déclinaison intelligente des principes vidéoludiques.

La mouvance Open Street Map, qui a démontré les vertus du collaboratif en matière de cartographie numérique, fait des émules sur smartphone. Afin de proposer un service de navigation entièrement gratuit, Waze a fait le pari d’une carte libre et donc, corollaire inévitable, produite et mise à jour par les usagers eux-mêmes1.

Une belle initiative… si l’on met de côté le défunt Dash, qui s’y était déjà essayé sans trouver le chemin du succès. C’est ici qu’intervient la boule jaune et frugivore la plus célèbre du globe.

Pacman_by_mscorley

Waze s’inspire clairement de Pacman. Simple délire de geeks ? Que nenni. Bien au contraire, l’image de Pacman trouve toute sa pertinence dans la logique d’émulation communautaire imaginée par Waze, et qui sous-tend le succès du processus collaboratif – et donc la pérennité économique de Waze, qui revend ces données à des tiers.

Ainsi, chaque route non cartographiée se recouvre de petits points (des cookies) que le conducteur pacmanisé pourra « manger » (munch)… augmentant du même coup son « score collaboratif ». Car la communauté Waze s’émule à coups de highscores et de rankings, qui rendent compte de l’implication d’un conducteur dans la co-production du service (en participant activement ou passivement à la mise à jour du fond de carte, ou en reportant des accidents). Oui, c’est primitif. Mais ça marche.

wazebigger-pacman

Histoire d’animer sa communauté d’apprentis cartographes, les responsables de Waze proposent même des concours en répartissant des bonus (road goodies) aux endroits restés non-cartographiés. Mangez des cerises et vous ferez des heureux.

Cette émulation ludique ne se limite par à la complétion du fond de carte. Waze propose en effet aux usagers de reporter, par simple clic sur l’écran tactile, une perturbation ou un accident rencontré sur la route. Evidemment, les meilleurs contributeurs sont mis en avant sur le scoreboard. Ayant réalisé mon mémoire sur l’information collaborative dans les transports en commun, je ne peux qu’être séduit par un tel « gameplay », surtout lorsque l’on sait la difficulté à fidéliser les contributeurs dans un processus collaboratif.

L’idée que les principes (vidéo)ludiques puissent se décliner dans le « monde réel » est aujourd’hui une évidence (Ludifier la ville. Réechanter l’urbain). Waze est évidemment un superbe exemple, tout comme Foursquare en termes de données urbaines (« pas seulement un jeu, mais un city-guide » pour le NYTimes). On peut en imaginer d’autres : économies d’énergies (j’en parlais ici), vie citoyenne, etc… Je sais aussi que mes futures ex-collègues de chez Chronos planchent sur un projet de jeu en faveur de mobilités plus durables, Ma Micro Planète, que je ne manquerais évidemment pas de relater dans ces colonnes ;-)

Bref, si vous n’êtes toujours pas convaincu(e) du potentiel des jeux vidéo dans le renouvellement des outils et pratiques de la ville, je ne peux plus rien faire pour vous… si ce n’est revenir avec d’autres exemples dans un prochain billet ! ^^

  1. Note : Waze s’est d’abord développé en Israel en produisant intégralement son fond de carte. Sa déclinaison aux USA se repose quant à elle sur un fond de carte fédéral, certes complet mais assez imparfait. C’est ici que les road goodies (cf. texte) présentent tout leur intérêt. []

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