Archives pour août 2010

Ca commence sur les chapeaux de roue :

« Les utopies sont majoritairement urbanophobes ».

Et ça continue fort : « Il n’y a pas d’utopie urbaine : il y a un usage particulier de l’architecture et de la ville dans les discours utopiques »1

Boom, headshot.

Vous l’aurez compris : ceci est une indispensable intervention de Thierry Paquot sur les différents modèles d’utopies à travers l’histoire, donnée lors d’une séance des Utopiades de l’Arène.

A noter, le très beau détournement du sigle HQE, pour « Haute Qualité Existentielle ». Une devise dont l’application se fait de plus en plus pressante !


Découvert grâce à l’excellent travail de veille du Groupe Chronos

Note : Thierry Paquot est (entre autres) éditeur de la revue Urbanisme, et spécialiste des utopies urbaines.

Note bis : Fidèle à ma devise « Un néologisme par jour éloigne le médecin« , j’espère contribuer avec ce billet à l’introduction du terme « utopianisme » dans notre beau langage. Sachant que terme « utopianism » existe bel et bien en anglais : « the ideas, doctrines, aims, etc. of a utopian; visionary schemes for producing perfection in social or political conditions »

  1. A ce sujet, lire « Faites la ville, pas l’amour », dans lequel je reviens sur la chanson « Amour City » de Julien Ribot, témoin envoûtant de cette tendance de l’utopie à l’anti-urbanité primaire :p []

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Je vous parlais il y a tout juste deux mois d’un enthousiasmant projet de cartographie musicale. A l’époque, la découverte du projet avait fait remonter mes rêves enfouis d’une « cartographie rapologique » qui permettrait de découvrir les lieux emblématiques du rap français (les quartiers d’origine de nos groupes préférées, les rues évoquées, etc…). C’est *presque* chose faite avec The Map Rap qui, comme son nom l’indique, fait exactement ce que j’attendais d’elle.

Grâce à elle, vous pourrez enfin savoir :

  • où Jay-Z se fournissait en substances illicites (in Empire State of Mind),
  • et où Dr Dre se fournissait en femmes dénudées (in Let Me Ride).
  • où ce flambeur de 2Pac allait à l’école (in Keep Ya Head Up),
  • et où se trouve le fameux El Segundo où ce malheureux Q-Tip a oublié son portefeuille ;-) (in I Left My Wallet In El Segundo)
  • et plein d’autres choses sur le Wu, Mos Def, Notorious B.I.G. et bien d’autres !

Un gros regret, toutefois. Cette cartographie ne concerne évidemment que le hip-hop américain1, à l’exception de quelques maigres lyrics exotiques. Dieu, que je rêve d’une version française. Si un informaticien zélé entend cet appel, qu’il se fasse connaître ! A défaut, il suffit que les fans de rap français proposent de contribuer eux-mêmes à remplir la carte :))

Je vous laisse sur quelques captures d’écran (cliquer pour agrandir) :

{ Attention : Sortez vos guns avant de lire la suite ! }

  1. Et je suis comme Rocé : « Je me sentirais pas si bien dans un hip-hop américain«  []

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Une fois n’est pas coutume, je vais sortir du champ purement spatial qui habite traditionnellement ce blog. Pas d’espace ni de ville, certes, mais de « l’architecture » quand même avec cette sympathique méthodologie de travail de groupe découverte dans le compte-rendu du 1er Archicamp, auquel je n’ai malheureusement pas pu assister :-(

Le concept est enfantin : prenez une tripotée d’adultes affairés et donnez-leur des spagghettis, ainsi qu’un marshmallow1. L’équipe qui réussira à mener son marshmallow vers les étoiles est déclarée victorieuse après 18 minutes de labeur. Le principe de ce « Marshmallow Challenge » ? Optimiser le travail d’équipe de manière ludique et original. Ou, pour le dire en termes plus corporate :

« Surprising lessons emerge when you compare teams’ performance. Who tends to do the worst? Why? Who tends to do the best? Why? What improves performance? What kills it?

If you need to kickstart a meeting, get a team into a creative frame of mind, or simply want to encourage your organization to think about what it takes to dramatically increase innovation, invest 45 minutes to run a marshmallow challenge. »

Je vous laisse sur quelques photos prises lors de l’Archicamp, puis sur la présentation du Marshmallow Challenge faite par son « inventeur » lors de la conférence TED. En vous invitant à tenter l’expérience lors de vos propres ateliers !

{ Lire la suite en grignotant un paquet de Dragibus }

  1. La recette exacte : pour chaque équipe de quatre personnes, confier 20 spagghettis, 1m de scotch, 1m de ficelle et bien sûr, 1 marsmallow ! []

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Un jour je construirai une ville immense
Que j’appellerai Amour City.
Les maisons en forme de montgolfières
Seront suspendues dans les airs.
Nous vivrons tous dans des villas végétales
Aussi lumineuses que des aurores boréales.
Nous ferons l’amour le jour et la nuit
Dans la ville que je nommerai Amour City.

Nous baignerons dans des lacs d’eau claire
Creusés au sommet des nuages.
Nous parlerons aux animaux sauvages
Dans des jardins spectaculaires.
Nous entendrons le chant des étoiles filantes.
Nous voyagerons toujours en tapis volant.
Nous ferons l’amour le jour et la nuit
Dans la ville que je nommerai Amour City.

[EDIT du 14/08 : dernier couplet ajouté suite au commentaire de Julien Ribot himself]

Et lorsque vous serez tous près de moi
Je vous garderai pour toujours.
Et même si vous ne le voulez pas
Vous ne pourrez plus vous en aller.
Vous chanterez à tout jamais
Amour City, Amour City…

Julien Ribot, « Amour City »

A découvrir sur l’album « Vega »

J’adore cette chanson de Julien Ribot. Mais elle m’énerve gentiment.

{ Et vous souhaitez peut-être savoir pourquoi ? Cliquer ici pour lire la suite :-) }

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panneaux-skate-opera-oslo-skateurs-figures (1)« Le skateboard est l’ennemi de la ville », s’emportent certains acteurs de la villeélus, citoyens, urbanistes… *

Et ce n’est certainement pas avec ce genre de films qu’ils changeront d’avis ! ;-)

Première vidéo : un superbe clip présentant le jeu vidéo Shaun White Skateboarding, dans lequel « vous devez transformer une ville terne et ennuyeuse en véritable playground pour skateurs » (via). Le tout sur une musique trottinante des Coasters, « Down in Mexico ».

{ Lire la suite, à défaut de rouler sa bosse }

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« Le Grand Architecte est aussi un grand urbaniste » . L’on pourrait presque résumer ainsi la prédication du pasteur Eric George, sympathique homme de foi 2.0 déjà cité ici dans « Jésus VS Pikachu : quel modèle pour l’écologie ? », donnée lors d’une émission radiophonique intelligemment baptisée « Dieu nous donne une ville » :-)

Dans cette géniale intervention, Eric George rebondit sur un extrait de l’Apocalypse [Chapitre XXI 9 à 27] pour démontrer la nature profondément « urbaine » du message divin, et par effet de miroir, la nature intrinsèquement urbaine de l’Homme.

Un point de vue original sur la ville, qui plus est porteur de valeurs universelles sur l’urbanité et les liens sociaux qui composent notre quotidien : Dieu sait que l’on aime ça ici ! (^^) C’est pour partager avec vous ce regard singulier que j’ai demandé son accord au pasteur pour reprendre quelques extraits de son intervention. J’espère que vous y trouverez le même plaisir que moi, en remerciant évidemment Eric George pour sa gentillesse.

NB : Vous pouvez télécharger sur ce lien le texte de l’émission dans son intégralité (j’ai coupé de nombreux passages). Vous pourrez par ailleurs y lire l’extrait de l’Apocalypse qui y est commenté (puisque je vous l’épargne ici ;-)

gravure dore bible - l ange montre jerusalem a saint jean

Gravure de Gustave Doré - L’Ange montre Jérusalem à Saint Jean (via)

Je cède donc la parole à Eric George, à propos de la description proposée de Jérusalem :

En ce temps où l’idéal serait un retour à la terre, est-il vraiment possible de dépeindre le Royaume de Dieu comme une ville ? Et pas n’importe quelle ville !

En effet, telle qu’elle est décrite, la Nouvelle Jérusalem ressemble beaucoup au cauchemar d’un écrivain de science-fiction : une ville entièrement faite de pierre et de métal, avec, pour tout espace vert, un seul arbre, sans doute transgénique, puisqu’il donne du fruit toute l’année…

[...] On voit bien à quel point cette image est éloignée de nos représentations, de nos imaginaires. [...] Au terme de [l'Apocalypse], Dieu nous donne une ville. Or, la ville, dans la perspective biblique, est une invention strictement humaine : d’après le livre de la Genèse, c’est Caïn en fuite qui fonde la première ville et lui donne le nom de son fils. La ville est donc bien le produit d’une humanité qui s’est éloignée de Dieu.

Simplifions à l’extrême l’histoire biblique : [...] Dieu place l’humain dans un jardin. L’humain refuse de vivre dans ce jardin et s’exile. Dans cet exil, il se bâtit des villes dans lesquelles il ne parviendra jamais à rétablir une bonne relation à Dieu. Pour en finir avec cet exil, cette séparation, Dieu donne une ville à l’humanité.

Ainsi, ce que nous révèle l’Apocalypse, c’est que la réconciliation n’est pas un retour à zéro. Dieu ne gomme pas notre histoire, il tient compte de nos désirs : à son jardin, nous avons préféré une ville ? Eh bien, c’est une ville qu’il nous donnera.

Toutefois, si Dieu répond à notre soif de ville, cela ne signifie pas qu’il nous passe tous nos caprices. Certes, c’est une ville qui nous est donnée. Mais cette ville n’est pas une construction humaine, on y trouve partout la marque de Dieu. [...]

Si Dieu nous donne une ville, ce n’est pas parce qu’il compte sur notre talent de bâtisseurs pour collaborer avec lui. En fait, il n’a pas d’autre raison de répondre à notre rêve urbain, que son amour pour nous. Dieu veut nous faire plaisir, pas pour nous plaire mais parce qu’Il nous aime.

Mais attention :

[...] Lorsqu’est écrite l’Apocalypse, Jérusalem n’est plus rien qu’une ville rasée, détruite. Et pourtant, n’en déplaise à Saint Augustin, la cité de Dieu qui nous est donnée n’est pas la Rome Céleste, mais bien la Jérusalem Céleste. Ainsi, si l’accomplissement du Royaume de Dieu n’est pas un retour aux sources, ce n’est pas non plus l’aboutissement de tous les rêves de puissance des hommes, la ville que Dieu nous donne n’est pas celle dont nous rêvons.

[...] La Jérusalem céleste nous paraît n’être qu’une utopie de plus, une ville que nous n’arriverons jamais à réaliser… Mais rappelons-nous que la Jérusalem céleste n’est pas bâtie de mains d’homme, elle descend du ciel, elle nous est donnée. Nous ne devons pas la bâtir, nous somme appelés à y vivre.

la Jérusalem céleste nous paraît n’être qu’une utopie de plus, une ville que nous
n’arriverons jamais à réaliser…
Mais rappelons-nous que la Jérusalem céleste n’est pas bâtie de mains d’homme, elle descend du ciel,
elle nous est donnée. Nous ne devons pas la bâtir, nous somme appelés à y vivre.

Dans le brouhaha de nos villes, dans les flots des foules anonymes, Dieu nous ouvre un espace où nous pouvons vivre libérés de tout ce qui ne vient pas de Lui, libérés de nos peurs, de nos haines, de nos rancœurs, parce que plus rien ne compte que la présence de notre Dieu.

En conclusion de cette cette homélie jolie (…), le pasteur nous invite à la prière, dont l’extrait ci-dessous fera office de conclusion délectable :

« Tu es le Dieu de la ville promise aux foules solitaires des métropoles de l’histoire.

C’est pourquoi apprends-nous à aimer les villes.

Apprends-nous à aimer leurs cohues et à y discerner des visages.

Apprends-nous à aimer leurs cafés et à y ébaucher des rencontres. »

J’adore !

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