Archives pour novembre 2010

Intéressante, cette publicité pour Bahreïn Telecom partagée ce week-end par l’ami @n_aya. Certes, le marketing puise depuis toujours dans les imaginaires pop de son temps (cf. la catégorie « Publicité » de ce blog). Mais à ce point là ?!

Je croyais qu’il était préférable pour les annonceurs de limiter le nombre de références évoquées, histoire de ne pas perdre l’audience. C’est tout le contraire dans cette (longue) vidéo où l’on retouve, pêle-mêle : jouets et jeux d’enfance, châteaux de sable, football, vaisseaux spatiaux et courses auto… Mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse le plus : skateboard et montagnes russes, confirmant ce que je vous disais dans l’article « Ville ludifiée, ville lubrifiée » pour justifier l’emploi de ce dernier terme :

« “Lubrification”. Le terme est puissant, porteur de sens. La métaphore contient tout du potentiel de ‘glisse’ et de ‘fluide’ que doit véhiculer la ‘ludification’. [...] Ce sont certainement les publicitaires qui l’ont le mieux compris. »

{ Cliquer ici pour lire la suite, ce qui rime avec « grand-huit » :-) }

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Ne parlez plus de Génération Y, mais de « Génération G » comme Généreuse.  C’est ce que nous explique trendwatching.com, relayé par l’excellente newsletter de Curiouser qui y voit « l’émergence d’une culture digitale du partage, où les individus échangent, donnent, s’engagent, créent, collaborent . Selon une récente étude « The New Sharing Economy », les médias sociaux seraient le catalyseur d’une économie de partage offline », annonçant le passage « d’une économie de la propriété vers une économie de l’accès ».

C’est joli, peut-être un peu trop pour être totalement entendu par certains, mais qu’importe : il s’agit d’ores et déjà d’une réalité pour de nombreux territoires, qui les encadrent voire les promeuvent (on pense au vélo en libre service). Tous les secteurs sont en passe d’être touchés : de l’automobile (covoiturage, autopartage, stationnement) aux espaces de travail (tiers-lieux ouverts, espaces de co-working), en passant par les vêtements, les appareils électroménagers et bien entendu les contenus media, qu’ils soient physiques (exemple avec le « bookcrossing »)… ou numériques.

Tous ? Non ! Quelques irréductibles se refusent à abandonner leur droit de propriété (malheureusement pour eux) ; suivez mon regard, vous voyez de qui je veux parler. Les lobbys fourbissent donc leurs armes, obsolètes avant même de voir le jour (cf. Hadopi). C’était sans compter sur la résistance du camp d’en face ; car côté « pirates » aussi, on s’active. Certains développent de nouveaux outils de téléchargement plus discrets, d’autres diffusent des manuels permettant de contourner les mouchards… et d’autres enfin envisagent de redonner du sens à l’expression « pair à pair ».

Afin de contourner les restrictions croissantes au partage de fichiers en ligne, l’artiste berlinois Aram Batholl a décidé de sévir en concevant le projet « Dead Drops » : puisqu’il est illégal de partager sur la Toile, partageons dans la rue ! Le projet n’est finalement qu’une version « extended » du bon vieux partage de K7 / VHS / CD gravé – biffez les mentions inutiles -, et c’est aussi simple que génial :

{ Cliquer ici pour lire la suite, en toute légalité ! }

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« Ils me plaisent ces amoureux perdus dans la translation de l’escalator. Ca ne dure jamais longtemps un bisou d’escalator parce que tous les escalator ont une fin, qu’il faut veiller, à l’arrivée, à ne pas tomber, les  bisous d’escalator sont des coquelicots parce que le rayon linge de maison n’attend pas. L’escalator emporte des bisous qui ne durent qu’un temps mais ce sont des bisous quand même et ils me rendent moins fatigants les samedi matins dans les grands magasins. »

… et dans le métro, aimerait-on ajouter à ce joli texte de David Abiker. « Les escalators sont des machines à bisous », dit-il, avec leurs codes et leurs routines :

« Il font tous la même chose et profitent des hautes marches de l’escalier en ferraille qui déroule sa lente marche ascensionnelle. Lui, le garçon descend d’une marche, il se retourne vers elle qui est restée sur la marche du dessus. Une fois n’est pas coutume, elle est plus grande que lui et leurs visages se font face à la même hauteur ou presque. Alors ils en profitent et se donnent un bisou d’amoureux, un bisou d’altitude partagée. »

{ Cliquer ici pour lire la suite. Et surtout, prenez le temps pour un bisou ! }

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« Récap’ de 30 années de gaming. Années 80 : vous jouez seul dans votre chambre. Années 90 : vous tentez de squatter le salon. Années 2000 : toute la famille se décide à vous rejoindre. 2010 : le jeu vidéo s’installe dehors ? »

, écrivait Rémi Vermont en introduction de l’article « Live Action Hero », dans l’excellent AMUSEMENT n°9, un numéro dédié aux liens entre sports et jeux vidéo.

Parallèlement à cette évolution du jeu, la figure du joueur se métamorphose : à la représentation traditionnelle d’un joueur avachi et bedonnant se développe celle, bien plus glamour, d’un individu dynamique et sportif, qui n’hésite pas à suer pour le score (cf. les publicités pour Wii Sports, Wii Fit et bien évidemment Kinect). La chenille nerd devient un papillon bankable, participant de facto à rendre le jeu vidéo plus fréquentable.

Cela vaut directement pour les territoires urbains, longtemps réfractaires à ces pratiques de « petits cons » (je caricature, mais vous avez l’idée. Cf. Ville ludifiée, ville lubrifiée ?). Dès lors, les perspectives se multiplient pour la ville : et si le jeu vidéo «IRL » (in real life) devenait le moteur de nouvelles pratiques plus vertueuses ? Concrètement : le jeu peut-il par exemple pousser les citadins à marcher, voire à courir davantage ? C’est en tous cas ce dont sont persuadés les promoteurs d’une certaine « gameification » des espaces urbains [on parlera en français de « ludification »], dont je fais partie (mais vous l’aviez compris ^^)

Le terme est suffisamment explicite : il s’agit d’exploiter les mécanismes ludiques, hérités de la culture jeu vidéo (highscores, badges et achievements, etc.), pour favoriser de nouvelles/meilleures pratiques (ex. : Sortir les poubelles = 50 XP). C’était d’ailleurs l’objet d’une présentation donnée le 15 octobre dernier au Grand Lyon, sobrement intitulée « LudiCité : facilitateur d’urbanité », et sur laquelle je reviendrai prochainement..

Certains n’ont en tous cas pas attendus que se développent ces usages pour concrétiser leurs fantasmes sportifo-ludiques. Voilà donc ce à quoi pourrait ressembler les programmes de remise en forme dans la ville augmentée de demain :

On appréciera le choix judicieux de Super Mario 64, probablement l’un de mes jeux préférés, et surtout mètre-étalon des jeux de plateforme en 3D. Idéal, donc, pour rendre compte de cette ludification de l’espace urbain !

PS : on retrouve une scène similaire « d’attrapage de champignon » (symbolisant l’obtention d’une vie bonus dans les Mario) dans la bédé et dans le film Scott Pilgrim vs. the World (à 1’30 dans la vidéo). Témoignage supplémentaire, s’il en fallait, de l’actualité de ce discours « ludifiant » dans l’inconscient populaire ! Qui sait, peut-être ferons-nous de même pour mesurer, dans quelques années, l’effet sur notre bonne santé de ces joggings augmentés…

Merci à Queen Pénélope pour la découverte ;-)

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Bonus stage : Footing tokyoïte en chambre, billet écrit il y a bientôt 2 ans pour le Groupe Chronos :-)

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[Note de Philippe G. : accueillez comme il se doit le second billet de Philippe H. ! Après s’être fait l’avocat de l'urine en ville, il s’attaque ici à la morosité des transports sous le patronat de Beth Dito ; tout un programme !]

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Dans un récent billet consacré “aux mobilités urbaines”, Philippe G. prenait pour témoins un trio remarquable : Paul Virilio, Hartmut Rosa et Oxmo Puccino. Ma muse à moi est également impressionnante, mais d’énergie cette fois : Beth Dito, voluptueuse chanteuse de Gossip.

{ Cliquer ici pour lire la suite, et se familiariser avec l’axiome de la fête dans les transports ! }

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[ This is my first bilingual post ! English readers : please see below for translation ]

« Une bonne oeuvre de science-fiction devrait être capable de prédire non pas la voiture du futur, mais plutôt les embouteillages. »

, comme l’a écrit avec intelligence l’écrivain Frederik Pohl, cité dans un billet guilleret de Nicolas Nova.

L’idée vous semble sûrement évidente… mais ce n’est pas forcément le cas de tout le monde. Car quand on voit la naïveté de certains projets supposés « innovants », on se dit qu’il y a encore du chemin à faire avant que les imaginateurs de la « voiture du futur » ne comprennent que le problème n’est pas dans l’objet lui-même, mais dans le système de mobilité qui l’accompagne : espace consommé (stationnement & bouchons), étirement des distances, etc.

Tout est résumé avec humour et cynisme dans le strip suivant, découvert par hasard sur l’excellent Buttersafe (ah, les joies de la sérendipité ! Merci, T-Raf..)

{ Cliquer ici pour casser du sucre sur le dos de la voiture volante / Click here for english version. }

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