Archives pour août 2011

Stupeur !

Moralité : n’en déplaise aux hérauts du spectaculaire voire de la poudre aux yeux (auxquels je cède souvent mes faveurs, mea culpa), le ré-enchantement des villes tient finalement à peu de choses.

Une simple variation du décor permet – à son échelle – d’ambiancer le quotidien en redonnant aux citadins le plaisir de s’en étonner. C’est aussi ça, l’utopisation de l’ordinaire !

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Et sur ces belles paroles, je vous abandonne. Oh, quelques jours à peine, rien de bien méchant ! Retour prévu fin août – début septembre avec, au programme :

  • une tribune sur la dilution du numérique dans l’architecture (et inversement, de l’architecture dans le numérique)
  • le second épisode de la série DÉCORS qui sera cette fois consacré aux paysages urbains de ma série préférée : Friday Night Lights. Avant-goût universitaire à découvrir ici : « Le huis clos ou l’exaltation du localisme communautaire dans les séries américaines ». Le troisième épisode suivra derrière et s’intéressera à la gouvernance urbaine de Pawnee, Indiana.
  • un texte sur… les pop-ups urbains. Tout simplement ! Depuis le temps qu’il traîne dans les cartons…
  • et bien d’autres sur l’imaginaire des folksotopies, le temps de l’instant, etc.

Je vous laisse patienter en vous redirigeant vers l’excellentissime me raconte pas ta vie dans le JHM (aka le Journal de la Haute-Marne) où j’ai déniché les photos de ce billet (via la revue du web des Inrocks)…

Parfois, l’ambiancement du quotidien demande quand même quelques efforts supplémentaires. HUM.

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[ Avant-propos : J'ai eu l'honneur et le plaisir d'intervenir le 16 mars dernier (oui, ça remonte) à un atelier-concept consacré aux « imaginaires de la ville hybride », et piloté par la chaire Modélisation des Imaginaires de Télécom Paritech. L'occasion d'y poser les premières briques d'une réflexion qui me tient farouchement à coeur : comment sortir de la panne d'imaginaires qui touche la prospective occidentale, en particulier sur la question de la ville numérique ? Dénoncer cette panne est une première étape, mais il ne faudrait pas s'arrêter là. Quelles pistes envisager pour construire d'autres imaginaires ?

J'avais proposé ce matin-là un « plaidoyer pour une utopie pudique » : une utopie de l'ordinaire qui réinvente les imaginaires du quotidien, à défaut d'imaginaires extravagants qui font rêver les foules. Cette réflexion a depuis fait son chemin ; j'ai notamment eu l'occasion d'en reparler sur France Culture avec Alain Renk et Nicolas Nova, et les plus fidèles d'entre vous remarqueront que j'utilisais déjà la citation de Cynthia Fleury qui structure ma chronique de Lift Marseille pour la Gaîté Lyrique.

Vous avez donc là un premier embryon de ce « plaidoyer » qu'il reste à consolider lors de prochaines tribunes et interventions (comme ici autour du concept de thanatopraxie urbaine). Tout n'est donc pas parfait, mais c'est suffisant pour entamer la discussion, non ? N'hésitez pas à partager vos réflexions en commentaires. ]

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Plaidoyer pour une utopie de l’ordinaire.

 

De l’homme-cyborg à la ville hybride

Les mots sont souvent porteurs de sens. Le choix de la formule « ville hybride » comme problématique de cet atelier témoigne par exemple d’un changement de regard sur l’intégration croissante du digital dans l’espace urbain. L’expression est en effet relativement récente ; il y a quelques mois encore, les conférences et articles sur le sujet se bornaient à évoquer une trop vague « ville numérique » en construction. Depuis peu, celle-ci semble en passe d’être supplanté par la toute aussi obscure « ville hybride ». Que désigne-t-on donc sous ce terme ? Et surtout, que traduit cette évolution sémantique ?

Les dictionnaires nous apprennent que le terme « hybride » désigne en premier lieu l’animal ou la plante issu du croisement d’espèces ou de lignées différentes. Plus largement, le Larousse évoque un assemblage « d’éléments disparates ». Certes, mais qu’est-ce à dire lorsque l’on s’attaque à la question urbaine ? Une première lecture voudrait que l’on y voie le croisement du « virtuel » dans l’espace du « réel » (les termes sont en réalité peu appropriés, comme l’ont montré les intervenants de la journée CiTIC consacrée au sujet). Plus exactement, cette première définition désigne la multiplication, dans l’espace urbain, de terminaux, capteurs, réseaux et interfaces numériques, qu’ils soient personnels ou collectifs, cachés ou non, etc.

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