Archives pour février 2012

« Gare aux gares de banlieue qui s’égarent en non-lieu ! »

Voici, résumé en une phrase et quelques allitérations, le pitch d’un premier article publié dans la revue Urbanisme (n°382 – janvier-février 2012) à l’occasion d’un dossier sur « Les gares du Grand Paris Express« . Un sujet évidemment brûlant, comme l’explique Thierry Paquot dans son édito :

[...] Améliorer les transports publics franciliens s’avère essentiel pour le bien-être des habitants et impératif pour celui de la planète ! Des décisions ont d’ores et déjà été prises. Ce dossier ne peut envisager de les traiter toutes, aussi se focalise-t-il sur les gares, dont le chantier est ouvert et devient l’affaire de tous.

Malgré ce statut « d’utilité publique » que chacun reconnaît aux gares françaises et franciliennes, leur évolution récente semble souffrir de quelques anicroches… Ainsi, divers exemples, plus ou moins isolés mais tous significatifs, sont récemment venus porter ombrage aux belles ambitions déployées par la SNCF pour ses gares.

La jeune structure Gares & Connexions, qui s’est vue confier en 2009 les clés des 3000 gares du réseau avec notamment pour mission d’accompagner leur modernisation et d’en faire les « nouveaux centre-villes », se retrouve dans le collimateur. La petite dernière a-t-elle voulu grandir trop vite ? 

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Qu’il semble loin, le temps où le marketing auto crachait son mépris à l’égard des modes doux… (souvenez-vous : « Si tu n’as pas la nouvelle Clio… roule à vélo ! » (1994), ou cette pub pour Fiat Palio (2000) que l’on imaginerait mal être diffusée aujourd’hui… ou pas.)

Qu’on se le dise : l’heure est au rabibochage, et la voiture veut faire amende honorable. En guise de plates excuses, Peugeot récupère – à sa sauce – l’imaginaire du jogging. Étonnant, surtout si on lui juxtapose cette pub datant des débuts de Nike (1975) et dont la signature « montrait combien courir était un acte de résistance face à l’invasion automobile », selon Transit-City.

35 ans plus tard, les choses ont bien changé. Transit-City l’a d’ailleurs très bien résumé dans ses billets s’interrogeant sur le « basculement de l’imaginaire de la performance et de la vitesse habituellement associé à la voiture, au profit du piéton » (ici et  chez Transit-City ; sur [pop-up] urbain, quelques digressions à lire ici, et  + ici sur l’homo sportivus).

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Voilà ce qui arrive quand confie les clés de son marketing territorial à un boys-band en vogue (ndlr : en 2010, mais la vidéo est toujours d’actualité) :

Kitschissime ? Je vous l’accorde. Mais il serait pour autant bien dommage de jeter ce clip avec l’eau du bon goût. Car la simple présence de ce spot en dit long sur le rôle que joue la k-pop (la pop sud-coréenne, déjà évoqué ici), et plus globalement les pop-cultures coréennes (notamment les dramas télévisuels) dans le développement économique et la reconnaissance de la péninsule à l’international. Une industrie qui pèse son poids : 4,2 milliards de dollars de recette via les exportations culturelles en 2011, ça commence à devenir significatif.

Ce faisant, la k-pop est devenu en quelques années l’un des plus grands pourvoyeurs d’imaginaires de marques (Samsung, Hyundai, etc.), bien au-delà de ses frontières : d’abord en Asie (Chine, Japon, Thaïlande, etc), puis aux USA… et plus récemment en Europe, en particulier en France. Vous remarquerez au passage que nombre de ces marques concernent – directement ou non – le futur de la ville : smartphones et automobile, un diptyque de la k-pop ? (il n’y a qu’à voir les clips promotionnels pour le LG Chocolote, sortie en 2010 : ici la version des f(x), là celle des Girl’s Generation).

Transit-City a particulièrement bien résumé la situation lors d’un récent atelier auquel j’ai eu le plaisir d’assister : Et si c’était en Corée que s’inventait une partie de notre avenir urbain et mobile ?

Et si on essayait de sortir de nos clichés pour mieux comprendre ce qui se passe en Corée du Sud ?
Et si on tentait de comprendre ce qui se cache derrière Samsung, Kia, LG, Hyundai ?
Et si c’était en Corée du Sud que s’inventait une partie de notre monde urbain dense et connecté ?
Et si entre la Chine et le Japon émergeait une nouvelle puissance créative ?
Bref, et si c’était « là-bas » que s’inventait la nouvelle modernité asiatique – et donc mondiale – du XXIe siècle ?

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[Les interventions de Jérôme Denis (Scriptopolis) sont toujours riches d'enseignements, surtout lorsqu'il pose son regard averti sur les "transformations radicales de la ville sous l'influence des TIC" le temps d'un atelier à l'EHESS. 

En voici le compte-rendu non exhaustif mais agrémenté de quelques commentaires, sur un sujet (la critique d'un certain techno-positivisme) qui me tient véritablement à coeur (cf. la "clever city"). Billet initialement rédigé pour le Groupe Chronos, la suite est donc à lire sur leur blog.]

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Peut-on critiquer le concept d’open data et, plus généralement, les promesses de la ville numérique ? Le propos, volontairement saugrenu, s’interroge sur la prédominance d’un discours ultra-positiviste. La contestation – même constructive -, risque d’être taxée de réactionnaire. Allons-y quand même !

Derrière d’indéniables perspectives d’intégration du numérique urbain, interrogeons-nous sur les corollaires d’un discours rarement remis en cause. Il y a quelques temps déjà, Simon Chignard questionnait le versant « politique » de l’open data. Il rappelait notamment les fondements « libéraux » de la culture digitale / hacking (fortement anglo-saxonne) et de son culte de la transparence. [Pour rappel, le lobbying en faveur de l'ouverture des données est né en Angleterre à l'initiative d'un média privé, avant de franchir l'Atlantique avant la Manche]. Plus globalement, où sont les « imprévus » négatifs de l’open data ?

L’open data face à ses manichéismes

[...] Les promesses de la ville numérique ne doivent pas occulter ses dommages collatéraux. Si l’on souhaite véritablement pacifier la ville, il importe de s’interroger sur ce sujet, et de réfléchir aux modes de « co-production » qui pourraient en limiter les externalités négatives.

Lire la suite sur Trajectoires Fluides, le blog du Groupe Chronos

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L’autopsie des publicités pour smartphones et tablettes Samsung continue ! Après avoir décortiqué l’ambivalent idéal urbain que promeuvent ces spots (c’est un euphémisme), intéressons-nous cette fois au rapport qu’elles entretiennent avec les écrans eux-mêmes, plongés dans une contexte urbain qu’ils finissent pas concurrencer… Un décryptage loin d’être anodin, car à l’instar de M. Jourdain : le marketing Samsung fait de la prospective urbaine sans le savoir, et c’est bien là son plus grand intérêt.

Tout est subtilement résumé dans cette première publicité pour la tablette Galaxy Tab (encore elle). Si le spot invite à focaliser son regard sur l’écran, placé au centre à la manière d’un first person shooter, le décor urbain des premières secondes mérite que l’on s’y attarde. Partant d’un environnement de quartier d’affaires traditionnel, on atterrit ainsi dans un décor aux allures vintage voire anachroniques.

Outre le filtre pastel dont je ne comprends pas franchement l’utilité, c’est surtout le tramway séculaire, les voitures de collection et même le look preppy-retro des passants qui retiennent l’attention.

Pourquoi présenter une technologie « de pointe » (réalité augmentée, géolocalisation, etc.) dans un décor à ce point suranné ? S’agit-il de souligner le caractère innovant de la tablette, par comparaison avec l’environnement dans lequel elle s’inscrit ? Si c’est le cas, admettons que c’est loin d’être subtil… voire contre-productif ? En effet, de là à n’y voir qu’une vaine tentative de faire diversion pour masquer le peu d’innovation de ladite tablette, il n’y a qu’un pas – que je ne évidemment franchirai pas…

Mais le plus intriguant dans ce décor réside dans sa volonté à nous faire croire qu’il s’agit de New York. Alors qu’habituellement, les publicitaires se contentent de quelques taxis jaunes ou d’un plan sur l’entrée d’un métro, facilement identifiables, le spot choisi ici d’afficher son identité territoriale grâce aux panneaux indiquant la direction de Broadway ou Central Park.

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Les conférences ayant pour sujet la ville numérique se font de plus en plus nombreuses. Malheureusement, celles-ci sont trop souvent monopolisés par ceux qui la font (les acteurs urbains, institutionnels ou non), voire ceux qui la commentent et/ou la critiquent (dont je fais partie). Mais trop rares sont les conférences qui donnent aussi la parole à ceux qui la rêvent… Justice sera faite le vendredi 17 février prochain,  dans le cadre de la Social Media Week Paris, à l’initiative d’Urbanews en partenariat avec la Netscouade.

En effet, vous (oui, VOUS) aurez l’opportunité de proposer votre vision de la ville numérique lors d’un atelier de créativité animé par mon camarade urbaniste Bruno Morleo (Urbanews) et Brice Chandon (UPEMLV), avec pour objectif de concevoir une certaine figure de la ville du futur… si possible en dynamitant cette fameuse panne d’imaginaire observée partout ailleurs.

Sera-t-elle forcément numérique ? Sera-t-elle forcément dense ? Quelle place pour la qualité environnementale ? Quelles nouvelles morphologies urbaines induites par l’intégration des NTIC dans l’espace public ? Quels nouveaux mobiliers urbains ? Quels Nouveaux usages ?

A vous de nous le dire !

L’atelier prendra pour thème la « Ville astucieuse« , que j’avais proposée pour la première fois lors d’une conférence à Angers Technopole puis la semaine dernière à SciencePo Rennes (cf. « Clever city » vs « Smart city »). Et j’aurai le plaisir de participer à la discussion qui suivra l’atelier, au cours de laquelle les participants auront l’occasion de présenter leurs propositions à un sémillant jury constitué de mon mentor Bruno Marzloff (Groupe Chronos), du camarade Thierry Marcou (FING)… et de moi-même, donc.

Toutes les informations sur cette sympathique initiative à découvrir en cliquant sur le flyer ci-dessus… Mais en voici une petite synthèse pour les plus paresseux :

L’événement est gratuit et libre à tous, ce qui est une excellente nouvelle en ces temps de crise. Il se déroulera dans la « salle senior » de la Mairie du 4e arrondissement, quartier où j’ai passé une partie mon adolescence mais je crois qu’on s’en fiche, le vendredi 17 février de 8h30 à 19h30.

8h30 : Accueil des participants avec en bonus une petite collation (sans alcool) pour échauffer vos neurones.
9h : Début de l’Atelier introduit et animé par Brice Chandon et Bruno Morleo.
12h30 : Pause déjeuner (à confirmer)
17h : Fin de l’atelier et accueil du public extérieur et du jury.
17h30 : Conférence « Une autre vision de la ville du XXIème siècle », à laquelle je participerai donc.
18h30 : Brève présentation des idées de chaque groupe des participants. Début de la table ronde et débat avec tous les acteurs.

Note à moi-même : je ne suis pas corruptible.

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