Archives pour septembre 2012

Qu’on l’aime ou qu’on l’abhorre, l’instantanéité impose progressivement son rythme aux territoires urbains. Cette recomposition des temporalités a ses vertus, en facilitant les opportunismes et l’autonomie des citadins ; mais aussi ses vices, en particulier dans le poids cognitif qu’elle fait subir à ceux qui ne peuvent la maîtriser.

Note : cette problématique sera d’ailleurs au coeur d’un colloque organisé par le Grand Lyon le 26 novembre prochain (et auquel [pop-up] urbain contribuera). Renseignements et inscription gratuite sur Millénaire3.

Au-delà de l’échelle individuelle, cette accélération a aussi ses conséquences sur la fabrique de la cité, en particulier ses gouvernances. Comme l’avait démontré Antoine Picon lors de la journée Numérique et Génie urbain à l’EIVP, la ville instantanée se traduit aussi par une « événementialisation » des projets urbains, et donc des processus de concertations. Pour le dire autrement : la forme se substitue au fond, et la précipitation devient la norme de la gouvernance.

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[Version anglophone de notre pentaptyque consacré aux "verticalités", dans le cadre du cahier prospectif éponyme que Chronos et [pop-up] urbain impulsent cet automne, puisqu’il sera bilingue..! Billets écrits avec Julie Rieg, traduction par Caroline de Francqueville.]

True Swords of Damocles, strong ecological and social stakes challenge territories: increase and ageing of the population, urban sprawl, pollutions, social cohesion… Four main types of measures are taken to respond to those stakes. These four categories are not mutually exclusive; they exist at the same time but in varying degrees.

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Quoi de mieux pour se remettre dans le bain de la prospective urbaine, qu’un séminaire consacré à la place croissante du numérique dans le « génie urbain » ? Il y a deux semaines se tenait à Paris l’Université d’Eté 2012 de l’Ecole des Ingénieurs de la Ville de Paris (qui propose d’ailleurs un mastère spécialisé sur le sujet), afin de décrypter les nouveaux horizons qui s’ouvrent pour les praticiens de la ville – en particulier la fameuse Smart City, qui était à l’honneur de la dernière journée du programme.

Avec quelques journées de retard (le temps de remettre la prospective en marche…), voici quelques rebonds sur ce qu’on y a entendu, et ce que ça nous a inspiré. Une large partie des interventions étant assez technico-pratiques (génie urbain oblige), on s’arrêtera plus précisément sur la stimulante introduction d’Antoine Picon (qui remplaçait Serge Wachter à la volée), résumant nombre d’enjeux évoqués et partagés dans nos colonnes. « La ville numérique, entre utopie et réalité » : un décryptage auquel nous ne pouvons que souscrire, dans la défense d’une lecture laïque des technologies urbaines, qui s’évite l’impasse d’une projection prophétique soit naïve, soit paranoïaque (cf. K comme Kafkaïen dans notre Abécédaire de la ville astucieuse). Lire la suite »

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[Tribune de haut vol par Benoît Vicart, géographe et donc ex-compagnon d'infortune, qui nous avait déjà fait part des étrangetés de l'urbanité namibienne...]

La ville est une réalité politique (autorités locales, etc.), économique (les fameuses fonctions urbaines), morphologique (verticalité, densité). Mais l’urbain ? La définition est vague : « ce qui se rapporte à la ville ». Or, la question fondamentale en sciences sociales, c’est de mettre des réalités derrière ce terme, cette notion vague. Il est absolument essentiel de se poser la question de la nature exacte de ce sur quoi on  travaille. L’urbain est désormais indissociable de représentations, de pratiques, de discours, qui interagissent avec les bases conceptuelles des sciences sociales : toujours, la ville a été utilisée comme métaphore de la société.

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[Avant-propos : suite et fin de notre série de billets consacré au cahier prospectif Verticalités, et rédigée avec Julie Rieg du Groupe Chronos !]

Dernière dimension de ce quadriptyque, la surface des façades se révèle un territoire propice au développement de nouveaux usages, sur deux plans en particulier : nature en ville et interfaces intelligentes. Tandis que l’espace bétonné continue de grappiller le périurbain, la ville devient réceptacle de nouvelles biodiversités grâce aux toits mais aussi aux façades. Les murs végétaux offrent ainsi un territoire d’asile pour une flore autrement malmenée ; et à l’instar des terrasses évoquées précédemment, qui peuvent accueillir une faune autrement chassée des villes (abeilles, coccinelles et autres insectes pollinisateurs).

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