« Réintroduire de la fiction pour rendre la ville habitable » – François Schuiten et Benoît Peeters (Demain la ville)

Le 27 janvier 2017 - Par qui vous parle de , ,

Le festival de la bande dessinée d’Angoulême, qui s’ouvre ce jeudi, nous offre l’occasion de parler des liens intimes qui nouent le Neuvième Art et la ville. Et comment mieux aborder la question qu’en s’abreuvant des paroles de François Schuiten et Benoît Peeters, dont chaque bande dessinée est un voyage urbanistique dont jamais on ne se lasse ? Nous avons donc rencontré le duo d’artistes au détour d’un café, face aux Musée des Arts et Métiers où se tient leur dernière exposition, « Machines à dessiner », prolongée jusqu’au 26 mars 2017. De quoi les interroger sur le futur de la ville, fil rouge de leur œuvre protéiforme…

Schuiten-Peeters-BD

Crédit photo : Vladimir Peeters

Vous formez l’un des duos les fameux du monde de la bande dessinée. Comment s’est construite votre relation ?

Cette relation remonte à l’école. Nous nous sommes rencontrés à 12 ans. Nous prenions des cours de peinture ensemble, sous la direction du père de François, lui-même architecte. Nous étions les deux seuls élèves ! Au collège où nous étions dans la même classe, nous réalisions ensemble un petit journal… Notre collaboration est donc née à un âge où elle n’avait rien de professionnel. Seuls l’amitié et le plaisir nous guidaient. C’est ce qui rend aujourd’hui encore notre façon de travailler si particulière. Dans la bande dessinée, beaucoup de collaborations se construisent dans un cadre très professionnel ; c’est parfois même l’éditeur qui réunit un duo.

Une autre de nos particularités, c’est que nous essayons au maximum de limiter le « partage des tâches » habituel dans le monde de la bande dessinée. Dans notre cas, il n’y a pas le scénariste d’un côté et le dessinateur de l’autre. Chaque album est le fruit d’une vision commune, d’un regard partagé sur le monde qui s’est construit au fil du temps. On préfère d’ailleurs ne pas utiliser la distinction scénariste – dessinateur. Chacun participe à sa manière à un dialogue, et c’est ce dialogue qui conduit véritablement au langage de la bande dessinée. Nous ne faisons d’ailleurs pas que de la bande dessinée ensemble ; on co-signe des expositions, comme Machines à dessiner ou Revoir Paris ; on collabore à des projets de films, on présente ensemble des conférences-fiction. On partage un regard commun sur le monde, mais aussi sur la manière de le mettre en scène, à travers l’espace, la scénographie, le son…

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