L'observatoireContributions

L’espace urbain, un objet hautement “instagrammable” ? (Demain la ville)

Le 10 janvier 2019 - Par qui vous parle de , , , , , ,

On ne vous l’apprend plus : le numérique n’est pas un monde séparé du “réel”, mais bien sa prolongation. Derrière et devant les écrans, des êtres humains échangent et partagent quotidiennement partout dans le monde, pour le meilleur comme pour le pire. Si les usages des plateformes numériques sont multiples, certains se sont généralisés au fil de la dernière décennie. Quel détenteur·rice d’un ordinateur personnel et/ou d’un smartphone n’est aujourd’hui pas inscrit sur quelques médias sociaux ? En quelques années, ces derniers se sont multipliés et diversifiés, offrant (entre autre) différentes manières de communiquer avec des réseaux de personnes variés. Parmi les plus connus et utilisés actuellement dans le monde, le service de partage de photos et de vidéos Instagram a attiré notre attention d’observateurs de l’urbain.

Instagram, une agence de voyage en devenir ?

Evidemment, la première chose qui nous vient à l’esprit lorsque l’on évoque la ville et Instagram, ce sont les photos de voyages. De prime abord innocents, ces clichés sont censés représenter l’instant présent, partagés avec ses différent·e·s followers (et éventuellement susciter l’envie, voire la jalousie de cette communauté). De fait, la photo-souvenir existe depuis aussi longtemps que la photographie s’est démocratisée (dans le courant des années 1960 en France). Dès lors, le voyage est synonyme de cliché – photographique, mais aussi poncif : on va faire semblant de retenir la Tour de Pise ou essayer de saisir la Grande Pyramide de Khéops entre son pouce et son index, pour le plus grand bonheur des soirées diapositives à venir.

Ce que changent les réseaux sociaux et Instagram en particulier, c’est l’instantanéité et le large partage de ces photos. En 2017, plus de 10 millions de photos Instagram étaient taggées avec des hashtags relatifs au voyage. Et, à l’instar de ceux spécialisés dans la nourriture ou les musées, les comptes Instagram dédiés aux photos à caractère touristique ont autant de fans que de détracteurs. Côté fan, on appréciera la mise en valeur de nouveaux espaces et “bonnes adresses”, le fait de pouvoir s’évader à peu de frais via son smartphone. Côté détracteur, on critiquera les gestionnaires desdits comptes de ne pas profiter pleinement de ce qui s’offre à leurs yeux, tourner en ridicule les espaces photographiés, ou encore de faire ressortir l’aspect “faire-valoir” de ces images, produites pour se mettre en scène.

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