Concentré marketing de pop-culture urbaine – 100% pur jus

Le 30 novembre 2010 - Par qui vous parle de , , , dans parmi lesquels

Intéressante, cette publicité pour Bahreïn Telecom partagée ce week-end par l’ami @n_aya. Certes, le marketing puise depuis toujours dans les imaginaires pop de son temps (cf. la catégorie « Publicité » de ce blog). Mais à ce point là ?!

Je croyais qu’il était préférable pour les annonceurs de limiter le nombre de références évoquées, histoire de ne pas perdre l’audience. C’est tout le contraire dans cette (longue) vidéo où l’on retouve, pêle-mêle : jouets et jeux d’enfance, châteaux de sable, football, vaisseaux spatiaux et courses auto… Mais aussi, et c’est ce qui nous intéresse le plus : skateboard et montagnes russes, confirmant ce que je vous disais dans l’article « Ville ludifiée, ville lubrifiée » pour justifier l’emploi de ce dernier terme :

« “Lubrification”. Le terme est puissant, porteur de sens. La métaphore contient tout du potentiel de ‘glisse’ et de ‘fluide’ que doit véhiculer la ‘ludification’. […] Ce sont certainement les publicitaires qui l’ont le mieux compris. »

Que faut-il en conclure ? D’abord, que l’on peut s’attendre à voir le ludique envahir nos pubs, mais ce n’est pas nouveau (cf. Transit-City). Ensuite, et c’est peut-être le plus intéressant : les opérateurs télécoms sortent les crocs et affirment leurs velléités : se positionner comme leaders de ces nouveaux imaginaires ludiques, affrontant donc les constructeurs auto et opérateurs de mobilité sur leur propre territoire, les rêveries insouciantes de la ville fluide.

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NB : la conclusion acrobatique de la course automobile semble directement s’inspirer de Trackmania… Je sais, je fais une grosse fixette sur ce jeu. Mais je le dis et le répète : « je suis persuadé que, parmi ces nouveaux imaginaires automobiles qui se construisent actuellement en empruntant à la pop-culture, Trackmania propose une voie des plus intéressantes » : celle de la désacralisation du mythe automobile (cf. le trailer de Trackmania Sunrise Extreme).

2 commentaires

  • Oui, j’avais remarqué cette belle production qui se consomme pour ses sensations fortes comme un jeu dans un parc d’attraction.
    Je suis néanmoins frappé par ses grandes limites, surtout quand on parle d’imaginaire: je trouve la plupart des références datées et répondant à une problématique urbaine comme on aurait pus la figer avant l’an 2000. Il me manque une certaine représentation de la nature, des réponses aux besoins physiques de l’individu, une démarche plus prospective comme on l’a connu chez Jules Vernes…
    Je vous rejoinds pour la « désacralisation du mythe automobile », importante clef pour envisager un nouveau paradigme de la mobilité axé sur la la prothèse utilisée par l’individu « citoyen super-héros » via son ordinateur/téléphone portable.

    • Entièrement d’accord avec votre commentaire. J’ai essayé de traduire ce manque de créativité (en termes de références et de solutions proposées) à travers mon titre : on est ici face à un « pot-pourri de pop-culture » (un « pop-pourri » ? ^^). Certes joli à voir, mais finalement assez pauvre en termes d’imaginaires.

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30 novembre 2010

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