[Concours] Une fable pour raconter l’avenir : où brouteront « les deux chèvres » de demain ?

Le 8 mars 2016 - Par qui vous parle de , , , dans parmi lesquels

Vous l’aurez compris en lisant le billet auquel ce modeste concours fait écho, il nous semble aujourd’hui essentiel de défendre les pâturages urbains et le « broutalisme« . Avec, en ligne de mire, une ville dans laquelle les animaux seraient mieux acceptés, et les bergers avec eux. Où cela nous emmène ? Difficile à dire, car les chemins pour y arriver semblent sinueux et parsemés d’embûches (réglementaires, culturelles, économiques, etc.). Mais si l’on se prend à rêver, ce sont toutes nos visions de la ville ET de l’agriculture qui seront amenées à muer… et avec elles toute la pop-culture qui l’enveloppe. Les poètes classiques, qui ont tant chanté les charmes champêtres des pâturages, nous donnent l’occasion de lancer un petit concours. Dans « Les deux chèvres » , Jean de La Fontaine écrivait ainsi :

« Dès que les Chèvres ont brouté,
Certain esprit de liberté
Leur fait chercher fortune ; elles vont en voyage
Vers les endroits du pâturage
Les moins fréquentés des humains.
Là s’il est quelque lieu sans route et sans chemins,
Un rocher, quelque mont pendant en précipices,
C’est où ces Dames vont promener leurs caprices ;
Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. »

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A quoi pourrait ressembler cette fable dans sa version urbanisée, où les chèvres feraient voyage vers les endroits du pâturage « les *plus* fréquentés des humains » ? C’est le petit jeu que nous vous proposons en guise de conclusion. Comme l’a si bien écrit Jean Cocteau, « Le poète se souvient de l’avenir« … Partagez donc dans les commentaires votre réécriture la plus « broutaliste » de cet incipit, en changeant quelques mots ou l’ensemble des vers, à votre convenance. La meilleure gagnera un petit cadeau symbolique, qui reste à définir, mais qu’on mettra évidemment en lien avec le sujet… En attendant, broutons !

5 commentaires

  • Des que les chèvres ont brouté,
    Une mécanique de troupe
    Leur fait chercher l’ombre ; elles vont au frais
    Vers les endroits du pâturage qui jouxtent la chambre froide
    De l’abattoir du centre.

  • Contre-pied punk

    « Dès que les humains ont mangé,
    Certain esprit d’accoutumés
    Leur fait chercher misère ; ils restent immobiles
    ruminant leur urbaine bile.
    Les moins fréquentés des chèvres.
    Là s’il est quelque lieu sans forêt et sans sève,
    Du béton, quelque trottoir pendant en caniveau,
    C’est où ces Débris vont abandonner leurs peaux ;
    Rien ne peut muer ce corps permanent. »

    La nature habite déjà les villes. Elle s’appelle rats, goélands, herbes poussant le béton, graminés multiples, arbres et plantes aux essences variées, mousses, champignons, avant donc que les chèvres ne viennent occuper le paysage tout comme les cerfs sika de Nara, il nous faudrait apprécier celles microscopiques et macroscopiques qui nous entourent déjà et les chérir. Donc avant d’« aménager la campagne à la ville » contrepoint de la phrase traditionnelle « construire les villes à la campagne, » peut-être pourrions nous raviver (dans nos conscience) le vivant qui nous entoure. Si nous donnions dans chaque ville, un nom aux arbres, une date de naissance et donc un âge, une fiche signalétique sur ses origines, sa famille, peut-être alors aurions nous plus de scrupules à le couper. Et si coupé nous mettions une plaque commémorative, ici a vêcu le grand chêne Martin mort à 56 ans, l’érable Kotaru mort le 16 mars 2015, peut-être, peut-être alors nous aurions l’envie, le désir de partager le territoire urbain avec les chèvres, les loups, les ours, les raton-laveurs et autres insectes.

  • Dès que chèvres ont brouté
    L’herbe tendre de ma cité,
    Ces dames d’une autre commune,
    Sèment sur leur sillage
    quelques éclats d’enfantillages
    aux reflets opportuns.
    Ici-bas le gazon est droit et
    la nuit s’entoure de satin ;
    Effilocher, entre deux refrains un doux graminé aux quatre-épices,
    C’est que mes gows ont trouvé bien meilleur délice ;
    Rien n’arrête ce zoo incessant.

  • « Dès que les Chèvres ont brouté,
    Certain esprit de joie
    Leur fait chercher les hommes ; elles vont en voyage
    Vers les endroits de la ville
    Les plus fréquentés des humains.
    « Mais ou sont ils ?? »
    Là s’il est quelque lieu avec route et avec chemins,
    Des toit, quelques maisons pendant en précipices,
    C’est où ces Dames vont voir les humains ;
    Rien ne peut arrêter cet animal grimpant.
    Sur un des nombreux toit les chèvres se mirent à brouter bien aisément,
    Car oui il y avait de l’herbes sur les toit ce qui réjouissait ces Dames ;
    Quand soudain un humain passa devant les chèvres ,elles ne perdirent pas une seconde pour lui sauté dessus et lui faire des câlins de joie ;
    « Enfin on en à trouvé un !! » »

  • Dès que les chèvres ont brouté,
    Certain esprit de liberté
    Leur fait chercher fortune ; Elle vont en excursion
    Vers les endroits de l’urbanisation
    Les moins fréquentés des humains
    Là s’il est quelque lieu sans bitume et sans pesticides
    Un délaissé, quelque terrain pentu,
    C’est où ces Dames vont promener leurs caprices ;
    Rien ne peut arrêter cet animal agile.

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