Je suis une ville dont beaucoup sont partis
Enfin pas tous encore mais ça se rétrécit
Il reste celui-là qui ne se voit pas ailleurs
Celui-là qui s’y voit mais à qui ça fait peur
Et celle-là qui ne sait plus, qui est trop abrutie
Qui ne sait pas où elle est ou qui se croit partie

Je suis une ville de chantiers ajournés
De fêtes nationales, de peu de volonté
De fraises qui prolifèrent le nez bien dans le verre
De retrouvailles pénibles car sur un pied de guerre
De visites écourtées ou dont on désespère
Je suis une ville couchée la bouche de travers

Parce qu’il y fait trop froid, parce que c’est trop petit
Beaucoup vont s’en aller car beaucoup sont partis
Il en revient parfois qui n’ont pas tous compris
Ce qui les ramène là et les attend ici
Ils ne demandent qu’à dire combien ils sont heureux
D’être là à nouveau, qu’on les y aide un peu

Qu’ils ne comptent pas sur moi pour les en remercier
On ne remercie pas ceux qui vous ont quittés
Qui reviennent par dépit et ne le savent même pas
Ils ne savent rien de rien et pourtant ils sont là
Et je suis encore fière et plutôt dépérir
Que de tout pardonner, que de les accueillir

Dominique A, « Je suis une ville »

A découvrir sur l’album « A l’arrivée », ou la superbe compilation « Le détour »

(Probablement ma « chanson urbaine » préférée.)

A mettre en lien avec le tout dernier classement des villes que les Français sont censés adorer, publié cette fois par la Chaire « Ville et immobilier » de Paris Dauphine en lien avec le Crédit Foncier (cf. Les Echos, via UrbaNews).

Quels sont les critères statistiques qui peuvent expliquer l’attractivité ou non des villes françaises ? Le classement a ainsi retenu les dix éléments suivants, qui expliqueraient 90% des soldes migratoires positifs et négatifs. Je vous laisse lire, et vous demander s’il vaut mieux en rire ou en pleurer :

stupidité

J’en ferais une analyse dans un très prochain billet ; attention, le mot « stupide » sera prononcé.

PS : d’autres billets « musicaux » viendront, au fil de mes coups de coeur ou de l’actualité urbaine. Déjà dans les cartons : un hommage aux utopies naïves de Julien Ribot, un autre aux après-midis chaleureux du Ministère A.M.E.R.. Vous pouvez d’ores et déjà découvrir mes premiers billets chantants sur le tag Discothèque :

N’hésitez d’ailleurs pas à me faire part de vos « musiques urbaines » favorites pour que j’en parle ici (ou devenez carrément contributeur du blog si le coeur vous en dit) !

Une réponse à “La complainte des villes sans joie”
  1. Tmply dit :

    Géniale la référence, merci ! ^^

  2.  
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