La réalité augmentée, nouvelle frontière du colonialisme publicitaire ?

Le 8 mars 2011 - Par qui vous parle de , , , , dans parmi lesquels

Je me demande vraiment pourquoi personne n’y a pensé avant…

via la page facebook d’ubimédia

A vrai dire, la question est plutôt : je me demande pourquoi personne n’avait tenté le coup avant Fiat. L’idée est pourtant simplissime et néanmoins « brillante » (cela dit sans jugement de valeur). Les panneaux de signalisation qui parsèment nos villes sont en effet de bien meilleurs supports que les QR codes : plus facilement repérables, plus réguliers sur le territoire, et plus variés dans leurs formes. L’idéal pour une campagne de ce type !

Bref, j’admire l’idée de ce « hacking de la signalétique urbaine », comme le dit François Verron. Cela ne m’empêche évidemment pas de porter un regard critique sur cette évolution que tout le monde pressentait, sans pour autant tomber dans la paranoïa. Le titre du billet est suffisamment clair : je ne peux m’empêcher de voir dans cette initiative l’avant-poste d’une nouvelle conquête de l’espace urbain par la pub (Note : la prochaine chronique d’Urban after all sera justement consacrée à cet épineuse question, notamment sur l’engouement pour le street-marketing. Publication lundi matin sur Owni.fr). Chacun sera évidemment libre de se faire son avis sur les vices et vertus de cet expansionnisme publicitaire.

Je laisse de mon côté la parole à Freakosophy, qui écrivait justement ceci à propos de la réalité augmentée (il y a plus d’un an et demi !) :

« La pertinence d’une telle technologie se pose en tant qu’elle peut se révéler être non pas une augmentation de la réalité mais bien plutôt un appauvrissement du champ perceptif. Le problème est dans le fond assez simple : en surlignant certains éléments ou en en chargeant d’autres d’informations, fatalement le dispositif attire notre attention sur des points au détriment d’autres et nous pousse à nous focaliser sur des aspects pratiques au détriment d’une vision plus libre.

Le danger de l’intégration d’une telle technologie en dehors d’un véhicule est alors évident : nous ne verrons le monde qui nous entoure qu’à travers le prisme qu’auront établi pour nous les sites qui contrôleront et diffuseront cette information occultant ainsi volontairement ou par ignorance de nombreux aspects du monde qui auraient pu nous pousser à la création ou simplement à la rêverie. »

En contrepoint, on savourera donc les démarches d’artistes utilisant eux aussi la réalité augmentée (sur Ecrans ; là encore, via ubimédia). Une alternative possible à « la conquête des espaces » digitalisés ? (aka les « folksotopies »)

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Rappel : Mes deux billets sur la réalité augmentée, qui se font écho pour tenter de défricher les horizons « désirables » d’une technologie qui me laisse de plus en plus circonspect.

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