Entre masturbanité et thanatopraxie : d’autres imaginaires de la ville hybride

Le 13 mars 2011 - Par qui vous parle de , , , dans parmi lesquels Tags :

J’ai eu le plaisir d’animer jeudi dernier un atelier créatif dans le cadre du séminaire « Culture Numérique » de SciencesPo Rennes, à l’invitation de Christophe Cariou que je re-remercie chaleureusement. Ayant reçu carte blanche, j’ai choisi de faire travailler les élèves sur l’éditorialisation de la « ville hybride » par ses habitants (cf. les « folksotopies »)… et ce, autour de deux problématiques bien spécifiques : Eros & Thanatos,  le sexe & la mort… (hihi !)

L’objectif de l’atelier : conceptualiser des « médias urbains » (mobiliers connectés, applications mobiles, etc.) participant à la construction de nouvelles urbanités, évidemment en rapport avec ces deux champs d’investigation ;-)

Voici la présentation que j’ai donné en introduction de l’atelier, afin de présenter 1. le contexte de la ville hybride / 2. les problématiques du sexe et de la mort sous le prisme de cette ville hybride. Je me suis dit qu’il serait bête de ne pas la partager… Par contre, je dois avouer que la majorité des slides ne sont pas « compréhensibles » sans la présentation qui va avec. Je vous ai donc rédigé un rapide résumé qui devrait vous permettre de voir (en gros) comment j’ai déroulé le sujet. PS : vous pourrez aussi trouver les sources de chaque article / illustration dans les commentaires de la version .ppt, téléchargeable ici. En bonus, quelques photos des productions étudiantes :-)

PS : je reviendrai très prochainement en détail sur cette fameuse « thanatopraxie » digitale dans l’espace urbain, car le sujet me tient à coeur

Evidemment, si vous êtes intéressés par un tel atelier, n’hésitez pas à me contacter :-)

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Slide 1. Bah, bonjour :)

Slide 2. Comme l’explique Thomas Jamet, les applications telles que Foursquare & cie contribuent à densifier la « substance » des lieux. C’est dans ce contexte que se façonne la « ville hybride ».

Slide 3. Ceci s’explique par le passage d’une logique de « trace » (géolocalisation passive) à une logique de « marque » (géolocalisation active et augmentée par l’intégration de données subjectives : commentaires, tweets géolocalisés, etc.)

Slide 4. Cette profusion attendue de méta-données subjectives dessine la figure d’une « ville bavarde », qu’il semble pertinent d’écouter si l’on veut mieux la comprendre.

Slide 5. J’ai baptisés « folksotopies » ces environnements urbains hybrides, augmentés par les contributions des citadins. Plus d’infos : Folksotopies : la mémoire des lieux.

Slide 6. Parmi les nombreux enjeux des folksotopies, je m’interroge sur les possibilités de retranscrire « physiquement » cette mémoire virtuelle attachée aux lieux. On peut par exemple s’inspirer du BULB imaginé par le collectif Pixel13.

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Slide 7. Voici donc pour la partie « Contexte ». L’atelier créatif se propose d’imaginer des médias urbains permettant de rendre palpable (physiquement ou non) ces données subjectives. Pour ce faire, deux angles d’attaque : le sexe & la mort.

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Slide 8. La thanatopraxie consiste à rendre les morts plus « présentables ». Je propose de partir de cette définition pour imaginer comment les morts pourraient être intégrés dans l’espace urbain, à l’heure de « l’immortalité numérique » (cf. Slide 14). Note : le terme m’a été gracieusement soufflé par @JoelGombin, qu’il en soit remercié sur huit générations !

Slide 9 – 10 – 11. Mes premières réflexions sur le sujet sont liées à mon expérience bulgare, où les morts sont affichés dans la rue. Plus d’infos : Je vois des gens qui sont morts.

Slide 12 – 13. Partant de là, il est possible d’imaginer de nouveaux rapports à la mort grâce au numérique. Au Japon, une entreprise de pompes funèbres propose par exemple à ses clients de diffuser, via QR codes, la biographie d’un défunt.

Slide 14. Cet exemple s’inscrit dans une tendance plus large : la quête de « l’immortalité » virtuelle qui caractérise le transhumanisme. La problématique de l’atelier se pose donc ainsi : peut-on imaginer de nouveaux médias qui permettent de retranscrire les méta-données des défunts dans la ville ?

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Slide 15. On change totalement de sujet en passant à la masturbanité, ou comment réechanter la ville en valorisant ses atouts sexuels.

Slide 16. Parce qu’elle maximise les interactions, la ville se définit comme « bourse du coeur ». Plus d’infos : La géographie, ça sert d’abord à faire l’amour.

Slide 17. Mais il serait hypocrite de ne pas voir le pendant « charnel » de cette bourse du coeur !

Slide 18. La ville est en effet un gigantesque lieu de drague pour citadins en quête de plans cul. Plus d’infos : Flirt urbain, graffitis sexuels et géolocalisation.

Slide 19. Dès lors, peut-on imaginer de nouveaux médias qui favorisent les interactions sexuelles dans l’espace urbain ?

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Slide 20. Voilà, j’espère que c’est à peu près clair ! Si vous avez des questions, n’hésitez pas :-)

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Quelques photos :



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