L'observatoireArticles

Plaidoyer pour un urbanisme créatif dans « Keep Your Hands Off Eizouken! »

Le 20 juillet 2020 - Par qui vous parle de , , , , dans , parmi lesquels

La trogne des trois héroïnes de Keep your hands off Eizouken! vous disent peut-être quelque chose, car cet anime japonais a eu sa petite hype en début d’année. Réalisé par le talentueux Masaaki Yuasa (Mind Game, Lou et l’Île aux sirènes, Devilman Crybaby...) et produit par son studio Science Saru, il met en scène 3 camarades de classe qui se frottent à l’animation au sein du club lycéen dédié.

Chacune a sa compétence et son caractère bien à elle : l’esprit « business » pour Kanamori (à gauche) ; le dessin et une imagination débordante pour Asakusa (au centre) ; l’animation pour Tsubame Mizusaki (à droite)

Au cours des douze épisodes de la série, on suit donc ce trio complémentaire dans leur apprentissage du secteur de l’animation. En quête de légitimité auprès des hautes instances du lycée, de leurs parents ou de la société en général, elles vont cravacher des heures entières pour produire trois petits bijoux d’animation. Le spectateur se plaît alors à entrer dans les rouages de ces productions qui, même à l’échelle de trois étudiantes, se révèlent tout à fait fascinants.

Mais ce n’est pas vraiment pour vous parler du secteur de l’animation que nous sommes là. Vous vous en doutez, ce sont bel et bien les imaginaires urbains présents dans cette oeuvre qui ont attiré notre attention. On pourrait vous conseiller le visionnage de Keep your hands off Eizouken!  pour mille raisons, mais la façon dont certains aspects urbains sont exploités a définitivement motivé notre plume.

Une couche d’imaginaires sur la ville

Alors que, concrètement, la série passe en revue les éléments plutôt terre à terre d’un secteur professionnel difficile (gestion de projet, rush face aux délais, questions de budget, gestion humaine du collaboratif etc.), l’anime de Masaaki Yuasa est réalisé comme une aventure, et il en met plein la vue. Pour ce faire, les compétences de chaque protagoniste sont mises en avant dans une narration visuelle épique et hallucinée.

De fait, l’aspect créatif de la production prend le dessus, notamment via l’esprit foisonnant de Asakusa (grossièrement : la nerd du groupe). Les décors, les personnages et les actions qui germent dans l’esprit des lycéennes sont ainsi matérialisés dans l’espace-temps réel, sous la forme de divagations emballées. Et elles prennent la forme de croquis animés qui se superposent au monde existant, en le faisant parfois totalement disparaître.

Imagine t’es urbaniste virtuel et tu passes ton temps à dessiner par-dessus le réel

L’imagination d’Asakusa mène les trois héroïnes dans des mondes surchargés de robots géants, de véhicules volants aux technologies fantasmées, de villes englouties et d’armes mythologiques enfouies. Et la plupart du temps, ces mirages à l’aquarelle ne sortent pas de nulle part. Ils sont le fruit du cerveau touffu d’Asakusa, autant que des formes urbaines qui les entourent.

Dans l’esprit des deux créatives (Asakusa et Misusaki), la ville est un tremplin infini pour l’imagination. Si une route aérienne devient en un instant un mille-pattes cyclope géant, le moindre pavé cache probablement trésors et civilisations anciennes. Et ces fantasmes sont parfois moins délirants qu’on pourrait le croire. De fait, le scénario de leur future production se construit sur les histoires que les filles se racontent en prenant la ville comme inspiration. Ainsi, en même temps qu’une créature naît du décor, une certaine cohérence scénaristique doit s’appuyer sur la morphologie urbaine et son Histoire. C’est comme ça que le processus créatif est mis en lumière, épisode après épisode.

De l’urbanisme à l’animation il n’y a qu’un pas

En tant qu’énorme nerd, Asakusa se met donc donc régulièrement à transpirer devant la forme étrange d’un bâtiment ou le