Verticalités #1 – Les ascenseurs, hubs du quotidien

Le 30 août 2012 - Par qui vous parle de , , , , dans parmi lesquels

[Avant-propos : Billet rédigé avec Julie Riegdans le cadre d’un cahier prospectif lancé par le Groupe Chronos et [pop-up] urbain.]

Premier « objet urbain » de la verticalité (voir notre introduction ici), l’ascenseur méritait qu’on s’y attarde dès ce premier billet. Espace d’interaction entre les voisins ou encore les collègues, l’ascenseur se découvre de nouveaux horizons face aux enjeux économiques, sociaux et environnementaux à l’oeuvre. Cela suppose pour les acteurs du secteur de sortir du paradigme mécaniciste de l’objet pour lui conférer des dimensions sociales et sociétales. Son modèle économique, face aux nombreux propriétaires qui ne peuvent plus supporter ses coûts, mérite également d’être revisité.

On connaît les exemples, nombreux, de ces habitants privés d’ascenseurs (dans les zones « défavorisées » ou non). Outre les dérangements naturels, un grand nombre d’habitants sont alors dépourvus d’un moyen de mobilité nécessaire : personnes âgées, personnes à mobilité réduite, parents à poussette, voire même habitants portant un vélo… L’ascenseur démontre ici son rôle essentiel dans la conception de la ville verticale, dont témoigne aussi son importance dans la culture populaire (cinéma etc. Dernier exemple en date dans le remake de Total Recall)

A Bobigny où les habitants de tours de 18 étages ont été privés d’ascenseurs pendant plusieurs jours en mars 2012, les bénévoles d’une association locales aidaient les habitants à porter leurs affaires (poussettes, courses…). Comment maintenir cette solidarité même quand les ascenseurs fonctionnent ? Quel rôle peuvent jouer les ascenseurs pour encourager ce lien social ? Peut-on les penser comme des interfaces de communication au sein d’un réseau d’entraide ?

Les données numériques peuvent favoriser de nouvelles interactions entre les habitants, ou vis-à-vis d’applications dédiées à ces nouvelles sociabilités, dans la lignée de pionniers comme ma-residence.fr, premier « réseau social de proximité » développé par Schindler France (n°2 mondial des ascenseurs) et Logial-OPH (1er bailleur de la communauté d’agglo du Val de Marne) : applications de partages hyperlocaux, de concertation à l’échelle du quartier ou de régulation des consommations énergétiques, par exemple.

En creux, la problématique aborde celle des tiers-lieux et du travail mobile, à en juger par cette étude IBM sur le « coût », en termes de productivité, des trajets en ascenseurs de bureaux. Là encore, les technologies peuvent ouvrir des perspectives aussi intéressantes qu’inattendues. A condition de ne pas oublier que le voyage en ascenseur est aussi un temps de répit salvateur, rythmant le quotidien parfois harassant des habitants et salariés…

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