Utopies urbaines, la machine à fantasme

Le 23 avril 2015 - Par qui vous parle de , ,

« Quiconque imagine des plans de sociétés futures est un réactionnaire »
Karl Marx

On s’est dit que la sortie récente d’un excellent hors-série du Point Références, consacré aux grands textes utopiques, était un prétexte de choix à la mise en valeur de nos archives faisant la part belle aux idéologies urbanistiques. Et pourquoi pas, par la même occasion, rendre hommage à l’artiste-sculpteur d’utopies urbaines Bodys Isek Kingelez, mort le mois dernier à Kinshasa.

La place accordée à ces « pays de nulle-part » dans la culture populaire n’aura pas manqué d’inspirer les architectes de tous temps, que l’on pense à la Saline royale d’Arc-et-Senans de Claude-Nicolas Ledoux,  aux Space-Age buildings africains, au courant « moderniste » mieux connu, ou aux très contemporaines cités bioniques de Vincent Callebault. Au fil du temps, on a ainsi quitté l’Âge d’Or littéraire pour se concentrer au rêve de « bâtiments mangeurs de brouillard » (sic), de gratte-ciels rotatifs pour être swags, et autres pull-overs pour immeubles qui repoussent les limites de l’absurde (florilège à consulter ici)…

Le problème est que ces quelques « teubotopies » se présentent bien souvent comme Le Futur de l’architecture avec un grand F, et non plus comme une chimère appartenant à la culture partagée. Si nous affectionnons plus particulièrement les projets pudiques et bricolés pour la construction de l’espace urbain de demain, nous sommes en revanche friands d’imaginaires – qui, eux n’ont pas prétention à se réaliser, mais bel et bien à émoustiller !

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 Seana Gavin

Et nous avons plus d’une fois consacré une place confortable à ces représentations de villes fantaisistes, allégoriques, mythiques ou visionnaires dans nos colonnes. En voici une petite liste, régalez-vous de ces légendes, mais n’essayez surtout pas de les concrétiser ! C’est comme un bon fantasme : pour rester envoûtant, mieux vaut ne jamais le réaliser…

Pour commencer, voici l’un des archétypes qui nous est le plus cher – car particulièrement présent dans notre puits de fantaisie préféré, le jeu (vidéo) de rôle japonais – : la ville qui voltige dans les airs !

Mais il n’y a pas que les villes flottantes et les cités radieuses dans la vie : l’urbanisme reptilien renferme lui aussi un certain charme, que l’on ne se lasse pas d’autopsier…

Autre atavofigure que l’on porte haut dans nos coeurs : la ville engloutie, qu’elle soit sous globe respirable au fond des mers, ou bien pourvue de mobiliers urbains rongés par les Castagnoles et les Amours Blancs du coin…

Autres temps, autres lieux. En route pour la ville sans routine, avec ce billet prophète annonçant le sort de la maintenant très fameuse Kiruna, ville suédoise à déménager… La cité de demain, itinérante sera-t-elle ?

Et tant qu’à faire, demain incarnera peut-être un mouvement si perpétuel que nous nous entasserons dans des trains parcourant les climats hostiles…

Si l’utopie urbaine est multiple, chacun de ses visages nourrit notre imagination et nos fantasmes. Tant que nos esprits créeront ces métropoles idéales (sans vouloir les ériger sous forme de tours végétales tournant sur elles-mêmes), on continuera à croire en l’avenir de l’Urbain !

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