Le séisme, terrain de jeu pour auto en panne de sens ?

Le 21 mars 2011 - Par qui vous parle de , , , dans parmi lesquels ,

La ville moderne a-t-elle une dent contre l’automobile ? C’est en tous cas ce que semblent exprimer une nouvelle tendance des jeux de courses automobiles, qu’IG Magazine #12 résumait en une phrase (sous la plume de Bounthavy, p. 62) :

« Après le survival horror, voici le survival racing ! »

Autrement dit : alors qu’elle n’était hier qu’un décor passif, la ville devient un ennemi à part entière dans les jeux de courses modernes. C’était le cas avec Split/Second Velocity, sorti au printemps dernier, et dont j’avais longuement parlé ici. C’est d’ailleurs avec une fierté non dissimulée que j’ai relu mes « prédictions » sur le sujet ^^

« Je ne peux m’empêcher de penser qu’il y a quelque chose de symptomatique dans ce renversement des imaginaires [dans les campagnes Nissan « Urban Proof », et dans Split/Second Velocity] : il ne s’agit plus de plier la ville à l’automobile, mais bien de réussir à lui survivre. […]

Split/Second Velocity n’est pas le premier jeu à exploiter l’environnement urbain, mais c’est à mon avis le premier à mettre autant en scène l’hostilité de la ville elle-même. J’y vois un signe des temps, une odeur de fin de règne que la voiture ne lâchera pas de si tôt. […] A n’en pas douter, Split/Second ne sera pas le dernier à explorer ces nouveaux horizons automobiles. »

Presque un an plus tard, force est de constater que la tendance se confirme. C’est au tour de Motorstorm Apocalypse de prendre la relève en immergeant le joueur… en plein tremblement de terre métropolitain ! A vous les rodéos endiablés sur buildings tremblotants et ponts ondulants, le tout en évitant les attaques de métros vagabonds…

D’accord, ce n’est pas forcément très malin de sortir ça à quelques jours d’un des plus grands séisme du globe (et cela en dit long sur l’insolence de l’imaginaire automobile), mais avouez que ça en jette !

Il y aurait évidemment beaucoup à dire sur cette inversion des imaginaires, et l’étonnante symbolique d’une hostilité urbaine qui en veut à l’auto. Mais je pense m’être déjà pas mal étalé sur le sujet dans le billet sur Split/Second ; considérez donc ce billet-ci comme une « mise à jour » de mon état des lieux sur la question :-)

Je vous laisse sur d’autres vidéos du jeu (trailer + scènes in game), histoire de vous laisser vous faire une idée sur ce que peut traduire une telle vision des rapports destructeurs entre auto et urbanités. Et si la représentations de la ville dans les imaginaires vidéoludiques vous intéresse (hors des seuls jeux de course), jetez un oeil à la page Ludotopies :-)

PS : A lire aussi dans IG Magazine #12, l’excellent reportage sur le créateur de Gran Turismo 5 et son « porno hygiénisme à la japonaise » (j’adore ! par Michi-Hiro Tamaï, p. 56), qui résonne à merveille avec mon pamphlet contre les « simulations peine à jouir ».

Note : la sortie du jeu a été reporté sine die au Japon et en Nouvelle-Zélande, mais aussi en Amérique du Nord, pour les raisons que vous connaissez. En France, les étals ne seront pas réapprovisionnés et les publicités ont été annulées. On peut comprendre pourquoi :

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Bonus : le 4e épisode de S.O.S The Final Escape, un jeu nippon dans lequel vous devez survivre à un séisme tokyoïte, a été quant à lui purement et simplement annulé. C’est ballot. Mais ça ne m’empêchera pas d’essayer de creuser le sujet dans un (peut-être) prochain billet ^^

2 commentaires

  • Ah Philippe, quel joie de découvrir, pour une fois, un article qui ne traite pas de pornographie…
    Plus sérieusement, au début tu parlais de la place de la voiture en ville qui diminue, qui a évolué en « actualité du jeu vidéo » :-)
    Quand tu regardes, au début XXème siècle, on a supprimé les tramway pour laisser la place aux bagnoles…et, aujourd’hui c’est l’inverse..
    Oui, on veut dégager la bagnole de la ville : encombrante, polluante… et coûteuse !

    Mais une solution est peut être l’auto partage : au lieu que la voiture ne serve pas, elle est reprise par un autre, assurant un turn over…mais obligeant l’utilisateur à se dés-approprier de son tat de tôle… nous verrons bien ce que donnera Auto Lib de Bolloré. bref, le Vélib de la voiture électrique

    Les constructeurs automobiles verront leurs ventes s’effondrer, et on pourra circuler à pied dans Paris sans risquer de se faire écraser…dans l’idéal !

    La voiture de demain sera certainement écologique, mais, sera t elle « à vendre » ? rien n’est moins sûr !

     :-)

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