Calligraphie murale : des belles paroles aux verbiages urbains

Le 26 février 2015 - Par qui vous parle de , ,

Un mur, une craie : n’est-ce pas là la forme la plus primitive de l’expression citadine, et la plus efficace aussi ? Depuis des lustres et des lanternes, l’homo urbanus grave ses pensées sur les façades de son territoire, tel un lascautois des villes. Pastiché par les Monty Python (ci-dessous), sublimé par les street-artistes armés de bombes, le graffiti urbain reste à ce jour l’une des plus belles formes d’interaction entre les citadins. Logiquement, nos archives recèlent de billets  sur ces écritures de façades et leurs significations sociologiques.

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Il y a d’abord, dans nos tiroirs, cette anthologie de la craie urbaine, outil de prédilection des enfants, des brigands, des activistes ou des sans domicile fixe. Un joyeux quatuor qui raconte une certaine chronologie de la concertation urbaine.

Il y a aussi, dans un style plus contemporain, ce déconcertant triptyque : trois déclarations d’amour-haine à la ville, pour un message certes plus brut, mais qui a le mérite d’être sibyllin.

Comme le rappelait notre complice Benoît Vicart, l’écrit urbain n’est jamais vraiment anecdotique. En Amérique du Sud, il est ainsi porteur d’une longue tradition contestataire, à laquelle une récente exposition rendait ainsi hommage.

Bien sûr, tous les graffitis n’ont pas la même vocation militante… Il s’agit parfois de messages plus libidinaux, tels des bouteilles jetées à la mer du plan cul. Le spot idéal pour de telles gravures classées X : les toilettes publiques, bien entendu.

Au-delà de ces graffitis quelque peu rustauds, la vertu de l’écrit urbain est aussi d’ordre allégorique. Qu’on nous pardonne d’ailleurs de vous renvoyer, en conclusion de cette compilation d’archives, vers un obscur clip de country. Mais quelle meilleure définition du graffiti, que celle d’un « tatouage de ville », symbole de la capacité mémorielle de nos murs – moins silencieux qu’il n’y paraît…

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26 février 2015

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