Skateboard : la ville affordante

Le 28 juillet 2015 - Par qui vous parle de , , , , dans parmi lesquels

En une poignée de décennies, le skateboard est devenu le parangon des « glisses urbaines » – et par la même occasion, l’un des plus beaux représentants d’une pratique quasi-libertaire de la ville. Il suffit de lire, d’écouter ou bien évidemment d’observer des skateurs en action pour s’en convaincre : la planche à roulettes est une manière de « braconner » l’espace urbain, au sens de Michel de Certeau. « Braconnage », en effet, car le skateur utilise la ville d’une manière alternative, à la fois hors des sentiers battus et pourtant pleinement ancré dans l’espace du quotidien. C’est donc logiquement, malgré notre nullité sur une planche, que nous avons balayé le sujet dans toutes ses aspérités. Comme en témoigne la sélection qui suit, petit concentré de nos réflexions sur le skateboard et ses imaginaires.

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Qu’est-ce que le skate exactement ? un sport ? un mode de transport ? un symbole culturel ? Un peu de tout ça évidemment, mais surtout bien plus. C’est pour cette raison que nous avons souhaité, au fil de nos billets, rendre hommage à cette pratique exclusive. Par exemple, en partageant avec vous nos réactions devant « Qui sera le maître ?« , un court-métrage assez plaisant découvert lors du Festival Livresse de Charleroi (un petit coucou à nos amis du Vecteur, qui nous avaient accueilli comme des rois). Une bonne manière d’initier le profane à la question du skate grâce à la prose de l’artiste Raphaël Zarka, intelligemment intégrée à la mise en scène de Sylvain Robineau.

Notre deuxième contribution puise dans l’un des sosies officiels de Raphaël Zarka : notre complice et mentor de toujours, Nicolas Nova. Dans un fascinant « poptrait », il nous confiait ainsi sa passion séculaire pour la planche à roulette et ce qu’elle dévoile de l’espace urbain, et plus précisément « la façon dont les skaters ‘lisent’ la ville en détectant les ‘affordances’ de l’espace physique pour en tirer parti ». On retrouve là le discours évoqué en introduction sur le rôle des skateurs comme braconniers-défricheurs des recoins de ville, une fonction jamais démentie depuis près de quatre décennies.

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Passées ces quelques lectures liminaires, place à la question des imaginaires. Cela n’aura échappé à personne : le skate est devenu, en quelques années à peine, l’un des meilleurs symboles du cool et de la vie alternative – au même titre que les surfeurs blonds, mais ceci est une autre histoire. Cette capacité à incarner l’imaginaire de la liberté, de la fougue et de la jeunesse a logiquement attiré les marques… qui ont fait du skate l’une des pratiques les plus récupérées par la pub. Nous vous éviterons la longue litanie d’exemples, en ne vous proposant qu’une petite sélection parmi d’autres allant des télécoms aux boissons énergisantes, en passant par l’automobile. Inutile de vous dire qu’on a fini par se lasser de ce type de recensement sans fin…

Le plus intéressant, en réalité, réside dans la manière dont d’autres secteurs se réapproprient ces imaginaires, hors des sentiers battus et rebattus du marketing grand public. La vision de cet hacktiviste tchèque se tapant un ride de « skate-palette » dans les rues de Bratislava nous avait ainsi considérablement impressionné, et inspiré le billet suivant :

Qu’on pense aussi aux travaux des architectes Tiago Barros et Jorge Pereira, appelés à imaginer un pont réservé aux cyclistes, et qui avaient proposé comme réponse une déclinaison des rampes de skate… mais en version automobile. Un bien beau pied de nez à la consigne originale qui avait inspiré le tout premier billet de pop-up urbain, c’est dire si le skate nous habite depuis des lustres !

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28 juillet 2015

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