Déformer la voiture pour réformer le futur

Le 26 mai 2016 - Par qui vous parle de , , , , , dans parmi lesquels

Plus qu’un simple véhicule personnel, la voiture a gagné en un siècle un statut d’objet culturel mythifié, statut quasiment inégalé à l’échelle urbaine. Depuis des décennies, les gamins font rouler les Micro Machines sur les tapis aux allures de villes, puis contrôlent à la manette des engins toujours plus rapides, et une fois le permis passé : amen, on peut enfin quitter le cocon parental. Ainsi, la voiture est tout autant un rite de passage qu’un moyen de transport, que la pop-culture a maintes fois représenté. C’est aussi un gros investissement financier, un atout social parfois, et un second lieu de vie souvent. Bref, un objet d’étude fondamentalement protéiforme. Mais c’est surtout, à l’échelle urbaine, une industrie planétaire qui a longtemps dicté ses codes. Et les pieds dans le cambouis depuis des décennies, les villes tentent petit à petit de se dépatouiller de ce modèle qui peine à se transformer…

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Pour toutes ces raisons, et quelques autres encore, l’automobile tient une place presque inébranlable dans notre société. Que nous prévoit-on pour se déplacer demain ? Des voitures volantes bien sûr ! Ce topique régulièrement critiqué dans nos colonnes est symptomatique de la place accordée aux bagnoles, toujours aujourd’hui et sûrement pour quelques années encore. Et pourtant, l’imaginaire collectif prend un peu d’aise à l’égard de cette auto-reine, choisissant de détourner ce modèle dominant, osant cabosser ses jolies formes, réinventant son architecture surannée… Bref, des petits malins essayent de triturer la bagnole pour la pousser dans ses retranchements. Inutile de vous dire qu’on aime ça d’amour :

Dans la foulée, la reconquête des villes s’accompagne d’une guéguerre entre les modes urbains… Et si de nouvelles factions s’ajoutent de temps en temps au combat, ce n’est pas pour autant que les autres disparaissent du champ de bataille. Au cœur de ce corps à corps séculaire, on trouve évidemment deux grandes factions de vétérans musclés : les transports en commun VS les bagnoles. Autour, des régiments de deux-roues motorisés, de bicyclettes, de piétons, et quelques modes glissants ou à roulettes tentent de se jeter dans la mêlée centrale. Rejointes par une escouade de véhicules électriques aux mille et un blasons, les modestes troupes qui font légion retrouvent l’espoir de la victoire. On entrevoit au centre quelques cadavres de ferraille aux pneus dégonflés,0 rouler péniblement loin de l’affrontement et se faire oublier.

Le combat dure depuis quelques années et bien que le clan des bagnoles règne encore, l’amoncellement de ses morts et blessés ne fait que croître. Effet d’optique ou une réalité, ce monticule de dépouilles à moteurs polluants forme à présent un véritable cimetière. On ne peut pas les laisser pourrir le paysage comme ça, il va falloir en faire quelques chose. Et si à terme l’armée jusqu’alors la plus violente venait à être totalement décimée, que ferait-on de tous ces corps ? Une seule réponse : recyclons-les.

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