Renouveler le tissu commercial : une affaire de tendances (et d’argent)

Le 25 juin 2015 - Par qui vous parle de , , , ,

Aime-t-on une ville pour les magasins qui s’y trouvent ? Différents commerces peuvent en tout cas jouer un rôle dans l’attractivité d’un territoire, que ce soit à l’échelle d’une rue, d’un quartier ou d’une commune entière. Certains aimeront retourner dans leur ancien lieu de vacances et y retrouver le boui-boui où tant de belles pièces ont été acquises. D’autres feront quelques demi-heures de métro pour retrouver une boutique spécifique, à l’autre de bout de la ville. Une partie de la population va jusqu’à attendre impatiemment l’arrivée d’une marque étrangère dans le paysage commercial de son quotidien. Pendant que d’autres ressentiront une profonde tristesse en apprenant la fermeture brutale d’une enseigne qu’ils avaient plaisir à fréquenter. Enfin, il nous arrive régulièrement de pester en observant l’arrivée d’un nouvel acteur stéréotypé sur la scène commerçante (bien souvent au détriment d’un établissement plus modeste et plus « authentique »).

Bref, les goûts et les couleurs changent, et la sphère commerciale évolue avec. Même les systèmes se renouvellent pas à pas, et c’est peut-être de ce point de vue que l’époque que nous vivons est d’autant plus intéressante à explorer. Les anciens modèles côtoient les petits nouveaux aux dents longues ; les grands acteurs se partagent la majorité des clients et des territoires, tandis que les plus modestes tentent de survivre et d’apporter leur pierre à l’édifice de la conso-distribution. Au milieu de ce régime présenté de façon schématique, des signaux plus ou moins forts émergent pour mieux réinventer les échanges de demain. Et l’urbanisme est loin d’être épargné par ces bouleversements !

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Dans notre sac de plage, en ce début d’été : une compilation de billets consacrés aux commerces en tous genres, du « Chicha-Coiffeur » au Maxi Games, en passant par le Auchan périphérique. Notre fièvre pour ce refrain urbain prend ses racines assez récemment, au moment où pullulaient par centaines les « Bars à gouda » et autres Water Bars branchés jusqu’à l’absurde. L’émergence du tiers-lieu comme modèle à la mode n’a pas fait que du bien à nos convivialités citadines…

Peu de temps après, on publiait une suite à cet état des lieux des dynamiques d’hybridations commerciales. Au programme : un petit jeu de « random shops » où on vous livrait des idées d’enseignes hétéroclites décidées au hasard… De quoi rire un bon coup des tendances actuelles en concrétisant – le temps d’une blague – un tissu commercial pour le moins original.

Dans le même temps, on a commencé à tourner notre oeil flâneur du côté des titans de la distribution, à savoir les centres commerciaux. Après avoir passé en revue les imaginaires qui y étaient adjoints dans nombre de pop-cultures, l’urbaniste-architecte Aurore Rapin est venue frapper à notre porte pour nous livrer son expertise sur le sujet. Une belle interview comme on n’en fait plus, sur l’habitabilité des zones commerciales et la régénération du modèle.

Collaboratif par-ci, collaboratif par-là… L’économie de pair à pair coulerait dans toutes les veines de l’industrie et des services, à tel point qu’on se demande encore pourquoi on se lève à la même heure pour bosser avec les mêmes collègues. Une multitude de secteurs s’oriente en effet sur ce terrain, tirant vers le haut tout un tas de pratiques et de modèles existants. Si ces innovations sont bel et bien enthousiasmantes, notre constat est le suivant : ces nouveaux modèles économiques ont du mal à se faire une place dans le paysage urbanistique. Vous avez croisé une boutique toute consacrée au partage entre voisins, vous, récemment ? L’omniprésence du numérique comme biais de ces nouveaux services est telle qu’on attend toujours qu’il se cristallise dans le bâti urbain…

On avait réussi jusqu’ici à ne pas évoquer la contrée nippone. Les rageux, désolée de vous dire que le Pays du Soleil Levant n’est jamais bien loin dans nos colonnes, même lorsque l’initiative d’écriture ne vient pas de nous. Christophe Kagotani, sur Gamekult, confiait en mai dernier son regard expérimenté sur un quartier tokyoïte en plein chambardement. L’Electric Town – ce secteur mythique de la capitale japonaise où geeks et otaku se retrouvaient pour acheter des vis de manettes 64 et des figurines de manga collector – change de peau depuis quelques années… Certains commerces en ont viré d’autres, et l’ambiance générale en pâtit forcément.

Dernière balle dans notre fusil : la voix réjouissante de Thomas Hajdukowicz, parti errer dans les allées à la fois vides et grouillantes des magasins d’usine du Maine-et-Loire. Un témoignage drolatique et détaillé à propos d’un modèle d’échoppes en perdition. Quoi de mieux, pour conclure ce dossier, que ce reportage tracé avec le coeur d’un consobservateur aguerri  ?

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En bonus track, on pose là nos articles rédigés pour le blog Demain la ville sur le sujet. Dans ce modeste palmarès, des supermarchés futuristes et des enseignes japonaises inspirantes  :

Supermarchés : la révolution est en marche

Convivialité et circuit court : le supermarché de demain

Florilège de commerces nippons pour occidentaux en manque d’inspiration : les konbini

Extraits de magasins nippons : le discount dans tous ses états

Japon : l’occasion, une opportunité inépuisable

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